‹ La normalienne en belles-lettres [microforme]Chapitre 49 sur 78 · RER ROUEN · texte numérisé non relu

RER ROUEN

Tels qu'un grand troupeau de brebis que dissipent deux animaux féroces venus subitement dans une nuit ténébreuse et dans l'absence du berger, tels les Grecs intimi ‘és sont mis en fuite. Apollon jette parmi eux la terreur, et remplit d'intrépidité Hector et les Troyens. Alors règne le car. nage daus ces bataillons dispersés.

N. B. — Le familier noble, l'élégance dans l'épopée. La majesté répugne à ce qui est bas, mais bas n'est pas synonyme de familier. Il y a don: un familier suffisamment noble pour prendre place dans l'épopée. Ce familier se confond avec l'élé. gance. (Voir N° 141.)

205.—La beauté du mouvement, L'ime que l’emotion agite, anime son style tout comme son Corps. Les mouvements se sculptent dans les attitudes diverses qu'elle donne à son corps : elle brave, elle recule, elle bondit ; elle s'affaisse ; etc., ainsi il en doit ètre du style qu'elle crée pour interpréter ses pensées et ses passions et dans ses phrases de facture diverse, elle y transparaît avec ses poses infinies. L'animation du style nous est très particuli..rement marquée par les figures ct les rythmes dont le style mouvementé abonde. .

Les figures sont des tours de phrases dont le manuels de littérature nous parlent amplement.

Les rythmes sont ces successions de phrases plus ou moins périodiques, plus où moins coupées, plus où moins elliptiques, selon les inspirations de l'ime éprise de son objet.

Le secret du style mouvementé avec bonheur, i: voici :

(a)—C'est la connaissance parfaite des figures à ce point qu'elles soient familières à la plume «: l'auteur; c'est la science du métier chez l'artiste. pour une part notable, | . (b)—C'est la conteption nette et Passionnée de l'idée à exprimer. L'auteur. passionne. ses. idée:

deux reuse son!

mplit Car-

épomais

nettement conçues, quand il les change en visions pittoresques ou en visions dramatiques.

(ce) C’est la probité du style, cette sincérité d'ime qui, laissant aller la plume, arrive d’une naturelle allure au bel équilibre de la pensée et de son expression.

206.—N. B. — Le style déclamatoire: C'est un stxle mouvementé avec mensonge, c’est plutôt un style tourmenté. On sent qu'il n’y a pas correspondance sincère entre le style chargé de figures et les conceptions de l’esprit dont l’auteur semble se passionner, Ce style se magnifie, ronfle, mais laisse froid: C'est à se signe qu'il se trahit. La fougue littéraire n'est que dans les mots et les images; l’âme n'est pas secouée par l'émotion.

207.—La beauté du coloris. Ce charme du coloris dans l'épopée est celui des visions amples ou brèves et celui des comparaisons, coloris dont l'imagination, ou de création, ou d'expression possède le secret. — Ainsi l'imagination de création dont il est parlé aux N°30, 84, 37, répand dans l'épopée les visions esthétiques, drames ou tableaux, d’où naît le charme du coloris. — Ainsi l'imagination d'expression, dont il est parlé au N° 55 sème dans l’épopée des mots magiques et notamment ces traits pittoresques, ces waits dramatiques, visions brèves et intenses, d’où nait le charme du coloris: — ainsi l'imagination de création, ou d'expression, selon que l'écrivain insiste où non, prodigue tour à tour les tableaux, les dra-

mes et les éclatantes comparaisons d’où naît le charme du coloris.

Exemples.—Au chant III de l’Iliade, lisez ce larse tableau de la rencontre des deux armées des Trovens aux clameurs formidables avec les Grecs au siience menaçant.

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