‹ La nevrose traumatiqueChapitre 5 sur 14 · TROUBLES FONCTIONNELS DE LA MOELLE ÉPIN1ÈRE · texte numérisé non relu

TROUBLES FONCTIONNELS DE LA MOELLE ÉPIN1ÈRE

deux fois dans l'année qui suivit l'accident arrivé au mari. Jamais on n'a observé de priapisme.

Les troubles de la sensibilité constituent un des symptômes les plus constants et les plus accentués. Dans beaucoup de cas, il y a de la douleur et de l'hyperesthésie dans les membres, surtout à la première période. Le patient se plaint de ressentir des élancements, des coups de couteau, un choc électrique, une impression de chaleur brûlante. Après un certain temps, ces sensations font une place à d'autres : fourmillements, piqûres d'aiguilles. Ces sensations sont parfois limitées à un seul nerf d'un membre.

L'engourdissement, l'anesthésie plus ou moins complète, peuvent exister seuls ou être associés à ces diverses sensations ; l'engourdissement peut être limité à une portion d'un membre ou envahir un ou plusieurs membres dans toute leur étendue.

Le refroidissement des extrémités est fréquent; il est ordinairement perceptible au toucher et appréciable au thermomètre, mais parfois il est purement subjectif; le malade accuse très nettement cette sensation, alors que le médecin constate que la température est en réalité normale.

Erichsen fait remarquer que les muscles peuvent conserver leurs dimensions chez des malades qui sont plus ou moins complètement paraplégiques depuis des années. Mais c'est là une exception, et presque toujours la paraplégie s'accompagne d'un certain degré d'atrophie. Habituellement, les muscles deviennent en même temps flasques et mous ; quelquefois il y a au contraire de la contracture, Cette

contracture a été notée sur les fléchisseurs du petit doigt et de l'annulaire/ l'extenseur du gros orteil, le deltoïde, les muscles du mollet (1).

A ces symptômes que l'on peut regarder comme étant sous la dépendance d'un état pathologique de la moelle, il se joint, chez la plupart des blessés d'Erichsen, des symptômes cérébraux décrits dans le chapitre précédent. Réciproquement, il y avait chez beaucoup de malades que j'ai observés, à côté des symptômes cérébraux prédominants, quelques-uns des symptômes qui viennent d'être indiqués d'après la description d'Erichsen : difficulté de la marche, parésie, troubles de la sensibilité. Il ne s'agit pas là de symptômes nettement caractérisés, traduisant exactement l'abolition ou le désordre des fonctions d'une région quelconque de la moelle, et on peut même se demander si ces symptômes ne sont pas exclusivement d'origine encéphalique. En tout cas, rien ne démontre qu'il y ait eu extension d'une lésion du cerveau et des méninges encéphaliques à la moelle ou à ses enveloppes.

Erichsen admet, comme nous l'avons vu, que cette exten-

(1) Herbert W. Page a étudié le même sujet dans un travail plus récent qui repose sur 234 observations {Injuries of the spine and spinal cord without apparent mechanical lésion, and nervous shock, in their surgical and medico-legal aspects, 2e édition, 1885). Il a observé les mêmes symptômes qu'Erichsen ; mais il n'en donne pas la môme interprétation. Il pense que souvent il n'y a pas d'inflammation ou d'autres lésions de la moelle et des méninges; la raideur et la douleur du rachis seraient sous la dépendance d'une entorse ou d'une autre affection des articulations vertébrales; les troubles de la sensibilité et de la motiiité des membres résulteraient d'un traumatisme ayant porté directement sur ceux-ci,

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