‹ La nomination aux bénéfices ecclésiastiques avant 1789Chapitre 9 sur 17 · Institution du droit ecclésiastique · texte numérisé non relu

Institution du droit ecclésiastique

venu si fréquent que le peuple regarde les bénéfices comme un patrimoine que l'on donne à qui Ton veut et où les parents ontplusdedroit que les autres. » A la même époque, Thomassin écrivait : « Il n'y a presque pas de bénéficier qui fasse difficulté de se choisir un successeur et de disposer de son bénéfice presque comme d'un bien profane. (l)»Le temps ne corrigea pas cet abus. Un canoniste du dix-huitième siècle(2) dit que la résignation emportait le tiers des bénéfices.

Les parlements, qui prenaient toujours le parti des bénéficiers contre les collateurs, favorisaient de tout leur pouvoir les résignations en faveur. A cette fin, on avait été, malgré la défense du concile de Trente, jusqu'à autoriser ce qu'on appelait le regrès (3). 11 était posé en

1 . Ancienne et nouvelle discipline de l'Eglise. — Il était pourtant défendu à tel bénéficier, marié avant d'entrer dans les ordres,de résigner à ses enfants, « ne sanctuariumdomini contra sacrarum statuta canonuin, jure hereditariopossidèri videatur. »

Page 1