‹ La nièce supposée: comédie en trois actes et en yersChapitre 12 sur 32 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les ufiHEs , LE CAPITAINE.

LE CAPITAINE , g«tment:

A la fin.

Après être resté seul depuis ce matin , J'aurai donc le plaisir de tous trouver ensemble. Heureux, cent fois heureux le jour qui nous rassembler Des hommes , mes enfans, je suis le plus joyeux. M<A fils est de retour» et bientôt à mes yeux 11 va donner la main à mon aimable nièce.

Je veux pour cette noce oublier ma vieillesse Et ma goutte , morbleu ! c'est que réellement On ne saurait trouver de couple plus charmant. Dermont s'est bien formé dans son petit voyage» J'ai pris pour l'élevei!' le parti le plus sage; 'J'ai Toulu qu'il connût la mer ainsi que moi; Qu'il fût sur l'eau six ans; ce n'est pas trop , je croiH* J'en ai bien passé vingt sur mon vaisseau de guerre#

LAURE

On s'en aperçoit bien^ et votre ton sévère. r..

9i lA NièCF SUPPOSÉE.

LE CAPITAmE.

Oui» par le souvenir d'un long commandement^ Ce que j'ai résolu , je le veux fermement; On me met en fureuir si l'on me c<mtrarie :

Mais quand on m'obéit, ma figure est polie* Et si d'un vrai marin j'ai conservé l'humeur^ Ma nièce sait trop^ bien que deux mots de douceur Apaisant les efiets de ma mauvaise tête , Font bientôt succéder le calme à la tempête.

LAITRE.

Pas toujours^

LE CAPITAINE

Eh bien , soit , je me corrigerai.

C'est m'y prendre un peu tard , nuii»^ enfin j'essairai. Le plaisir que me &it votre heureux mariage Va chasser de chez moi la bourrasque et l'orage

ANDRÉ

Ah I que le ciel l'entende l

LE CAPITAINE, brusquement.

' ' Hein ? que dit-il tout bas ?

ANDRÉ. '

Est-ce que j'ai parlé , Monsieur? je me crois pas.

LE CAPITAINE

Pour notre déjeuné va voir si tout s'appréle , Paresseux.!

ANDBÉ , bas en sortant.

Il disait qu'il deviendrait honnête; Ça commence assez bien » il faut en convenir.

LE CAPITAINE

C'est dans le pavillon que je vous fais servir. Au bout du parc. De là , je vois la tner en face; Aussi que je m'y plais ! pas un vaisseau ne passe , Morbleu ! qu'il ne tae donne un battement d^ cœur.

COAHËDIE. " aS

Mes chers enfans , c'est là que de votre bonheur Nous fixerons le jour, les apprêts de la fête, Le bal et toul le train. J'en ai le plan en tête. Ou je me trompe fort, ou Dermont est pressé.

DERMONT

Mon père... (Bas). AJi I je suis bien plutôt embarrassé.

LE CAPITAINE, à Laure.

Et la jeune future? Ah ! tu rougis , ma chère!

LAURE

Mon oncle, point du tout. /'^a^/ Que résoudre? que faire?

LE CAPITAINE

Sainville ? regardez ces deux jeunes amans ; Ils ne se parlent pas , mais leurs yeux éloquens S'expriment à merveille et savent beaucoup dire.

SAINVILLE

C'est un tableau touchant. (Bas). Je souffre le martyre.

EUGÉNIE, à part.

S'il n'était mon mari, j'aurais peur cependant.

LE CAPITAINE

Ahl quel plaisir! ici tout le monde est content!.... Aïe ! aïe !... au diable soit cette maudite goutte ! Seul j'aurai de la peine à me remettre en route. D'un de vous, pour marcher, j'aurai besoin, je croi*

EUGÉNIE, s'avançant tout à coup.

Monsieur, si vous vouliez vous appuyer «ur moi.

LE CAPITAINE, se retournant.

Te vpilà , ma petite ?

EUGÉNIE

Oui.

a4 ' LA NIÈCE SUP POÉ

LE CAPITAINE

Sois la bien-^venuei.

LAURE

Ah ! mon o^cle , de vous elle est déjà connue? C'est la première fois que nous la rencontrons.

LE CAPITAINE

Je vous la recommande. Ohl nous nous connaissons.,

DERMONT, k part.

A peine je respire.

LE CAPITAINE

Allons, ma bonne amie, ' 4'accepte ton secours. Elle est , ma foi , )olie. . Viens , donne-moi le bras.

EUGÉNIE, bas à Dermont.

^ Comme il me reçoit bien»

DERMONT

Silence*

SAINVILLE, conduisant Laure.

Est-il epcor, pour rompre ce lien.

Quelque recours heureux? Parlez.

Il faut se taire.

LE CAPITAINE, s'appuyant sur Eugénie.

Parbleu I mon conducteur en tout potnt sait me plaire^ Je veux à sa santé boire de tout mon cœur, Et versé de jsa main mon vin sera meilleur.

DERMONT , les regardant marcher.

Doux moment ! la voilà d'elle-même étabKe.

Ma foi, laissons- la faire. O! ma chère Eugénie , . Ta présence en ces lieux m'était d'un grand secours;; Un seul de tes regards vaudra tous mes discours..

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