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LA CONTAGION DE LA PEUR

« L'esprit gouverne et la matière est gouvernée »,a écrit Thiers, dans une phrase lapidaire, destinée à résumer sa conception philosophique. Une assertion aussi dogmatique peut trouver place dans un traité de psychologie pure ; dans une histoire de la Révolution française, elle seraitabsolument déplacée. C'est à une conclusion diamétralement opposée que Thiers lui-même aurait abouti, s'il avait cherché à définirTélément psychologique, ou plutôt psycho-pathologique, de la Société

in^VROSB RÉTOLUTIONNAIRR 1

de 89 et de 93. S'il avait établi Yobservation mentale de cette collectivité, déterminé les facteurs de ses actes, il eût convenu que l'homme n'a qu'un empire illusoire sur la marclie des événements révolutionnaires, qu'il subit sans les pouvoir diriger. Jamais son esprit ne gouverna moins, jamais il ne fut tant asservi à .•des lois^io^li^clafeles et aveugles.

'" La'sôciëfe Révolutionnaire — du moins tenterons-nous -'^di^^ferdiîrîioiitfér^n cours de cette étude — présente, d'une part, une diminution notable des facultés intellectuelles ; d'autre part, une exaltation des instincts primitifs, de sorte qu'elle est poussée par des impulsions violentes et irréfléchies.

Parmi les sentiments d'ordre instinctif, la peur se place presque au premier rang. Dans les actes qui n*ont d'autres auteurs responsables que la foule, elle joue un rôle capital. En temps de guerre ou de révolution, elle imprime à la marche des événements une orientation souvent imprévue, mais irrésistible ; elle pousse des courants qu'on ne remonte pas.

L'histoire des paniques est celle de toutes les guerres, civiles et étrangères. Variables dans leurs symptômes et dans leurs effets, suivant le caractère spécial de l'époque «t des faits qui les provoquent, elles sont similaires dans leurs évolutions.

La guerre de 1870-71 a vu des paniques irraisonnées, où vinrent se briser les meilleures énergies, les courages les plus résolus : colle de Beaumont, entre

autres, peut être citée en exemple. Pendant le siège de Paris, ce fut la fièvre obsidionale, dont le délire gagnait peu à peu tous les habitants; la hantise de la trahison pesait comme un cauchemar sur ceux que la victoire désertait. Les bruits les plus invraisemblables circulaient, prenaient corps, alarmant les assiégés, prêts alors aux suprêmes résolutions du désespoir... Mais rien ne confirmait la nouvelle, venue on ne sait d'où, et qui démesurément avait grossi.

Le moyen âge, dévasté par les épidémies physiques et morales, épidémies de peste et de sorcellerie, a vu, lui aussi, surgir bien des fois de ces paniques inconsidérées, qui semaient Tépouvante dans les populations superstitieuses. Des accès de folie collective éclatèrent; la peur du fléau engendra un véritable délire de la persécution, et comme les persécutés se transforment aisément en persécuteurs, on assista à de véritables atrocités. A Digne, pour enrayer la peste, on ne parlait de rien moins que de brûler la ville avec ses habitants ; en Lorraine, on vit des femmes manger leurs propres enfants et se dire l'une à l'autre : « Tu mangeras aujourd'hui ta part du mien, et demain je mangerai ma part du tien )» (1).

(1) Cf. D' Cabanes, La peste dans V imagination populaire in Archives de Parasitologiey 1901. — « Sur les chemins, dit un contemporain cité par Michelet, les forts saisissaient les faibles, les déchiraient, les rôtissaient et les mangeaient. Ce délire, cette rage, alla au point que la béte était plus en sûreté que Thomme. Comme si c'eût été désormais une coutume établie de manger de la chair humaine, il y en eut un

Les lépreux jouissaient également du privilège de semer des terreurs folles : ne les accusait-on pas d*empoisonner les puits et les fontaines, et de vouloir se venger de la sorte de leur mise au ban de la société ? Que de crimes judiciaires ont élé commis, qui furent dictés par la peur I

Ces autres parias, les Juifs, ont été, à leur tour, l'objet de la fureur populaire. La persécution qui les livra au bûcher par immensçs fournées avait pour origine une accusation stupide : on croyait qu'ils empoisonnaient Tair ! Les massacres des Juifs ont eu pour mobile, plus que les haines religieuses, la peur qu'ils provoquaient.

Les sorciers, de leur côté, répandaient l'effroi : c'était leur manière de se venger des tortures qu'on leur infligeait.

Dans l'ordre moral, mêmes phénomènes, mêmes conséquences. La terreur de Tan mille est restée célèbre ; mais au lieu de provoquer de violentes représailles, elle s'orienta vers le mysticisme. Toute la société s'abîma dans la dévotion, s'écroula dans un humble agenouillement, attendant la fin du monde et surtout la résurrection libératrice de tous les maux.

Pour tout dire, la peur fut, au moyen âge, un ca ractère distinctif de la mentalité de la société.

qui osa en étaler à vendre dans le marché deToumus.II ne nia point et fut brûlé ; un autre alla pendant la nuit déterrer cette même chair, la mangea et fut brûlé de même. »

La Révolution réveilla ces paniques, qu'on pouvait croire ensevelies dans l'histoire des siècles. Le temps de Voltaire et de Diderot pouvait-il être celui de l'obscurantisme et de la superstition ? Et pourtant, le fait brutal est là, qui prouve une fois de plus que si les révolutions violentes peuvent libérer des esclaves et affranchir des opprimés, ce n'est que par un recul en arrière du progrès moral, un effacement des facultés intellectuelles et l'explosion des instincts de la foule. Ce résultat ne seraitil pas plus rapidement et plus sûrement acquis, sans crainte d'une réaction inévitable, par une révolution pacifique? Mais celle-ci, possible dans les Etats du Nord, chez les peuples de sang-froid, Tesl-elle chez une race latine qui, lorsqu'elle envahit l'arène politique, y pousse ces clameurs dont si longtemps ont retenti les républiques italiennes ?

Quoi qu'il en soit, dans certaines circonstances, la peur a joué un rôle capital. Ce sont des bandits, des brigands, le plus souvent imaginaires, croquemitaines de la population, qui terrorisèrent les esprits.

Le centre de la France, notamment, fut secoué par cette épidémie singulière, à laquelle on a donné le nom de Grande Peur, Dans chaque ville, elle se manifestait de la même façon. Un soir, des bruits étranges circulaient : on annonçait l'arrivée de plusieurs milliers de brigands, armés jusqu'aux dents, et qui dévastaient tout sur

leur passage, laissant après eux riucendie et la ruine.

Telle une nuée d'orage qui s'amoncelle et éclate dans un ciel sombre, la nouvelle grossit, obsède les moins timorés. Un homme arrive en courant; à quelques lieu3s des remparts il a vu, de ses yeux vu, sur la roule blanche, un gros nuage de poussière, soulevé par une troupe en marche; un autre a entendu le tocsin d'alarme du village voisin. Plus de doute, dans une heure, en moins de temps peut-être, la ville va être mise à sac.

Aussitôt bourgeois et ouvriers de prendre les armes ; fusils, baïonnettes, piques, haches, instruments de travail, tout est réquisitionné. Une milice s'improvise : les plus courageux partent en avant à la recherche de l'ennemi... Reviendront-ils?

En attendant, les femmes enfouissent les objets précieux, tremblent pour leurs enfants... Une heure, deux heures se passent. Mortelle angoisse ! La nuit tombe, doublant l'épouvante et l'alarme. Les patrouilles circulent, les torches éclairent lugubrement les carrefours.

Cependant les paysans, chassés par la terreur, accourent en hâte, chacun poussant devant soi son maigre mobilier. On dirait d'une ville qui d'un instant à l'autre va être investie... Mais voici venir Tavantgarde. Elle n'a rencontré aucun brigand. La peur diminue. Encore quelques jours et elle s'évanouira dans un vaste éclat de rire.

Ces brigands d'opérette, ces brigands-fantômes se

sont évaporés, comme une brume d'automne aux rayons du soleil (1).

L'Auvergne, le Bourbonnais, le Limousin, le Forez furent tour à tour visités par cette singulière panique.

Dans certains bourgs, le souvenir en fut plus vivace que tout autre événement révolutionnaire, si bien qu'on en fît une donnée mnémotechnique. On disait de quelqu'un : il est né le jour de la Peur, comme on aurait dit : il est né le jour de la prise de la Bastille (2).

L'épidémie — car on peut assimiler une panique à une épidémie — suivit une trajectoire nord-ouestsud-est. Elle s'abattit aussi, mais avec moins de régularité, dans le Dauphiné, en Alsace, en Franche- Comté, en Normandie, en Bretagne, etc. Les Parisiens eux-mêmes n'y échappèrent pas.

Dans la nuit du 17 juillet 1789, le bruit court que des hordes armées marchent de Montmorency sur Paris. L'épouvante envahit les citoyens, encore sous l'exaltation de la journée du 14. Le tocsin sonne dans soixante paroisses, la milice eiTectue une sortie, mais elle ne trouve rien... qu'un lièvre, aussitôt abattu d'un coup de fusil. La petite troupe se répand alors dans les champs, et s'amuse à tirer du gibier. La mousqueterie

(1) Francisque Mège, La Grande Peur.

(2) Comte Jaubert, Glossaire du centre de la France, article Peur. Dans d'autres pa^'s on disait : le vendredi fon, Vannada de la Paou, la journée des brigands, etc.

s'entend des remparts ; la cavalerie arrive au galop ; tout se termine dans une hilarité générale (1).

Ce serait tomber dans de monotones redites, que de retracer dans chaque ville les événements de la Grande Peur au mois de juillet 1789. Â quelques variantes près, ils se répètent. Il n'y eut aucune manifestation criminelle ou séditieuse, parce que la situation ne commandait pas de pareils excès. On se contenta d*une défense énergique, la cité rassemblant toutes ses forces pour faire face à Tennemi ; au contraire, en septembre 1792, la population parisienne, se trouvant prise entre deux dangers, — le feu des Prussiens et les conspirations des prisonniers, — trouva tout logique de massacrer ceuxci, pour repousser ensuite ceux-là.

Dans les campagnes, répouvante fut plus grande. Le paysan, n'ayant pas la force du nombre, se sentait désarmé: rarrivée des brigands marquerait Theure de sa raine irrémédiable. Le soir, la lisière des bois, à Torée du village, prenait un aspect menaçant; la clarté de la lune, rendant plus opaque Tombre des grands arbres, ajoutait à Teffroi général. Les gens, figés d'angoisse, étaient tous comme autant d'enfants apeurés dans la nuit, tremblant au moindre froissement des feuilles.

Un bruit anormal trouble-t-il le silence? la panique met tous les courages en déroute. « Il suffit qu'une fille rentrant le soir au village rencontre deux hommes qui ne

(1} Barox Poisson, L'année et la garde nationale, cité par Mège, op. cit.

sont pas du pays, là-dessus des paroisses entières se sauvent dans les bois, abandonqant leurs maisons, emportant leurs meubles (1). » Ailleurs, c'est la poussière soulevée par le coche qui est le signal de la fuite.

Le curé donne l'absolution à ses ouailles^ puisque la fin du monde est proche. Partout, en cette fin de juillet 1789 et au commencement d'août, la même terreur dicte les mêmes extravagances. On se serait cru revenu aux jours lugubres de Tan mille.

Quelle fut l'origine de la Grande Peur et comment en expliquer la genèse ? Plusieurs éléments psychologiques en constituent Tessentialité.

Tout d*abord, reconnaissons-le, en certaines régions elle était légitimée par le pillage et le vandalisme. L'extrême misère des populations affamées par deux années de disette, et surtout Timpunité assurée à ceux dont les bandes attaquaient les convois ou se lançaient à l'assaut des châteaux, favorisèrent les scènes de violences qui déshonorent la Révolution. Notons que nous ne sommes qu'en juillet-août 1789, et que la destruction des châteaux féodaux est à peine commencée. Dans les villages où elle était déjà un fait accompli, on ne saurait s'étonner de l'effroi que manifestaient les habitants, à l'endroit des justiciers som-

(1) Taikr, Origines de la France contemporaine : La Révolution,

maires qui s'en prenaient aux pierres, comme si elles pouvaient être rendues responsables de leurs malheurs passés.

La France était alors couverte de mendiants, de miséreux, de vagabonds. On sait combien le paysan craint cette race de nomades. Dans leurs cahiers de doléances, les habitants des campagnes, tout en se plaignant de l'oppression du seigneur, dénonçaient ce péril ambulant. Cette misère errante, objet de mépris et de terreur, se sentit enhardie par les événements de Versailles et de Paris : blés coupés, récoltes saccagées, tel fut le bilan de ces incursions de mendiants réunis en bandes ; les fameux brigands, les bandits qu*on dénombrait par plusieurs milliers, n'étaient rien autre chose que ces épaves des chemins, réunies par groupes de cinquante ou de cent.

On a peine cependant à expliquer la folle panique qu'ils provoquaient. En temps normal, on leur eût fait la chasse ; traqués partout, ils n'eussent trouvé de refuge que dans les bois.

• C'est qu'en réalité, si les brigands furent le motif de la frayeur des provinces, celle-ci reconnaissait une cause psychologique plus profonde, plus déterminée.

De graves historiens ont cru pouvoir l'attribuer à un complot savamment ourdi, destiné à faire échouer la Révolution : la panique aurait eu pour effet de redonner au pouvoir central l'autorité perdue. Tour à tour ont été incriminés la Cour, le parti d'Orléans, Lafayelle, Mira-

beau... Mais ces accusations ne tiennent pas devant Tévidence.

Quel est Thomme, a-t-on justement fait observer (1), aussi bien dans un parti que dans Tautre, qui aurait eu assez de pénétration, assez d'esprit de tactique, assez de connaissance des lieux, assez d'audace et d'autorité, enfin assez de puissance et d'argent, pour nouer dans le plus grand secret tous les fils de cette conspiration sans précédent, et pour lui faire produire son effet, avec une telle soudaineté, une telle instantanéité, dans les hameaux les plus éloignés, les plus perdus? Quand on songe aux moyens de communication dont on disposait alors, comment admettre qu'un homme ait pu partout déclencher une telle commotion, que seuls le télégraphe ou le chemin de fer peuvent transmettre ?

D'autres, qui font toujours intervenir le surnaturel dans les événements humains, ont cru à une divination, à un pressentiment des événements redoutables qui ont marqué la sombre époque de la Terreur : le critique scientifique, pas plus que le philosophe, ne saurait souscrire à cette conception de l'histoire.

11 n*y a, à notre sens, qu^une seule cause efïiciente de la Grande Peur : elle réside tout entière dans l'état d'âme de la société révolutionnaire. Celle-ci a été atteinte de panique parce que, brutalement sortie des ténèbres où la

(1) F. MèGE, op, cit.

i2 LA NÉVROSB RÉVOLUTIONNAIRE

maintenait le pouvoir absolu, amenée en pleine lumière, elle a été éblouie, puis affolée, et que, croyant voir un danger là où elle n^avait plus de guide, étonnée de ne plus sentir la main de fer de l'autorité, elle s'est laissée envahir par une foule de sentiments spontanés et divers.

La société révolutionnaire ne saurait mieux être comparée qu'à une troupe de collégiens qui ont trompé la vigilance de leur surveillant et se sont sauvés dans la campagne : ils jouent, ils chantent, ils rient, heureux de leur liberté, fiers d*agir comme des hommes; mais bientôt le soir baisse, une vague inquiétude les gagne, — l'inquiétude de Tinconnu, — puis la peur les étreint : ils se regardent, se rapprochent, et tout à coup dévalent en hâte vers le collège, où les attendent les remontrances et le châtiment, mais où du moins la sécurité leur est garantie.

Est-ce à dire que les paysans et les citadins de 1789 seraient revenus d'eux-mêmes courber la tôte sous le despotisme ? Ce serait méconnaître que la Révolution n'a pas été le fait d'une impulsion subite ; qu'elle a été préparée, voulue, réfléchie : les doléances des cahiers en sont la preuve. On ne pouvait, certes, prévoir jusqu'où elle irait ; on n'osait envisager une telle éventualité. Les tours de la Bastille, en s'écroulant, firent un tel bruit, que l'écho en retentit jusque dans la plus humble chaumière ; le plus borné des paysans sentit que quelque chose de formidable venait

LES INSTINCTS D£ LA l'OULE 13

d*interrompre la monotonie de Thistoire. Le passé, avec ses traditions, disparaissait; et, comme l'enfant qui, faisant jouer le ressort d'un mécanisme inconnu de lui, prend soudainement peur, l'homme de 1789 se demanda, terrifié, ce que serait le lendemain.

Le lendemain, ne serait-ce pas l'anarchie complète, la victoire de ces loqueteux, de ces mendiants, — la lèpre du pays, — que nul pouvoir ne contiendrait?

D'aucuns traiteront cette interprétation de mystique, qui croient que la Grande Peur fut seulement la panique des propriétaires, devant les revendications des « sans propriétés », la frayeur de la classe possédante se voyant sur le point d'être dépossédée par une révolution socialiste se substituant à la ^évolution bourgeoise (1).

11 est possible que tous ceux qui avaient une parcelle du sol tremblassent qu'elle ne leur fût ravie par les gueux. Mais il y a, croyons-nous, à l'origine même de la Grande Peur, une cause psychologique.

Cet affolement général et, pour ainsi dire, impromptu, caractérise parfaitement l'âme de la foule en 1789. 11 ne conduit pas encoreaux violences des paniques suivantes.

Plus tard, à la fête de la Fédération de 179i, des rumeurs sinistres ayant couru dans le public, on découvre deux hommes cachés sous l'autel de la Patrie ; on les égorge sur l'heure (2).

En mai 1792, les troupes françaises de Lille, appre-

(1) Javrês, Histoire socialiste : La Constituante.

(2) Intermédiaire des chercheurs, 6 octobre 1898.

nant les désastres de Quîévrain et de Tournai, crient à la trahison ; les soldats et le peuple sont pris d'une peur folle, ils se précipitent sur le ^néral Théobald Dillon et sur un officier du génie nommé Berthois, et les massacrent instantanément (1).

Une autre fois, ce sont les Jacobins qui se laissent gagner par la contagion de la peur : le bruit ayant couru que leur salle de réunion est minée, qu'elle va faire explosion d'un moment à Taulre, on nomme une délégation qui va inspecter les caves du club et revient un instant après déclarer n'avoir rien trouvé d'anormal (2).

Mais on pourrait rapporter à profusion des cas analogues pendant cette période : les uns, ayant eu pour cause le mysticisme ambiant; les autres, la suspicion croissante, inévitable entre ennemis, entre rivaux, entre gens qui aujourd'hui suivent la même route, demain se dénonceront mutuellement, — suspicion qui éclôt dans Thumus révolutionnaire, grandit comme une plante vénéneuse, étend sur les cités Tombre épaisse de la terreur et de la haine.

(1) TmERS, op. ciUy livre VI.

(2) AuLARD, La Société des Jacobins,

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