‹ La neurasthénieChapitre 94 sur 163 · NEURASTHÉNIE. PROLAPSUS UTÉRIN, MKTRITE, ETC · texte numérisé non relu

NEURASTHÉNIE. PROLAPSUS UTÉRIN, MKTRITE, ETC

Type LXXIX. — Neurasthénie. — Métrite. — Prolapsus. — Engorgement utérin.

Il s'agit ici d'une femme très nerveuse qui, à la suite de plusieurs avortements, eut des métrites à répétition dont la fréquence provoqua un prolapsus utérin assez accentué, très gênant et fort douloureux. Les médications les plus variées furent employées sans succès contre cette ptôse foncièrement tenace qui finit par déterminer de l'asthénie cérébrale, de l'amyosthénie, un profond affaissement moral, de la tristesse, des phobies, de la céphalée constrictive, de la rachialgie, c'est à dire les principaux symptômes de la neurasthénie. Les applications sédatives et reconstituantes de l'hydrothérapie n'eurent sur eux aucun effet décisif. Il fallut recourir à un traitement capable de modifier l'affection utérine qui devenait tous les jours plus envahissante et que l'on considérait avec raison comme la véritable cause de la neurasthénie. Les pessaires les mieux conçus, l'introduction de la tige intra-utérine, le massage spécial, l'hystérophore, l'électricité ne produisirent que des résultats peu satisfaisants. On essaya sans succès de raccourcir les ligaments ronds qui paraissaient trop relâchés. Pour triompher de ce prolapsus dont la persistance pouvait provoquer des troubles sérieux, il fallut recourir à l'hysléropexie. Elle fut pratiquée par la voie abdominale et produisit des résultats très satisfaisants. La malade débarrassée de sa pénible infirmité put reprendre son traitement hydrothérapique qui apaisa toutes les perturbations de son système nerveux, compléta la restauration de ses fonctions génitales et rendit à son organisme une activité vitale très manifeste.

Type LXXX. — Neurasthénie. — Irritation utéro-ovarienne.

Ce type est réservé à l'histoire des femmes nerveuses qui sont devenues neurasthéniques à la suite d'une irritation séjournant plus ou moins longtemps dans une ou plusieurs sections de leur appareil génital.

Tous les mois et même souvent tous les quinze jours le système utéro-ovarien devient le siège d'une fluxion sanguine physiologique qui, en général, disparaît sans laisser de traces appréciables. Si la femme est physiquement et moralement bien équilibrée cet afflux sanguin vers le vagin, la matrice, les trompes ou les ovaires n'occasionne que de légers malaises. Mais lorsque ce mouvement circulatoire dépasse les limites ordinaires ou se renouvelle trop souvent il provoque une congestion qui peut compromettre le fonctionnement des organes envahis. Si la malade appartient à la race des arthritiques cette fluxion prend facilement une allure de chronicité et un caractère

L'iIVDROTIII-KAI-IE DANS LES mniTATIONS UTEltO-OVARIEXNES. 225

toxique qui rendent sa durée interminable. Si la malade est une névropathe avérée, la fluxion morbide exerce une influence nocive sur 1 innervation toute entière et imprime aux centres nerveux les modifications structurales ou fonctionnelles qui préparent l'explosion de certaines névroses et notamment de la neurasthénie.

Quand la congestion utéro-ovarienne est de nature loxi-infectieuse comme on le constate parfois chez les arthritiques, son action sur les centres nerveux se traduit par un trouble dans les mutations nutritives ou dans les opérations chimiques qui s'accomplissent au milieu de leurs cellules Ces perturbations historiques légitimement attribuées al affection des organes génitaux et aux tendances toxi-infectieuses inhérentes au tempérament de la malade favorisent l'apparition de la neurasthénie qui constitue alors une névrose secondaire ou symptomatique. J l

Quand la congestion reste simplement irritative, elle donne presque toujours naissance à des impressions sensitivès qui, après avoir provoqué de nombreuses actions réflexes dans tout l'organisme arrivent parles nerfs centripètes dans les centres nerveux cérébraux dont elles troublent l'irritabilité fonctionnelle et où elles préparent l'a vènec e la neurasthénie. Dans ce cas particulier on se trouve en présence d une neurasthénie d'origine périphérique ou réflexe.

Pour démontrer l'évolution et l'enchaînement de ces divers processus morbides, je puis invoquer les témoignages d'observations très nombreuses. ïl me semble pourtant inutile d'en présenter l'énumération aux lecteurs qui, je l'espère, seront suffisamment édifiés par les données cliniques que je viens de formuler. Je dois cependant ajouter que dans le traitement de ces états pathologiques dont les manifestations sont si variables, l'hydrothérapie joue un rôle très important Par ses effets sédatifs généraux et locaux, elle peut apaiser la plupart des phénomènes d'excitation nerveuse; par ses effets analgésiques; calmer les douleurs et l'acuité des troubles sensitifs; par ses effets iwulsifs ou résolutifs, dissiper les congestions el 1rs engorgements des organes malades; par s<5s effets reconstituants, évitera 1 organisme les défaillances dont il est menacé el donner m, ?rand essort à son activité vitale.

Je vais mentionner quelques faits qui attestent que h neurasthénie peut parfois dépend^ d'une inflammation des organes génitaux de la femme ou des enveloppes péritonéales qui les recouvrent,

La vaginite, la métrite compliquée d'hémorrhagie, de catarrhe d hypertrophie ou d'hyperplasie, l'endométrite ou la paramétre, la

salpingite, l'ovarite, la pelvi-péritonite et même les tumeurs simples ou malignes, les collections sanguines, purulentes ou séreuses fixées dans la cavité du bassin peuvent parfois occasionner la neurasthénie. Mais, dans tous ces cas essentiellement graves, la maladie de Beardne se révèle qu'au début ou à la période terminale de ces affections et parfois à la suite de l'intervention chirurgicale qu'exige leur traitement curatif.

Cette névrose peut être incontestablement améliorée et même guérie par la cure hydrothérapique, à la condition, toutefois, que l'application de cette méthode obéisse à des indications cliniques bien définies. Je dois d'abord déclarer que l'hydrothérapie, dans ses applications générales, doit être impitoyablement proscrite lorsque les poussées inflammatoires, capables d'engendrer la neurasthénie, sont à la période aiguë de leur évolution. Seuls les bains généraux ou locaux à douce température, associés aux injections vaginales ou utérines, peuvent être mis à contribution. La plupart de ses autres procédés doivent être bannis jusqu'au jour où la poussée inflammatoire a disparu et où les menaces de récidive ne sont plus à redouter. La même interdiction est également nécessaire quand l'inflammation a provoqué des transformations histologiques que la chirurgie est seule capable de modifier.

Quand les phlegmasies de l'appareil génital sont passées à l'état chronique et que le retour à l'état aigu n'est plus à craindre, on peut essayer de combattre par l'hydrothérapie la neurasthénie qui survient à ia suite de ces altérations pathologiques et même après les opérations sanglantes qu'elles ont rendues nécessaires. Mais pour que son intervention soit réellement efficace, il faut savoir combiner ses applications ant.i-neurasthéniques à celles qui peuvent favoriser la disparition des traces souvent toxi-infectieuses, laissées dans les organes génitaux par l'inflammation primitive. Il faut se préoccuper de modifier les dispositions constitutionnelles qui exagèrent toujours l'explosion des phlegmasies, favoriser la résorption des liquides qui restent obstinément blottis dans'la trame des tissus et des reliquats pathologiques qui entravent leur fonctionnement ; il faut aussi atténuer les influences diathésiques et notamment celles de l'arthritisme qui est, qu'on me passe cette comparaison, comme un bouillon de culture capable de faire éclore les divers états morbides que je viens de signaler. Il est enfin indispensable de combattre les perturbations qui assiègent le système nerveux et qui se traduisent par des troubles portant la griffe de l'hystérie, par des psycopathies fort troublantes ou

■NEl'RASTÉRIE. MÉTR0-0VAR1TE. 227

par les manifestations moins dramatiques de la neurasthénie. L'hydrothérapie est en mesure de répondre aux exigences de ce programme thérapeutique. Voilà pourquoi les gynécologistes ont confiance en elle. Je vais citer des faits capables de justifier cette prédilection.

Type LXXXI. — Neurasthénie. Irritation spécifique des voies génitales.

Ce type m'est fourni par une jeune femme atteinte d'une blennorrhagie virulente qui provoqua de véritables ravages dansl'urèthre dans la matrice et dans les ovaires. Il fallut beaucoup de temps et des soins très assidus pour apaiser cette phlogose spécifique qui, avant de disparaître complètement, eut le don d'affaiblir gravement l'or-anisme de la malade et provoqua des désordres nerveux ayant les véritables traits de la neurasthénie. Dans cette situation, dominée par les manifestations d'une atonie générale, les médecins conseillèrent de mettre en œuvre les applications reconstituantes de l'hydrothérapie qui ranimèrent les forces de la malade. On eut tout d'abord recours aux douches assez chaudes, de courte durée et progressivement refroidies vers la fin de l'opération. Elles furent plus tard remplacées par des douches froides qui produisirent la restauration de toutes les fonctions de l'organisme.

Cette neurasthénie, survenue chez une femme qui n'avait dans ses antécédents morbides qu'une blennorrhagie assez commune, a été attribuée timidement à cette inflammation spéciale. Mais si l'on veut bien tenir compte que cette neurasthénie a succédé au grand épuisement qu'éprouva la malade au moment de son apparition, il n'est pas illogique de la considérer comme une conséquence de cet épuisement.

Type LXXXII.

Parmi les nombreuses maladies qui peuvent être groupées dans ce type, j'en choisis une dont le portrait pathologique peut, à la rigueur, représenter celui de toutes les autres. Cette malade est la fille d une mère névropathe et d'un père sujet depuis longtemps à des accès de goutte. Elle a eu, après un accouchement fort pénible, une inflammation utéro-ovarienne qui, presqu'au début de son apparition, a pris une allure manifeste de chronicité. Cette métro-ovarite eut par sa persistance, une influence désastreuse sur le système nerveux de la jeune femme. Elle détermina une asthénie psychique très prononcée de la céphalée constrictive, de la rachialgie/ de l'amyosthénie, de la misanthropie irascible, de l'insécurité morale, un dégoût de la vie

228 NEURASTHÉNIE. MÉTBITE FONGUEUSE. A.TBÉSIÊ DU COL UTÉRIN.

étrangement associé à la crainle de mourir, de l'atonie gastro-intestinale, tous les symptômes, en un mot, de la neurasthénie. Très excitée dans sa détresse, cette jeune neuro-arthritique éprouvait des douleurs iléo-lombaires qui l'empêchaient de marcher, des palpitations, des frissons répandus dans toute l'étendue de la colonne vertébrale, des spasmes localisés dans les membres inférieurs et d'autres perturbations moins apparentes.

On lui conseilla de suivre un traitement hydrothérapique. Les douches tempérées, employés dès le début, apaisèrent son impressionnahilité maladive et donnèrent à son système nerveux la pondération dont il avait besoin. Les douches chaudes qui leur succédèrent furent très favorables à son état arthritique. On employa ensuite les douches écossaises à transition progressive qui firent disparaître toutes les sensations frisonnantes et douloureuses. Ces applications hydrothérapiques délivrèrent la malade de sa neurasthénie due très probablement aux influences combinées de sa métro-ovarite et de ses prédispositions constitutionnelles. Elles complétèrent aussi la cure de l'affection génitale déjà très améliorée par le traitement spécial organisé par le médecin ordinaire de l'intéressante patiente.

Tvi'E LXXXII. — Neurasthénie. — Métrite fongueuse. -^-Atrésie du col. -<- Curetage.

Dans ce type, je place l'observation d'une malade atteinte d'une métrite fongueuse compliquée d'écoulement sanguin intermittent et d'atrésie du col utérin. Le chirurgien, chargée de traiter cet état morbide, pratiqua d'abord la dilatation du col et lit deux fois le curetage du corps. Cette double opération fut complétée par l'introduction de mèches aseptiques et par une série d'injections très chaudes destinées à répandre un grand assainissement dans la région infectée. Sous l'influence de ce traitement, les sécrétions muco-purulentes furent visiblement taries et les hémorrhagies s'arrêtèrent. Mais après ce nettovage chirurgical, la malade se sentit très affaiblie et devint neurasthénique. On sait que le curetage produit assez souvent une grande dépression physique et morale surtout chez les femmes nerveuses qui deviennent presque toutes plus ou moins neurasthéniques. Elles sont, par ce fait, rendues tributaires de l'hydrothérapie qui, lorsque elle est bien appropriée à leur état, possède la faculté d'équilibrer leurs fonctions nerveuses et de leur rendre les forces qu'elles ont momentanément perdues. Dans ce cas spécial ce sont les douches à température variable, à percussion légère et à durée relativement courte qui furent employées avec succès.

NEURAS III BME. SA LI'LNi ii )- OV AKI1K. 229

Type LXXXIV. — Neurasthénie. — Salpingo-ovarite. — Opération.

La jeune névropathe dont je veux en quelques lignes esquisser la silhouette a eu, à la suite d'une couche très laborieuse, une phlcgmatia alha-dolens qui la condamna à un séjour au lit très prolongé. A peine guérie de cette pénible affection veineuse, elle devint enceinte. Cette grossesse peu désirée ne suivit pas un cours régulier et se termina brusquement par un avortement qui provoqua de sérieux désordres. Environ trois mois après cette fausse couche, la malade ressentit dans la région de l'ovaire gauche des douleurs assez vives escortées de mouvements spasmodiques assez étendus que l'on considéra comme l'expression d'une ovarie hystérique.

La persistance de tous ces accidents inspira des craintes à la famille de ta malade qui voulut avoir sur ce cas difficile l'avis de plusieurs chirurgiens. Le premier consulté crût à l'existence d'une salpingo-ovarite, le second^ appelé au moment mémo ou la malade venait d'avoir un intense mouvement fébrile précédé par un violent fris: on, craignit le développement d'une pelvi-péritonite d'origine annexielle annonçant l'apparition d'une collection purulente maintenue dans ,1e bassin par des adhérences soupçonnées depuis quelque temps.

Après avoir tenté de réparer ces manifestations morbides par tous les procédés thérapeutiques destinés à assainir les organes intéressés, on se décida à pratiquer une large incision vaginale qui permit d'opérer un véritable drainage purificateur à travers la région altérée. Cette opération fut dirigée très méthodiquement et produisit à la longue un résultat très satisfaisant. A peine remise des épreuses qu'elle venait de traverser, la malade devint très impressionnable, et l'excitation nerveuse qu'elle manifesta à ce moment facilita le développement des principaux symptômes de la neurasthénie

C'est alors que je vis cette malade pour la première fois ; elle me raconta son odyssée avec une grande animation et me fournit des renseignements qui me permirent de supposer que sa neurasthénie avait eu pour point de départ la grave affection de ses organes génitaux.

Je lui administrai quelques douches tempérées sédatives qui amenèrent assez promptement le calme de ses nerfs. Elles furent remplacées par des douches progressivement refroidies et d'assez courte durée qui fortifièrent la malade. Les dernières douches étaient précédées par des douches écossaises dirigées sur le bassin et plus tard par des douches alternatives qui eurent une action résolutive manifeste

230 ALTÉRATIONS DES ORGANES SITUÉS DANS LE BASSIN. HYSTÉRIE. NEURASTHÉNIE.

sur l'engorgement des organes génitaux. Sous l'influence de ce traitement la santé de la malade fut complètement restaurée.

Type LXXXV. — Neurasthénie. — Lésions graves des organes génitaux.

L'histoire de la malade exposée dans ce type est aussi intéressante que mouvementée. Cette jeune femme dont la lignée ancestrale révélait l'existence de nombreuses manifestations névropathiques., goutteuses et rhumatismales, a eu pendant sa nubilité des crises hystériques qui disparurent après un mariage contracté selon son gré. Dans les premières années de cette union tant désirée elle eut deux grossesses pénibles qui ébranlèrent sa santé. Quelque temps après la seconde couche elle ressentit de vives douleurs abdominales provenant d'un congestion ovarienne bientôt transformée en une poussée inflammatoire qui se répandit dans la matrice et dans les annexes de cet organe. Celte fluxion sanguine, malgré l'assaut dirigé contre elle par les agents thérapeutiques les mieux choisis, détermina dans la cavité du bassin de graves altérations histologiques qui provoquèrent des sécrétions muco-purulentes accumulées dans le vagin, un abattement extrême, des souffrances intolérables et des crises hystériques semblables à celles d'autrefois.

Les chirurgiens appelés en consultation pour juger ce cas difficile reconnurent la gravité de la situation et, voulant soustraire la malade à un péril qui leur semblait très menaçant, admirent tous la nécessité d'une intervention chirurgicale immédiate. La laparotomie permit de constater tous les dégâts produits par la maladie. Les sections altérées de la matrice, des ovaires et des tissus du voisinage furent enlevés. L'opérateur, après avoir nettoyé la région infectée, expurgé les scories qui s'y trouvaient accumulées depuis longtemps et organisé un complet drainage, réunit les bords de cette plaie abdominale par une suture appropriée.

La malade qui était encore sous l'influence des inhalations de chloroforme fut immédiatement placée sur un lit de repos où elle s'endormit profondément. Ce sommeil ressemblant par certains aspects à celui de la léthargie ne dura pas longtemps. Il fut brusquement interrompu par une crise d'hystérie qui provoqua des convulsions si violentes que le corps de la malade, ne pouvant résister à leur rudes étreintes, forma tout aussitôt ce fameux arc de cercle qu'on observe dans les attaques classiques de la grande hystérie.

Cette scène tumultueuse disloqua toutes les pièces du pansement et détruisit quelques sutures que lé chirurgien se hâta de réparer. La

Page 1