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LA SPERMATORRIIÉE ENGENDRE SOUVENT UN GRAND ÉPUISEMENT NERVEUX

coïncidence. Les bronches comme le larynx acquièrent une grande impressionnabilité qui provoque des accès de toux et d'oppression difficiles à guérir.

Type LXXV.

Quand la spermatorrhée atteint sa troisième période elle provoque dans l'organisme une lassitude dont la cause semble inexplicable. Le système musculaire reste rebelle aux sollicitations qui l'invitent à exécuter les mouvements dont le corps a besoin pour réglementer ses fonctions; il s'affaiblit, s'épuise et donne parfois des signes d'une parésie qui se rapproche de la paralysie.

Dès ce moment le système nerveux éprouve un ébranlement dont les conséquences peuvent être très graves. C'est alors que chez les personne» fatalement prédisposées on voit apparaître des affections organiques du cerveau, de la moelle épiniôre et certaines psychoses qui seraient peut-être restées à l'état latent si la spermatorrhée n'était pas intervenue pour faciliter leur explosion. Le professeur A. Fournier l'a bien compris ainsi, en classant les pertes séminales parmi les symptômes prémonitoires chargés d'annoncer l'explosion prochaine d'une ataxie locomotrice en voie de préparation.

Je n'ai pas à m'occuper ici de ces sombres manifestations de la spermatorrhée, et je ne dois signaler à cette place que le développement des phénomènes neurasthéniques qu'elle est capable de provoquer.

Arrivés au dernier degré de leur triste infirmité, les malades éprouvent des impressions qui pervertissent leur sensibilité générale et provoquent dans les sens spéciaux de l'excitation ou de la faiblesse. Ils ne dorment plus que d'un sommeil interrompu, traversé par des rêves et des cauchemars. Le lendemain de ces nuits sans repos ils montrent quelquefois une susceptibilité nerveuse exagérée très promptement remplacée par une prostration intellectuelle et physique qui les rend paresseux, irascibles et craintifs. Leur attention devient difficile, leur mémoire hésitante et les préoccupations qui les absorbent jettent dans leur esprit les menaces d'une déchéance prochaine. Ils fuient le monde, abandonnent leurs meilleurs amis pour se soustraire à leurs railleries et pour les empêcher de découvrir des perturbations qui leur paraissent humiliantes. Ils recherchent la solitude et vivent ainsi dans les tourments que donnent les idées hypocondriaques ou mélancolique.- au milieu desquelles se montrent les pressentiments souvent non motivés de la folie ou de la mort.

Telle est la description fidèle des nombreux troubles que la spermatorrbée est capable d'eng-endrer. Il faut reconnnaître qu'ils ont une frappante analogie avec ceux qu'entraîne après elle la neurasthénie sexuelle. Il semble donc logique de supposer que cette névrose peut dans certains cas être la conséquence ou le symptôme de la spermatorrhée.

Il n'en est pas toujours ainsi et il existe des cas où les pollutions se manifestent sans grand fracas et ne déterminent que très imparfaitement les désordres fonctionnels que je viens d'esquisser. C'est ce qui arrive lorsqu'elles sont provoquées par des brides fibreuses localisées dans le rectum, dans la vessie ou dans l'urèthre, par des fistules, des fissures, ou des resserrements localisés dans la région anale, par des poussées eczémateuses avec démangeaisons, ou par une simple atonie intéressant les organes qu'abrite la cavité du bassin. Ces effets sont également produits par la présence de vers dans les intestins et surtout par la constipation qui, sous l'influence des efforts qu'elle provoque, exerce sur les vésicules une pression qui facilite l'expulsion du liquide spermatique. L'équitation, le vélocipède, la station assise trop long-temps prolongée peut aussi produire la spermatorrhée. Le phimosis a été considéré avec raison comme une cause de cette infirmité ; mais je crois qu'on a accordé à son action nocive une importance trop exagérée. A l'appui de cette affirmation, je puis déclarer avoir vu beaucoup d'individus porteurs d'un phimosis n'avoir aucun indice de pertes séminales et un assez grand nombre de circoncis ayant souvent des pollutions involontaires.

Type LXXVI.

J'ai déjà mentionné des cas dans lesquels la neurasthénie s'est développée sous l'influence d'une irritation fixée dans le canal de l'urèthre; j'ai montré notamment que l'irritation prostatique quelle que fût sa nature pouvait donner naissance à la neurasthénie d'origine périphérique ou réflexe et à la neurasthénie provenant de l'épuisement ou d'un trouble de nutrition des centres nerveux. J'ai parlé aussi des effets que la continence, les abus sexuels et les manœuvres ardentes de l'onanisme peuvent exercer sur l'éclosion de la maladie de lîeard. Mais j'ai mis de côté dans cette étude, la part qui revient à la spermatorrhée dans l'évolution de celle névrose A celle place, je dois réparer cette omission eu disant que la spermatorrhée est un puissant intermédiaire entre l'irritation urétbrale considérée comme un véri-

212 ACTION DES IRRITATIONS CRÈTHRALES SIMPLES OU SPECIFIQUES SUR LÀ SPERMATORREE

table agent provocateur et les troubles nerveux qui révèlent la neurasthénie.

Je limite ce débat à l'étude de l'action causale que l'irrition produite dans la muqueuse génitale par la blennorrhagie, par les excès sexuels ou par les abus de l'onanisme exerce sur la production de la spermatorrbée. Cette question est extrêmement intéressante. Je lui dois ici une mention spéciale et ne puis m'empêcher d'indiquer les interprétations qu'elle a provoquées.

Beaucoup de médecins pensent que la blennorrhagie en se propageant dans la muqueuse uréthrale irrite les réservoirs spermatiques et les contraint à chasser au dehors le liquide séminal qu'ils contiennent. Ce fait qu'on ne conteste plus aujourd'hui a été parfaitement bien étudié par Lallemand. Mais, tout en rendant justice à la conception de l'illustre professeur de Montpellier, il est permis de douter que la blennorrhagie ait, comme on le croyait, la propriété exclusive de déterminer des pertes séminales involontaires. Bien des faits observés sans parti pris ont démontré l'incorrection de cette théorie, en signalant la persistance de la spermatorrbée chez des malades complètement guéris de leur blennorrhagie qu'on accusait naturellement d'être Tunique cause des pertes séminales. Ces résultats permettent de supposer que ces sécrétions involontaires obéissent à d'autres influences que celles d'une simple phlegmasie transportée par voie de continuité jusqu'aux glandes séminifères. Il faut évoquer l'intervention d'autres éléments pathogéniques pour expliquer l'évolution de tous ces phénomènes morbides. Et je ne suis pas éloigné de croire qu'ils sont fournis par l'excitabilité anormale, héréditaire ou acquise, des centres cérébro-médullaires. Cette perturbation spéciale favorise l'explosion d'une série d'actions réflexes qui trouvent leur point de départ dans la région génitale violemment irritée par la blennorrhagie. Le trouble sensitif né dans la partie enflammée de l'urèthre est facilement transporté dans les centres nerveux qui, sous l'influence de l'excitation qu'ils reçoivent, provoquent par réflexion des contractions dans les glandes séminales et les obligent à expulser leur contenu. Quand la spermatorrbée est ainsi établie on rencontre parfois à côté d'elle des accidents nerveux qu'on peut attribuer à la neurasthénie d'origine périphérique ou réflexe dont il est parfois difficile d'expliquer la véritable généalogie.

C'est dans ces cas spéciaux que Lallemand employait les cautérisations uréthrales au nitrate d'argent qui avaient, selon lui, la propriété de guérir la blennorrhagie, la spermatorrhée et l'état nerveux

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