CHAPITRE V
Diagnostic, Evolution et Pronostic
I. Diagnostic. — D'une façon générale, la névrite rétrobulbaire aiguë d’origine nasale doit être diagnostiquée de la névrite rétrobulbaire due à d’autres infections, spécialement la syphilis. Toutefois, chez les syphilitiques, on recherchera les signes d'affection antérieure avec l'appui du laboratoire ; le scotome central est relativement d'observation assez rare. Plus souvent il y a papillite, car la syphilis frappe généralement le nerf optique tout entier. S'il y a hybridité, le scotome paracentral est d’ordrè alcoolique et l’on recherchera un rétrécissement périphérique du champ centrale et périphérique sont lésés. |
Le Professeur Rollet a étudié le diagnostic de l’amblyopie éthylique ou toxique. L'interrogatoire servira de guide pour préciser la nature du toxique : pansement iodoformé, vapeurs de sulfure de carbone, injection de fougère mâle ou de thyroïdine.
Le =— OÙ —
L'amblyopie éthylique est déterminée surtout par l'alcool méthylique qui attaque violemment le faisceau maculaire et par l’absorption des boissons à essence, amers, spiritueux ou liqueurs contenant anis, fenouil, badiane. L’amblyopie éthylique se caractérise par une diminution de l’acuité visuelle et chromatique, et persistance de la sensibilité lumineuse de la rétine. Le scotome est paracentral, il s'étend de 5° en dedans à 18° en‘dehors, à 7° en dessus et à 8° en dessous du point de fixation. Il est donc fortement décentré du côté temporal ; sa forme est celle d’un ovoïde dont la pointe répond à la tache de Mariotte et dont la grosse extrémité dépasse légèrement du côté nasal la ligne médiane du côté visuel. Ce scotome s'accompagne assez rapidement chez l’alcoolique d’une décoloration du segment externe de la papille. Pas de douleur oculaire, pas de douleur à la pression du globe, ni dans le fond de l'orbite.
Tout autre sera le scotome des névrites rétrobulbaires d’origine nasale que nous étudions. Douleurs à la pression oculaire, scotome non plus ovoïde mais arrondi, scotome non paracentral, maïs central. Dans notre observation Ï, il est circulaire, occupe exactement le pôle postérieur, il s’étend du point de fixation à 40° à peu près dans tous les sens, il est absolu : le sujet ne voyant absolument rien dans cette zone centrale. Même état dans l’observation IT : scotome central, arrondi et non fusiforme et horizontal, scotome relatif avec vague perception. |
On distinguera les papillites symptomatiques d’inflammations intracraniennes ou orbitaires, dues aussi
à des maladies infectieuses générales, à des maladies de la nutrition, à des intoxications. Ici à l’ophtalmoscope, il y a hyperémie papillaire, la papille est d’un rouge vif, ses bords sont flous et noyés dans ur halo ; les veines sont un peu dilatées mais surtout entourées d'une légère suffusion ou nuage grisâtre. Le diagnostic différentiel des formes atypiques sera plus difficile cependant dans ce cas, l'hyperémie papillaire est bien moins accusée que dans les papillites vraies.
Ailleurs, on distinguera aussi un œdème papillaire symptomatique de l’œdème cérébral, de la vaginalite des gaines, de l’œdème du nerf optique, complication des néoplasmes cérébraux et cérébelleux, des gommes méningo-encéphaliques déterminant une pression intracranienne anormale ; une hypertension intracranienne.
Parfois, il y a combinaison des deux processus mécanique œdémateux et inflammatoire ; c’est alors la papillite œdémateuse. Au point de vue ophtalmoscopique, l’œdème papillaire est caractérisé par une papille saillante et bombée. Cette papille a perdu sa transparence et sa coloration rosée ; elle devient opaque et de couleur grisâtre, ses dimensions augmentent, elle gagne un demi-diamètre papillaire, Parfois la saillie est encore parcourue par des stries rayonnantes représentant les fibres nerveuses dissociées ; elle prend ainsi l'aspect d’un champignon strié.
Dans ces états où l’on note papillite ou œdème de la papille on peut voir un rétrécissement périphérique du champ visuel mais pas de scotome central.
La sclérose en plaques peut parfois se compliquer de