‹ La nevrose traumatiqueChapitre 4 sur 14 · TROUBLES FONCTIONNELS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE · texte numérisé non relu

TROUBLES FONCTIONNELS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

Dans la plupart des observations du chirurgien anglais, il n'y a pas de blessures appréciables extérieurement, ou seulement quelques contusions qui disparaissent rapidement sans laisser de traces. Ordinairement le blessé n'éprouve immédiatement que des symptômes assez légers, parmi lesquels les manifestations médullaires ne jouent pas tou jours le rôle le pLus évident; puis il paraît se rétablir, et ce n'est qu'au bout d'un laps d'un de temps qui peut atteindre deux ou trois mois, qu'apparaissent des engourdis sements, des troubles de la sensibilité, puis des désordres de la motilité. Tous ces symptômes augmentent lentement, et quand l'état morbide est bien constitué, voici la description qu'en donne Erichsen.

L'attitude du malade est particulière en raison surtout de la raideur et de l'inflexibilité de la colonne vertébrale; tous les mouvements de flexion, d'extension et de latéralité du tronc sont douloureux et le malade les évite instinctivement. Il en est de même souvent des mouvements de la tête. Ordinairement, mais non pas toujours, le rachis est douloureux à la pression, à la percussion, à l'application de l'éponge chaude; cette hyperesthésie est plus marquée en un, deux ou trois points, qui sont la région cervicale supérieure, le milieu de la région dorsale et la région lom^ baire.

Le patient ne peut marcher le plus souvent qu'à l'aide d'une canne, ou en s'appuyant sur les objets voisins. 11 tient ses pieds écartés pour élargir sa base de sustentation Comme il y a presque toujours une jambe plus faible que

l'autre, le malade chancelle un peu, soulève à peine le pied du sol. La raideur du rachis, Fécartement des jambes, le chancellement lui donnent l'aspect d'un homme qui marche les yeux bandés. Il a habituellement beaucoup de peiue à monter et surtout à descendre les escaliers; il se tient à la rampe, et met les deux pieds en même temps sur une marche.

C'est aux membres inférieurs que la diminution de la motilité est le plus considérable, mais elle n'atteint pas également les deux membres. Elle est ordinairement plus marquée sur les extenseurs que sur les fléchisseurs; le muscle extenseur du gros orteil est plus spécialement frappé. Il y a rarement une paraplégie complète, si ce n'est au bout de plusieurs années; la paralysie est dans tous les cas d'abord partielle et incomplète, à moins qu'il n'y ait au moment de l'accident une violence considérable, occasionnant directement une grave lésion.

Aux membres supérieurs, les troubles de la motilité sont moins fréquents ; cependant les muscles de la paume de la main, du pouce, et les fléchisseurs des doigts peuvent être affectés.

La miction et la défécation se font presque toujours d'une façon normale. Il y a seulement chez quelques malades une plus grande fréquence des mictions ; jamais il n'y a eu d'incontinence des matières fécales ni des gaz.

La puissance génitale et les désirs vénériens sont ordinairement très affaiblis, et souvent anéantis. Cependant il n'en est pas toujours ainsi; la femme d'un blessé avorta

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