BARONS ET VASSAUX
« Tant entre barons et chevaliers que bourgeois et ruraux, les héritiers succéderont en leurs héritages, selon la coutume de Paris.
« Nuls barons, chevaliers ou seigneurs ne pourront ordonner le duel en leur cour de justice, excepté pour les crimes de trahison, de vol et de rapine.
« Le comte est tenu de garder envers les barons de France et autres auxquels il a donné des terres en ce pays, l'usage et la coutume qui s'observe en France, autour de Paris, touchant les plaids, les jugements, les dots, les fiefs et les devoirs féodaux.
« Même jour, 1 er décembre 1212. »
CESSION DES VICOMTES DE MSMES ET DAGDE A SIMON DE MONTFORT, PAR LE VICOMTE BERNARD-ATON.
Au nom du Seigneur, et l'an de sa nativité 1214, le roi Philippe régnant, et le 5 des noncs de mai, moi, Bernard-Aton , Gis de Bernard -A ton, autrefois vicomte de Nismes et d'Agde, et de Guillermette son épouse , sans y être contraint par la force ni par dol , ou induit par la crainte, etc., donne, délivre, concède, et lègue entière-
ment et à perpétuité , les transférant directement , sans excepter aucun des miens, par ce titre qu'on appelle donation entre-vifs, complète et sans réserve, à vous, seigneur Simon, comte de Leycestre, vicomte de Béziers et de Carcassonne, et à vos héritiers, afin d'en disposer selon vos volontés, à savoir : tous actes, requêtes, honneurs, prescriptions, protections réelles, personnelles et y attachées, à moi légitimes ou s'étendant à moi, et généralement tous droits corporels et incorporels, généraux et particuliers, ordinaires et extraordinaires, à moi compétents, sur cet Etat, soit la ville de Nismes, ses rues et maisons, et les châteaux élevés dans la vicomte ou évèché de Nismes et ses limites ; et aussi sur l'Etat, soit la ville d'Agde avec ses rues et maisons, et les châteaux dans la même vicomte, ou élevés dans l'évêché d'Agde et ses limites , et sur les villes ci-dessus dites, soit vicomtats, épiscopats à moi appartenant ou devant m'appartenir; la souveraine juridiction sur les personnes ou sur les biens, et généralement sur toutes choses , en la situation où elles étaient sous mon père, comme moi-même je les ai prises après lui , et comme elles ont été maintenues de tout temps ; et de ces droits et privilèges, tous et chacun, je me démets directement, et vous en investis de pleine et parfaite autorité, etc. Or, je déclare spécialement qu'en faisant cette cession et donation de tous les avantages sus-mentionnés à vous, S. comte, plus haut nommé, et aux vôtres, je sais ce que je fais, ayant pris conseil des plus doctes en matière de justice, au sujet de la substitution accomplie entre mes prédécesseurs et les vicomtes de Béziers, laquelle porte que tout ce que dessus énoncé, c'est-à-dire Nismes avec son évêché et ses dépendances, qui formèrent jadis le patrimoine de mon père, étaient, en cas de décès sans postérité, substitués, en vertu d'une promesse sincère et de bonne foi, aux successeurs du vicomte de Béziers ; et je m'oblige fermement , par cette stipulation en vigueur, à tenir Gdèlement et inviolablement ce que ci-dessus dit ; renonçant par le même serment à toutes et chacune clauses, dans le présent et dans l'avenir, qui s'y pourraient opposer , et particulièrement aux constitutions qui portent : les donations faites par insinuation ne sont pas valables ; et aux autres constitutions qui disent : toute donation peut se révoquer pour cause d'ingratitude : et à toutes autres constitutions promulguées ou -à promulguer, etc. Les actes sont déposés à Béziers , dans le palais du seigneur comte. Ont été admis comme témoins et ont donné leur avis, le seigneur Gui de Montfort, Pierre A miel de Béziers, maître Clarin, Théobald de Villeneuve, Foucauldde Versey, Lambert de Thurrey, Ferri d'Issi, Gaudric de Saus-
sure, Guarin de Amolio, Aimeric de Boffat, Arnould de Bodac, Jean, sou frère, Guiraud Martin. Le présent acte écrit par Bernard Martin, notaire public, requis à cet effet.
LETTHES Dl CARDINAL ROBERT DE COLRÇON EN FAVEUR