SRE RUE CARS DIS DANTE | RE SAS
‘‘A peine les deux armées, leurs chefs à leur tête sont rangées en ordre de bataille, les Troyens tels que des nuées d'oiseaux s'avancent avec des cris perçants: ainsi s'élève jusqu'au ciel la voix éclatante du peuple ailé des grues lorsque, fuyant les frimas et les torrents célestes, elles traversent à grands cris l’impétueuse mer et portant la destruc. tion et la mort à la race des Pygmées, livrent en descendant des airs un combat terrible. Mais les Grecs, ne respirant que fureur et brûlant dans leur sein de se prêter un appui mutuel, approchent en silence. Comme l’antan hu: mide répand sur le sommet des montagnes un brouillard épais que redoute le berger et que le voleur préfère aux ombres de la nuit, brouillard si ténébreux que l'œil suit à peine la pierre lancée, ainsi s'élevait un tourbillon de poussière sous les pieds des troupes qui franchissaient la plaine d'un pas rapide. Lorsque les deux armées vont se joindre, Pâris....
Au chant VIIT de l'Iliade, lisez la description du bivouuc des Troyens vainqueurs.
‘‘Ainsi parle Hector; et les Troyens font retentir ces lieux de leurs acclamations. Aussitôt ils détellent les chevaux couverts de sueur, et chacun les attache vec de fortes courroies derrière son char. Ils amènent promptement de la ville les bœufs, les gras agneaux : apportent de leurs maisons le pain, la douce liqueur du vin, et rassemblent du bois: les vents élèvent jusques aux cieux des tourbillon: de fumée.
Les Troyens, animés d'un orgueilleux espoir, passent toute la nuit sous les armes, à la splendeur des feux dont la plaine entière est éclairée. Ainsi lorsque brille das le firmament le magnifique cortège des étoiles autour de la lune argentée, l'air sans nuages n'est point agité par les vents; tous les rochers, les sommets des montagnes, et les forèts revêtues de lumière se montrent à découvert ; la oûte éthérée déchire son voile et ouvre un champ immense : tous les astres rayonnent ; le cœur du berger est enchanté: tels les feux nombreux allumés par les Troyens brillent devant Ilion, entre les vaisseaux et les rives du Xanthe. \illke feux éclairent la plaine ; autour de chaque flamme sont assis cinquante guerriers, tandis que les coursiers, paissant l'orge et la blanche avoine, debout près de leurs rhars atte:lent que l’Aurore monte sur son trône superbe.
e gont 8 nuées s'élève s grues les tralestrucdescene respiièter un an hupuillard re iux suit à e pousplaine oindre,
ion du
tir ces es chefortes ent de rs mäient du [ons de
passent
X «ont aus le de la par les et les \ voûte >: tous 6 : tels devant \ille it ssis l'orge er dent
Exemples de visions brèves mais d'un frappant relief, au chant XV de l'Iliade, lisez est élan d'Hectoi contre les vaisseaux des Grecs.
Dans ce dessein, Jupiter pousse contre les navires Hector, déja rempli d'une ardeur indomptable. Le guerrier s'abandonne à toute sa rage; tel Mars secoue sa Jance ; ou telle, au sein des montagnes, la flamme dévaste une épaisse forêt. 1 bouche est écumante ; sous ses farouches sourcils ses yeux lancent des feux effrayants ; le ‘asque s’agite avec bruit autour du front d'Hector tandis qu'il combat. Jupiter, du
haut des cieux, le protège, l'élève et l'honore seul parmi tant de héros.
\u chant XXII de l'Iliande, lisez cette arrivée d'Achille sur le champ de bataille.
“’Priam, le premier, aperçoit le héros volant dans la plaine, “ss éclatant que l'astre qui se lève en automne et qui, dans une effrayante nuit et au milieu de nombreuses étoiles, ktte les feux les plus ardents ;: nommé le Chien de l’Orion, cest l'astre le plus resplendissant ; mais, signe funeste, il envoie aux malheureux mortels une flamme dévorante : ainsi,
dans la course du héros, l'airain de ses armes linçait des fenx.
\a chant IT de l'Iliade, lisez ce portrait du lâche Thersite, au physique et au moral :
“Tous étaient placés dans leurs rangs et assis. Le seul Thersite ne mettait point de fin à ses clameurs insolentes. Il etait accoutumé, sans qu'aucun frein l'arrêtàt, d'attaquer ls rois par des discours téméraires et indécents, sitisfait d'exciter, à quelque prix que ce fut, les ris de la multitude. Cétuit le guerrier le plus difforme qui fût venu devant Iion: louche et boiteux, ses épaules recourbées se rencontraient sur sa c\'rine; sa tête se terminait en pointe, il y ilottiit quelques heveux épars.
Au chant X de l'Iliade, lisez ee tableau du camp endormi de Diomède :
“Ulysse et Nestor arrivent près de Diomède, qu'ils trou- ‘it Ctendu tout armé hors de sa tente. Plongés dans le repos. ses braves compagnons l'entouraient ; leurs têtes n’aaient d'autre appui que leurs boucliers : auprès d’eux étaient enfoncées en terre leurs lances dont l'acier brillait dans l'éloisnement comme l'éclair du père des dieux. Le héros
es RE de coma ne
URL Eu RAI CUT A urnes él tte tie aus
dormait d'un sommeil tranquille, couché sur une peau sanglier; un tapis éclatant était déploye sous sa tôte, Vieux Nestor s'avance près de lui, le touche légèrement |: pied, et lui fait hautement ce reproche: Lève-toi, fils di Tydée: par quelle mollesse sav: res tu le sommeil toute l: nuit ?
208.—La comparaison et sa beauté, La raison, c'e une façon de dire s1 pensée che poëte qui n veut pas riconter mais qui reut { r voir et faire voir, non pas dans lu | rge splend.: des tableaux acherés, mais dans l'éclat bref et sox. dain de l'éclair. Ainsi, s'agit-il d'une action, porte ne la raconte pas dans un développement «ir. constancié, il en choisit le moment qui en mur le mieux le trait pittorésque, le trait saillant de ripidité, soit d'aud:ce, soit de tendresse et il donne par la comparaison la vision et la : tion vive de ce moment.
Dans ce cas, la comparaison est donc c me w coup d'œil bref du moment caractéristique de ! tion dans une lumicre intense. Et l'effet pitt
que est exquis. Exemples:—-Pour repr ent facilité avec laquelle Patrocle renv-rse où abat les héros troyens, Homère le compare un : cher à
la ligne, Chant XVI de l'Iliade.
Comme un pècheur assis sur roc h dan mer enlève hors des eaux avec sa 1 e | un énorme habitant du liquide em itr brillante pique, enlève du char ce : -rrier uchs il secoue la pique ; Thestor tombe, et son à: e1
Au chant V de l’Iliade, Homère peint 1 comparaison l’armée dans la poussière du om! t.
‘‘Comme des vases nombreux se :lanchissent de poridre dans une aire sacrée où les moisson -urs vannent le blé. et où les vents d:<bersent la paille :{5:e sous Îles yeux d: ja blonde Cérès qui la sépare du grain à leur souffle véhémint: ainsi les Grecs sont blanchis de la }: ussière qu'élèvent jusqu’à la voûte : s cieux les coursie volar dans la m'lée.
Vu chant XIT de l'Ilinde, Houière peint l'abon-
peau GE “ À ête d Je tiles lancés par les deux armées,
ment à um araison avec l: chute des neiges.
Bn- : Alors une gréle de pierres, lancée l'une part contre les oute là
liivens ct le l'autre contre les Grecs, vole avec fracas, se te dans les cirs; tout le lag dit mur règne un horrible
( tumulte, C'est asnai « lans li saison des frimas quand sk lip endort les aqu », et que, s’armant de ses traits, o tous les ge, des torrents de neize descendant UE Jr ie jusqu il en ait couvert les haut; sommets lend, es mor -agnes Cot x, les champs ferti, avec les et s vaux les jun * le oorts et les rivages Ae i; mer écuion, ne, les flat 8 sant ontre la terre, s'opposent es \ ces que Campagne en est blinchie ent cir- :
séolaue que .J lies ver du hair des cieux.
LIL : su : s ‘ “ ins at-il d'une passion, le potie ne retrace x ve ie abondante analyse, ce sentiment vio- | 1. Æ volue, mais il note de La situution passiontillie la plus pathétique et il en donne par ir “raison, la vision et la vive sens! m. Dans we (1 la comparaison est comme une instan- #4 is éblouissante d'une âme pas 6e qui | + , ; F ion. Et l'effet psychologique quis.
né los ‘insi Homère, pour dire son ut! ‘isse- -: " la mort du jeune Euphorbe qu: : mbe * coups de Ménélas, quand la vie lui sourit eus ses avantages, recourt, au Chant XVII de dan de, à la gracieuse Comparaison qui suit : Ménélas pousse la pique avec furie, et perce de part en art le cou délicat et tendre du Troyen, soudain renversé "ses armes bruyantes: ;: chevelure, semblable à celle râces, et dont les boucles étaient attachées par des it in * d'or et d'argent, est souillée de sang et de poussière. ni at. ‘me un bel olivier, tendre arbuste, cultivé par une main ile dans un lieu solitaire où jaillissent d’abondantes poudre tauX, porte au loin son heureux feuillage et balancé tour à blé. et ur par l’haleine de tous les vents, se blanchit déjà de ç de Îa fleurs, quand un tourbillon impétueux arrivé soudain le ément: déracine et l’étend à terre: ainsi l'illustre fils de Panthus nt jus- est immolé par Ménélas qui s'empresse à lui enlever ges m': lée. armes,
pet dti
name
je
Pr nés et 9 Qt meme adm ad .
Le»
Ainsi au chant II de l’Iliade, Homère rend sensible l'émotion d’anxiété de l’armée se rendant à l'assemblée, par les comparaisons suivantes avec li mer et le champ de blé.
‘L'assemblée est émue, comme les grandes vagues de l1 mer d'’Icare que les vents d’orient et de midi, élancés des nuages du père des dieux, soulèvent de leur souffle sonore ; ou comme l'aquilon, tombant avec impétuosité, agite un gucret immense et incline les épis: ainsi toute l’assemblée est émue. Ils courent à grands cris vers les vaisseaux ; un nuage de poussière, élevé sous leurs pieds, s'arrête dans les airs.
Au chant XIV de l’Iliade, Homère recourt à la comparaison pour dire en quelle perplexité se trouve le vieux Nestor.
‘Comme l'immense Océan, dans l'attente du vol impetueux des vents sonores, noircit ses vagues muettes, et ne les roule ni de l’un ni de l’autre côté jusqu’à ce qu’un tourbillon descendu par l’ordre de Jupiter détermine leur courxe, ainsi le vieillard balance en son âme agitée s’il se jettera dans la foule des Grecs’ qu'emportent leurs rapides chars, ou s'il ira trouver Agamemnon, chef des peuples.
ÀS-
LA TRAGÉDIE 159 sennt à CHAPITRE IX.
LE GENRE DRAMATIQUE de là \N' 209.—LA TRAGEDIE. Les origines classiques de la = des tragédie, nore : Les dionysiaques, le dithyrambe.
1 gué- Les poètes créateurs : E. :
PT — N° 210.—Thespis et le monologue, Î ntage N° 211.—Eschyle et le théâtre et le machinisme. y FE N° 212.—Sophocle et l'élément dramatique, l’in- | : trigue. Lil à la N° 215.—Erupide et l'élément psychologique. 1 ouve N° 214.—L'origine classique de la tragédie française. } N° 215.—La nature du poème dramatique. à À imp N° 21F —Les espèces du poème dramatique: le drame ro- il : mantique et la tragédie classique. : NH :
tour- T. A … fé Ass l Les trois différences. 3 6 | hr Nos 217 et 218.—La tranche de vie, et la crise ‘à Î Frs d'âme. 'È ne. No* 219 et 220.—Copions la nature et idéalisons LE le réel. 141 N° 221.—Les extraits et le tout. FI NV. B. — Mérites mélés généralement. | N° 222.—Les beautés du poème dramatique, Hi L'élément dramatique: Vaction et No 223, l'intrigue et la source des péripéties. , N° 224.—L'élément psychologique, et No 225. Les JE Caractères. j No 226.—Les couplets, No 227, le couplet épi- | que. LÉ
N° 228.—Le couplet lyrique, les éclairs lyriques. N° 229.—Le couplet psychologique.
N° 230.—Le couplet pittoresque.
N° 231.—Le couplet oratoire.
No 232.—Je style dramatique. Vers Cornéliens. N° 233.—Lectures recommandées.
N° 234. LA COMEDIE. Comédie, les mérites littéraires, et No 235, Les noms.
| Al Î LH
Me.
160 LA NORMALIENNE s