‹ La noblesse d'Armagnac en 1789Chapitre 7 sur 37 · DE LA NOBLESSE AUX ETATS GENERAUX · texte numérisé non relu

DE LA NOBLESSE AUX ETATS GENERAUX

Nous, Paul, Marquis d'Angosse, Maréchal des Camps et Armées du Roi, Grand Sénéchal, Gouverneur d'Armagnac, étant arrivé d'Auch, où nous nous étions rendu, en consé • quence des Ordres du Roi, dans la présente ville de Lectoure, cejourd'hui 22 mars 1789, ayant appris que Messieurs les Commissaires avaient achevé ce matin la rédaction du Cahier des doléances de la Noblesse, nous avons fait avertir tous Messieurs de se rendre dans la salle accoutumée, où Messieurs s'étant rendus à quatre heures de relevée, et chacun ayant pris sa place, M. le Secrétaire de l'Assemblée a commencé la lecture du cahier dont l'examen a été fait par l'Assemblée article par article. Et advenu l'heure de neuf heures du soir, avons renvoyé la séance à demain matin à neuf heures.

Signé : Le Marquis d'Angosse, Président; de Vie, Secrétaire de la Noblesse.

Et advenu neuf heures du matin, cejourd'hui 25 mars, nous, Marquis d'Angosse, avons fait continuer la lecture et examen du Cahier, et ensuite Messieurs de la Noblesse du pays de Rivière Basse ont fait leur protestation dans les termes suivants :

Nous, soussignés Nobles du pays de Rivière Basse, jadis bas Comté de Bigorre, déclarons qu'en nous rendante l'Assemblée de la Noblesse de la Sénéchaussée d'Armagnac, pour obéir aux Ordres du Roi, nous n'avons pas entendu porter atteinte à nos droits et franchises dans lesquelles nous demanderons au Roi et à la Nation assemblée d'être réintégrés : et nous prions M. le Sénéchal de vouloir bien ajouter notre présente déclaration au procès- verbal qui sera rédigé des opérations de l'Assemblée et nous en donner acte.

Fait à Lectoure, le 22 mars 1780.

Signé: MM. le Marquis de Franclieu; le Président d'Fspagnet {lisez d'Espaignet), Magné de Salanave, procureur fondé de M. Magné, Seigneur de Sombrun (lisez Maigné de Salenave), et M. de Tauzia, Seigneur de Yillefranehe; le ^ icomte de Franclieu, procureur fondé du Baron de Franclieu et des Demoiselles de Franclieu, co-Seigneurs de Caussade, de M. le Baron Dantin Dars [lisez d'Antin d'Ara , Seigneur de Sauveterre; de Prilé Baron de la Grâce (lisez dePrialc); de Pujo, Baron deLengros; le Baron de Saint- Julicn Calmzac-Perron (lisez Cahusac); Ducfes; de Goux (Usez du Goût); Cantan dellournex; de Pujo Baron de Lengros, procureur fondé de M. de Pujo Labatut, Seigneur de Ju.

Et advenu l'heure d'une après-midi, avons renvoyé la séance à cette après-midi, à quatre heures.

Signé: Le Marquis d'Angosse, Président; de Vie, Secrétaire de la Noblesse.

Et advenu l'heure de quatre après-midi, ledit jour *2Ô mars, nous, Marquis d'Angosse, nous sommes rendu dans la salle d'Assemblée, où tous Messieurs s'étant rendus l'heure de surséance passée, la lecture du cahier des doléances a été continuée et achevée ; et l'examen en ayant été fait avec soin, ledit cahier a été approuvé, arrêté et signé par l'Assemblée, et nous avons renvoyé à demain, à huit heures du matin, pour procéder à la nomination des scrutateurs, et ensuite à celle du député qui doit représenter la Noblesse des Sénéchaussées réunies d'Armagnac et de l'Isle- Jourdain aux Etals Généraux.

Signé : Le Marquis d'Angosse, Président; de Vie, Secrétaire de la Noblesse.

Advenu l'heure de huit du matin, tous Messieurs arrivés, et l'heure de surséance passée, nous, Marquis d'Angosse, avons proposé de procéder en la forme prescrite par l'art. 47 du Règlement à l'élection des trois scrutateurs, et l'Assemblée ayant applaudi, MM. le Vicomte de Grossoles, le Comte Dubarry [lisez du Barry) et le Marquis de Franclieu, les trois plus anciens d'âge de l'Assemblée, s'étant placés sur le bureau, on a procédé de suite au scrutin pour la nomination des scrutateurs, et les billets ayant été vérifiés par

ces trois Messieurs, il s'est trouvé que M. le Marquis de Franclieu, M. de Saviac et M. de Catellan, Avocat général, avaient réuni le plus grand nombre des suffrages et avaient été nommés scrutateurs, et ces trois Messieurs ayant pris leur place auprès du bureau, il a été procédé de suite à l'élection du député qui doit être chargé par la Noblesse des deux Sénéchaussées réunies de les représenter aux Etats Généraux. Et tous les scrutins ayant été faits et vérifiés par les scrutateurs en la forme prescrite par l'art. 47 du Règlement du 24 janvier, il s'est trouvé qu'au troisième scrutin le plus grand nombre des suffrages s'est réuni en faveur de M. le Marquis d'Angosse, Maréchal des Camps et Armées du Roi, Grand Sénéchal, Gouverneur d'Armagnac1.

Ladite nomination du député élu ayant été annoncée à l'Assemblée à haute et intelligible voix par les trois scruta-

1 Les suffrages furent sur le point de se porter sur M. de Catellan. Marquis de Caumont, Avocat général au Parlement de Toulouse, connue on en voit la preuve dans une lettre conservée en original du marquis de Faudoas, commandant pour le Roi en Armagnac, datée de Nogaro, par Auch, le 29 mai 1789, adressée à M.Necker. Après de longues déclamations contre les intrigues des gens de robe, membres des parlements, juges inférieurs et avocats, M. de Faudoas ajoute : « A cette Assemblée << de Lectourc, un Avocat général et un Conseiller du Parlement de Tou- « louse, tous deux bons sujets, ont intrigué également, mais avec plus « de réserve, pour se faire élire par la noblesse. » Pour bien comprendre le sens de cette phrase dans la bouche du Commandant en Armagnac, il faut se rappeler que M. de Catellan avait été enfermé au château de Lourdes en 1787, pour avoir conclu, comme Avocat général, contre l'enregistrement des Ordonnances de M. de Brienne, relatives à la Cour plénière; son nom était donc très-populaire alors, et, par cela même, peu accepté par l'auteur de la lettre en question. « Leurs intrigues, continue « M. de Faudoas, auraient gagné la plus grande partie des voix pour « l'Avocat général, si un de ces intrigants n'avait indigné l'Assemblée << en se mettant trop à découvert. Cela iî t retourner du côté de M. d'An- « gosse, Sénéchal, les voix qui avaient été gagnées par les deux magis- « Irais; presque partout, Monsieur, les intrigues et cabales ont fait la « plus grande partie des députés »

tours, nous, Marquis d'Angossc, Président, avons déclaré l'Assemblée de la Noblesse terminée, et avons annoncé que nous convoquerions une Assemblée Générale des trois Ordres cette après-midi, à cinq heures de relevée, pour faire recevoir publiquement le serment qui doit être prêté par les députés des trois Ordres. Et avons ainsi clôturé le présent procès-verbal de l'Assemblée de la Noblesse, que nous avons signé avec MM. les Secrétaires de ladite Noblesse et MM. les Commissaires du même Ordre.

Ainsi arrêté, le 24 mars 1789, à deux heures après-midi.

Signé : Le Marquis d'Angosse, Président ; Saint-Géry, Président élu; le Comte de Thermes, Sous-Doyen; de Vie, Secrétaire de la Noblesse; Lascaban, Secrétaire de la Noblesse; Bastard, Commissaire; le Baron de Saint-Julien, Commissaire; Catellan; Dalbis de Belbeze (lisez d'Albis); le Comte de Medrano, Commissaire.

Collationné sur son original, remis devers le Greffe de la Cour et certifié véritable par nous, Greffier en chef, sous-

signe.

A Lectoure, le 27 mars 1789.

Signé : Cézeiuc.

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