Un arrêt du conseil d*État de 1718 (cité par Héricourt
tenant en main^la feuille des bénéfices, était à Taise pour imposer ses conditions. Quand le comité ecclésiastique de la Constituante, soulevant tous les voiles, mit à nu le chiffre des pensions de tout genre payées sous Tanciea régime, on vit quelle part énorme était prélevée en impôts de cette nature sur les revenus ecclésiastiques. Voilà encore des abus qui nous étonnent. Nous trouverions aujourd'hui étrange, que Tarchevêque de Paris ou de Lyon fût obligé de prendre sur les ressources de son évêché de quoi établir dans le luxe, l'aisance, un quidam, deMarseille, de Toulouse pu de Quimper-Corentin. Pour rendre Tusage des pensions plus difficile et plus rare, la permission de les accorder était réservée au pape. Ilnesemblepas que. cette précaution en ait beaucoup diminué le nombre (1).
p. 575) nous apprend que le roi avait nommé l'abbé d'Estrées à l'archevêché de Cambrai,à la charge de 20 000 livres de peTisions viagères à payer à divers particuliers. Il mourut avantd'avoir reçu les bulles. Le cardinal de la Trémoille, son successeur, dut acquitter les pensions .
1. Nous trouvons aux archives(Pa/)/<5r5 du comité ecclésiastique de la Constituante, (D XIX,31 et seq.),le relevé d'une foule de pensions sur bénéfices payées à la veille de
riM^
Les bénéfices à charge d'âmes, les cures elles-mêmes, étaient sujets aux pensions. C'est là, d'ailleurs, qu'ellesétaient le mieux justifiées. On conçoit qu'un vieux prêtre, ayant quitté sa paroisse, demandât à son successeur une redevance pour assurer le pain de ses vieux jours. Les ordonnances (1) avaient pris ici de sages dispositions pour prévenir les abus. Le chiffre de la pension nepouvait pas dépasser le tiers des revenus dubénéfice, etildevaitresterau nouveau titulaire des ressources au moins équivalentes au chiffre de la congrue. Les résignanlsdevaient avoir desservi, au minimum, quinze ans la cure, à moins d'infirmités reconnues par l'ordinaire.
la Révolution. Tel prêtre jouit d'une pension de 2000 livres sur révêché de Vabres, lequel est très pauvre, et de 8560 livres sur l'abbaye de Saint-Guillain ; tel autre a 1900 livres sur un canonicatde Coutances resigné par lui, en outre de 550 livres sur la grande prévôté de l'église de Montauban. L'abbé G.ittebois des Noyers, attaché à l'ambassadeur de Vienne, a 2800 livres de pension sur le pauvre évêché de Lectoure et 5000 livres sur l'abbaye de Fécamp. L'abbé Godescard, secrétaire de l'arclievèque de Paris, a, outre quelques autres revenus, 5000 livres de pension sur Tarchevéché de Bourges. Unvicaire général d'Arras possède, outre ses autres bénéfices, 2000 livres de pension sur l'évéché de Condom, etc., etc.