CHAPITRE IT
Anatomie
Ethmoïde postérieur
On désigne sous ce nom le groupement des cellules dont les orifices excréteurs viennent s'ouvrir au-dessus du cornet moyen. Au point de vue numérique, on distingue en moyenne trois ou quatre cellules, quelquefois cinq, exceptionnellement deux. Elles ont une forme infundibulaire ; leur base s'applique sur l’orbite, leur sommet sur les méats où leurs orifices aboutissent.
CELLULES DU TROISIÈME MÉAT. — Elles sont en moyenne au nombre de trois ; leurs orifices viennent s'ouvrir à la partie antérieure du méat, l’un en avant et en haut, l’autre en arrière et au-dessous, le dernier dans le fond du méat. On peut donc distinguer avec Sieur et Jacob, trois cellules : une cellule supérieure, une celulle postéro-inférieure, une cellule inférieure.
te —
La cellule postéro-inférieure (cellule ethmoïdo-frontosphénoïdale) est la plus importante au point de vue anatomique et au point de vue pathologique. Elle est en rapport en arrière avec la face antérieure du sphénoïde : elle envahit souvent la cavité sphénoïdale, elle peut se substituer quelquefois à elle et se met dès lors en rapport avec le nerf optique.
CELLULE DU MÉAT DE SANTORINI. — Cette cellule est le plus souvent unique et lorsqu'elle existe (40 à 45 % des cas, (Sreur et JAcoB), 4 % pour RANGLARET), elle débouche à la partie antérieure du quatrième méat. Pour Canuyt, elle serait une doublure de la cellule d'Onodi dont elle affecte les mêmes rapports : optiques et palatins.
Sinus sphénoïdal
. Développement. — Dès après la naissance, une petite dépression aparaît à la partie postérieure de l’ébauche ethmoïdale : c’est le sinus sphénoïdal. Vers trois ans, il est représenté par une cavité de la grosseur d’un petit pois entouré d’une capsule cartilagineuse. Vers huit ans, cette capsule vient s’accoler à la partie anté- rieure du sphénoïde et perd sa paroi postérieure, et à partir de ce moment-là, la cavité se développe aux dépens du corps sphénoïdal et acquiert ses dimensions définitives vers 25 ans. Le sinus sphénoïdal est alors
constitué. |
On peut le considérer comme un cube présentant une paroi supérieure (cranienne), une paroi inférieure
(pharyngo-nasale), une paroi antérieure (ethémoïdonasale), une paroi postérieure (basilaire), une paroi externe caverneuse, une paroi interne septale.
Au point de vue clinique et thérapeutique, seules, | les parois antérieure et externe nous intéressent. La paroi antérieure est en effet une paroi d'exploration clinique qui permet de se renseigner sur l’état de la cavité antrale ; elle est aussi la paroi chirurgicale que l'on effondre soit par la voie septale, soit par la voie endonasale pour traiter les différentes lésions intrasinusiennes. La paroi externe est la paroi pathologique de l’antre. Les rapports latéraux avec le sinus caverneux et les nerfs contenus à son intérieur, sa contribution à la formation du canal optique lui font jouer un grand rôle dans la pathogénie intracanaliculaire du ner épique.
Paror ANTÉRIEURE. — La face antérieure est généralement dirigée dans le plan frontal; sa partie moyenne bombe en avant tandis que sa partie inférieure se rapproche de l'horizontale et se continue avec le plancher du sinus. Elle représente donc sur une coupe un angle dièdre très ouvert en arrière. La cloison nasale vient s’insérer sur le sommet de l’angle et divise la partie antérieure du sphénoïde en deux moitiés droite et gauche répondant chacune à la fosse nasale et à l’ethmoïde correspondant. D'autre part, l’adossement de la masse ethmoïdale postérieure au devant de la partie externe de chaque paroi subdivise celle-c1 en deux régions : l’une interne, nasale, l’autre externe ethmoïdale.
Récron NASALE. — Elle constitue le segment libre de la paroi antérieure du sinus sphénoïdal, elle a la forme d’un trapèze de 5 millimètres de largeur sur 16 à 18 millimètres de hauteur ; elle a comme limite, en dehors l'insertion oblique et externe de la masse ethmoïdale, en dedans l'insertion verticale du septum nasal, en bas son angle d’union avec la paroi inférieure du sphénoïde, en haut son angle d'union avec la portion horizontale du toit nasal. À ce niveau, la voûte nasale est constituée par une lame osseuse émanée du bord antéro-supérieur du sphénoïde, et se continuant vers l’avant par la lame criblée. La face antérieure du sphénoïde contribue donc à la formation de la voûte nasale dont elle forme la partie la plus reculée. Notion importante à connaître pour le cathétérisme sphénoiï-
dal.
RÉGION ETHMOÏDALE. — Le groupement ethmoïdal postérieur vient s’accoler à la partie antérieure du sphénoïde et nous la décrivons avec les rapports réciproques des sinus sphénoïdaux et des celules ethmoïdales postérieures.
Paror EXTERNE. — Elle est par ses rapports la paroi importante du sinus. En effet, par son ségment antérieur, elle est en rapport avec le canal optique dont elle constitue la paroi interne, vers la fente sphénoïdale, avec les organes qui sont contenus dans le canal et dans l'orbite. L'épaisseur de la paroi externe est fonction de la grandeur sinus. Plus la cavité s’agrandit, plus les parois s’amincissent. Dans les grands sinus on note souvent des déhiscences. C’est une notion
capitale, car ces déhiscences ne forment plus qu’une barrière insuffisante à l'infection.
Or, les recherches de Sieur, de Jacob, de Gaillard. donnent comme proportion des grands sinus 48 %,. Donc, dans la moitié des cas ,le nerf optique n'est séparé de la muqueuse sinusienne que par une fine lame osseuse, diaphane, papyracée, traversée par des fins pertuis vasculaires et parfois déhiscente et par conséquent peu étanche.
Le nerf optique est donc exposé aux infections les plus légères du sinus.
Rapports réciproques des sinus postérieurs
L'ethmoïde postérieur vient s’accoler à la partie antéro-externe du sinus sphénoïdal. Cet accolement constitue une gouttière verticale : c’est le recessus sphénoethmoïdal. Cette gouttière, longue de 12 millimètres, large de 6 millimètres, a pour limite en haut la portion la plus reculée de la partie horizontale du toit nasal ; en bas les choanes un peu au-dessus du cornet moyen; sa paroi postérieure, sphénoïdale, présente l’ostium sphénoïdal, sa: paroi antérieure, ethmoïdale par l’extrémité postérieure des méats sus-jacents au méat moyen. C’est donc un carrefour commun aux sécrétions des cellules ethmoïdales postérieures et du sinus sphénoïdal qui sont par conséquent en relations pathologiques constantes. Les altérations symptomatiques les plus précoces des sinusites postérieures se découvrent à ce niveau.
D'autre part, les cellules ethmoïdales postérieures