‹ La nevrose traumatiqueChapitre 6 sur 14 · TROUBLES FONCTIONNELS DIS LA MOELLE ÉPINIÈRE · texte numérisé non relu

TROUBLES FONCTIONNELS DIS LA MOELLE ÉPINIÈRE

sion se fait de la moelle au cerveau, ou des méninges rachidiennes aux méninges encéphaliques, et c'est ainsi qu'il explique les symptômes cérébraux chez ces blessés. J'ai vu un homme chez lequel les symptômes cérébraux se sont en effet manifestés consécutivement à une lésion de la moelle. Voici cette observation. Il est à remarquer que cet homme ne demandait pas d'indemnité, et que par conséquent il n'y a pas lieu de soupçonner de sa part la simulation ou l'exagération.

Observation VIII.

Examen le 6 septembre 1886. — Le sieur H..., âgé de trente-cinq ans, est bien constitué, et assure avoir toujours joui d'une bonne santé jusqu'au moment de l'accident dont il a été victime. Cet accident est survenu le 22 mars 1885. H... a été renversé par une poutre en fer, qui lui est tombée sur le bas-ventre. Il a été atteint aiusi d'une fracture de la colonne vertébrale à la région lombaire, et très probablement aussi d'une fracture du pubis. Admis à l'hôpital, il y est resté en traitement pendant trois mois, présentant tous les symptômes d'une lésion traumatique de la moelle épinière. Il était atteint d'une paraplégie complète, lui permettant seulement quelques mouvements des orteils ; d'une paralysie de la vessie qui a nécessité l'emploi d'une sonde à demeure pendant neuf jours, d'une constipation absolue, une garde-robe n'étant obtenue qu'à l'aide de lavements donnés une fois par semaine. Tous ces symptômes se sont amendés assez rapidement pour que le blessé

ait pu reprendre du travail au commencement du mois d'août 1885.

Les blessures n'ont pas laissé de traces extérieures nettement appréciables aujourd'hui; la colonne vertébrale ne présente pas de déviation, et l'on constate seulement que la pression détermine une assez vive douleur au niveau de la première vertèbre lombaire, dont l'apophyse épineuse paraît moins saillante qu'à l'état normal. De même la pression sur la partie médiane du pubis est très douloureuse, sans qu'on constate toutefois de déformation ni de traces de cal. La motilité et la sensibilité des membres inférieurs sont intactes ; la marche s'effectue d'une façon normale. La miction s'accomplit bien, sauf quand le malade a supporté une fatigue inusitée. Les érections ont reparu depuis un mois environ.

Mais le sieur H... est atteint d'autres troubles de la santé, qu'il ne signale pas de lui-même, et qui n'ont apparu que tardivement, se sont développés lentement, à mesure que disparaissaient les conséquences directes et immédiates de l'accident. Ils intéressent en première ligne les fonctions cérébrales. Le sieur H... se plaint de ressentir un mal de tête, siégeant presque uniquement à la partie postérieure du crâne, continuel, sourd et'peu violent, mais avec des exacerbations .assez fréquentes ; il est pris aussi d'étourdissements, de vertiges, voit des précipices devant lui, etc. Depuis qu'il a repris du service à l'usine où il était employé, on lui a confié un poste dans lequel il n'a qu'à distribuer aux ouvriers les outils qu'on vient lui demander.

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