‹ La nièce supposée: comédie en trois actes et en yersChapitre 13 sur 32 · SCÈNE IL EUGÉNIE, MARGUERITTE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL EUGÉNIE, MARGUERITTE

EUGÉNIE, accourant.

Ma chère Margueritte, ah! qvie je suis contente!

MARGUEKITTE.

Oui?

EUGÉNIE;

Vous ne serez plus long-temps encor ma tante. Le père de Dermont e$t charmant aujourd'hui^

MARGUERITTE

Vous avez ce m.atiQ vu le capitaine l

EUGÉNIE

Ouï.

J'ai soutenu ses pas le long de l'avenue.

Il m'a fait un sourire aussitôt qu'il m'a vue i Avec lui j'ai causé pendant tout le chemin ; Il m'écoutait , par Cois il me prenait la maiçi y

a6 LA NIÈCE SUPPOSÉE.

Nous étions bons amis , et son air, sa figure

Ne m'ont pas un instant fait peur, je vous assure.

Une fois arrivés au petit pavillon ,

A table il s'est assis , j'ai voulu sortir : non ;

Il m'a voulu garder , là , près de lui , sans cesse ^

M'ofTrant ses plus beaux fruits; Dermont avec tendresse

Nous regardait tous deux , et retenait ses pleurs ,

Quand son père m'a dit : j'aime beaucoup les fleurs;

Paf mon ordre souvent André les renouvelle

Dans le salon; mais bon, sa maladresse est telle»

Qu'en ta faveur je vais supprimer le coquin.

C'est toi , ma chère enfant , dont la gentille main Fera de mon salon le plus joli parterre.

Je te fais du château la grande bouquetière.

— Monsieur, bien obligée, et je vais de ce pas M'acquitter de ma charge. Alors dans ses deux bras Ce bon père me prend , et devant tout le monde M'embrasse; et puis me fait embrasser à la ronde. Ah ! quand de mon mari le tour est arrivé , Vous auriez rî vraiment de son air réservé.

Il n'osait pas, tremblait jusques au £Dnd de l'âme; Il a rougi > ma chère, en embrassant sa femme.

MARGUERITTE

Oh ! quel plaisir me fait tout ce que j'apprends là !

Mais à votre mari j'avais prédit cela.

Au capitaine, en tout soyez sûre de plaire.

Vous ne vous doutez pas à quel point je suis fière

S'être la confidente ici de vos secrets.

Quand pourrai-je bien fort m'écrier : je savais

Qu'ils étaient mariés ; pourtant j'ai su me taire ;

Moi seule , j'ai conduit cette importante afiaire t

Quand pourrai-je prouver aux gens de la maison ,

Où toujours d§ bavarde on me donne le nom p

COMÉDIE. ay

Que ma discrétion de leurs discours me venge I Quand pourrai-je parler ! la langue me démange.

EUGÉNIE

Adieu y j'ai TU des fleurs à quelques pas d'ici. Je veux qu'à son retour il se trouve obéi , Que de tous mes bouquets il admire la grâce , Et d'avance au salon je vais prendre ma place.

MARGUERITTE

Oui ; mais le capitaine en de tels entretiens Pourrait vous deviner.

EUGÉNIE, en SOI tant.

A présent , je le tiens.

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