‹ La nomination aux bénéfices ecclésiastiques avant 1789Chapitre 5 sur 17 · L'abbé Rathier(rrâ!*7^ de la disposition forcée des · texte numérisé non relu

L'abbé Rathier(rrâ!*7^ de la disposition forcée des

es LA rtOMINÀTiÔN Aux BENÉFIClés

Le courrier, dès son arrivée à Rome, s'empressait de remettre à son correspondant les mémoires dont il était porteur. Le même jour, toutes ces suppliques étaient déposées dans la boîte du dataire. Pour faciliter la réception des missives envoyées des quatre coins du monde, le préfet des dates avait fait pratiquer à son logis et à celui de son substitut une ouverture par où Ton pouvait jeter à toute heure les mémoires des candidats. A minuit sonnant, les requêtes étaient retirées et soigneusement marquées, pour prendre date à partir du jour qui venait de finir.

Quelle excitation parmi tous ces concurrents qui cherchaient à gagner de vitesse l'obtention d'un bénéfice! Plus d'une fois, pour être bons premiers, ils ne surent point résister à des

bénéfices^ 1780, p. 273) dit : «J'ai été consulté par des impétrants qui en avaient fait retenir jusqu'à trois cent soixante. » Les officiers de la Daterie entouraient, dit-il, les dates d'un secret impénétrable pour en faire prendre davantage. En 1772, lors de la vacance du prieuré de Bouzis en Vexin, les deux concurrents firent prendre quatre-vingt-cinq dates sur concurrence, sachant qu'elles s'annulaient. Seule, sur le désistement de Tun, la quatre-vingt-sixième date fut bonne.

AVANT 17è3 àd

tentations malheureuses. Le titulaire de tel bénéfice, vu son âge, ses infirmités, sa maladie, est très menacé de passer, à bref délai, dans un monde meilleur. Pourquoi, devançant son trépas, ne point se hâter de demander à Rome une succession qui va s'ouvrir ? Ce serait le moyen d'arriver à temps. Cet empressement avait pris dans le langagejuridiquelenom de courseambitieuse. Pour décourager ces ambitieux coureurs, il fut établi que la prévention en cour de Rome serait nulle toutes les fois que, entre la mort du titulaire et la provision obtenue, il n'y aurait point un délai suffisant pour que la notification du décès de l'ancien possesseur pût arriver au Souverain Pontife. Ce fut l'objet d'une règle dechancellerie appelée de verisimili notitia obitus. Mais combien de temps fallait-il aux courriers porteurs de ces précieuses suppliques pour gagner la ville éternelle ? Ce sujet a valu à la postérité de longs mémoires des avocats consul* tants de l'ancien régime. Il n'est pas jusqu'au grave Dumoulin (1), qui, dans son commentaire

1. Le commentaire de Dumoulin sur redit de juin 1550, rendu par Henri II, sur la question des dates, était célèbre, parmi les canonistes d'ancien régime.

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