‹ La normalienne en belles-lettres [microforme]Chapitre 36 sur 78 · Le vers souple et rythmé de Lafontaine · texte numérisé non relu

Le vers souple et rythmé de Lafontaine

Lafontaine est un maître ouvrier en style; de ce style qui possède tous les mérites, étudions deux particulières beautés : la souplesse et le rythme.

La souplesse du vers: Le vers de Lafontaine est souple; cela veut dire qu'il possède tous les tons rt tous les tours. C'est que l'artiste le moule sur ses visions. Lafontaine ne s'applique pas à faire des vers mais à rendre vivement sa vision, et il y réussit — Si bien, qu'il y à parfait équilibre entre ga pensée et sa parole, — si bien que son art d'écrire se confond avec son art de penser; et ses vers ainsi ajusté à sa vision, se font naïfs avec Jeannot lapin, éloquents avec le Paysan du Danube, majestueux avec l’Astrologue, ete., etc.

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154.—Le vers rythmé: Dans les vers de Lafontuine, le rythme se rencontre infiniment divers. Le rythme? ce charme des formes sonores et des formes mesurées admirablement acCcommodées aux choses à dire: — ce rythme d'art qui, avec convenance, fait IS vers, les couplets de vers, où plus longs ou plus courts, où plus sourds ou plus vibrants, selon le caractère des choses à dire. Pour attraper ce mérite, il faut être — l'artiste de goût qui devine l’harmonieux rapport des expressions avec les idées, — plutot que l’homme du métier, qui possède et la technique du vers et des habiletés d'écrivain.

Lire, comme exemples : Le lion et le moucheron, li mort et le bûcheron, Les lapins.

155.—La morale des fables. Lafontaine n'est pas le poète de l'héroïsme, encore moins celui des Ver- ‘:S chrétiennes, Le cri de sa leçon n'est pas: En haut les cœurs. Toutefois, le sage qui se forme à l'école des fables, est un homme assez avisé dans le commerce du monde, pour n'être pas la dupe des mines que les hommes se donnent pour fonder leur cuisine sur les naïfs: — Le sage est aussi un homme qui sait mettre prudemment son bonheur dans la modération de ses désirs, et dans la douce chose de l'amitié. — Pour l'éducation des enfants, il faudra toujours joindre aux fables les saintes maximes de \otre-Seigneur Jésus-Christ.

Causerie avec les jeunes élèves.

156.—Causerie avec les enfants de la petite école Sur une fable de Lafontaine. ‘Les enfants, observe Fénelon, aiment avec passion les contes: ne man. {UC/ pas de profiter de ce penchant. Quand vous ls voyez disposés à vous entendre, racontez-leur duclque fable courte et J0H6.:." Ta normalienne écoutera cette direction de Fénelon et le fera d’au-

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tant plus volontiers que Lafontaine se trouve faci-

E -: lement sous sa main, et qu’il abonde en fables ex-

4 cellentes; — ajoutons une autre raison: les fables

de Lafontaine renferment un vaste vocabulaire et

tous les tours de phrase que la grammaire et le gé-

nie français approuvent; elles abondent aussi en

idées pratiques sur la conduite des hommes. Par

| l'étude des fables, on le voit, la normalienpe initiera

2 L singulièrement l'enfant de l’école à la langue fran-

LV caise et à l’expérience de la vie si pleine de trom-

peries.

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