PREFACE IX
curieusement analysé cette contagion. Mon aïeul, quand il parlait du jour de la peur en Périgord, hochait la tète. Magnétisme inexpliqué! Tout un pays qui, d'instinct, s'effare, à la même heure. Pas de télégraphe encore, pas de nouvelles. Un vent qui passe, une odeur d'orage. Et c'est la Peur!
La peur n'est pas la Terreur. On meurt bravement en pleine Terreur, sous le couperet de la Loi. Mais, le jour de la peur, on tremble. On ne sait pourquoi. Il semble qu'il y ait là un spectre. La foule a des angoisses d*enfant. Elle a aussi des férocités de fauve. (^ Voyez les lyncheurs en Amérique, les rôtisseurs périgourdins de M. de Moneys en 1870.) Et même MM. Cabanes et Nass Taccusent de sadisme. Le nu l'attire. La luxure de sang, dont parle Dante, s'accompagne souvent de luxure pure et simple.
Mais si je loue MM. les D" Cabanes et Nass de leur curiosité, de leur érudition, je leur reproeherai, comme à ce très grand écrivain et très haut esprit que fut H. Taîne, de tenir compte d'anecdotes suspectes et de renseignements « tendancieux », comme on dirait en employant un barbarisme à la mode. Que de faits à contrôler et que l'esprit de parti accepte avec une extraordinaire