‹ La nomination des évêques sous la régime concordataire [microform]Chapitre 2 sur 18 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Depuis les premiers temps de l'Eglise jusqu'à notre époque, les formes usitées pour le choix des évêques ont subi de nombreuses variations. Aussi, pour bien comprendre les formes concordataires, leur origine et leur portée, il importe de jeter un long regard en arrière et de suivre l'évolution qui s'est produite au cours des siècles dans cet ordre d'idée.

Les premiers évêques, successeurs des apôtres paraissent avoir été recrutés par voie d'élection.

La question de savoir quelle est l'origine de cette pratique a donné lieu à deux opinions principales :

D'après MM. Imbart de Latour et Fustel de Coulanges, l'élection de l'évêque n'appartiendrait pas aux primitives institutions de l'Eglise ; elle se serait introduite relativement assez tard, vers la fin du iv^ siècle, en ce qui concerne la Gaule, et proviendrait de l'influence du régime municipal romain sur la société religieuse. Les évêques seraient devenus des magistrats, et comme ceux-ci auraient été élus par les comices. L'église se serait alors confondue avec la cité.

M. Esmein (i) considère avec raison, semble-t-il, cette opinion comme peu fondée et fait observer qu'à l'époque où MM. Imbart de la Tour et Fustel de Coulanges placent l'introduction des élections épiscopales, les élections municipales avaient perdu leur vitalité, ne se faisaient plus que dans la curie, se ramenaient le plus souvent à un simple roule- .ment entre les principaux curiales et que, par conséquent, elles ne peuvent avoir servi de modèle.

La seconde opinion, qui paraît plus vraisembla- .ble, est celle des auteurs allemands; elle fait dériver Féleclion de la coutume des anciennes communautés chrétiennes autonomes et démocratiques où l'assemblée des fidèles était l'organe du gouvernement.

Quoi qu'il en soit de cette origine, on constate qu'au V® siècle l'évêque de chaque cwitas est élu dans une assemblée du clergé et du peuple de la cité, présidée par les autres évêques de la même province. Là, le candidat était présenté au peuple par les clercs et, comme dans toutes les assemblées primitives, les assistants manifestaient leurs sentiments par des clameurs favorables ou défavorables.

L'élection ainsi faite, devait ensuite être confirmée par le métropolitain.

La caractéristique de cette période, c'est la liberté avec laquelle se font les élections ; le pouvoir impé-

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