‹ La normalienne en belles-lettres [microforme]Chapitre 60 sur 78 · SERRE · texte numérisé non relu

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La fille du Seigneur pieusement s'asseoir, Ou dotant l'épousée, assistant l'indigene.

Ou sur les braconniers appelant l'indulgencr, ITumbert. — (la fixant du regard et s'adoucissant.) J'ai connu, je l'avoue un de ces nobles eurs, Une enfant dont la main a séché bien des pleurs— La Marquise. — Les enfants ont grandi! L'age métamor- [phose La figure indécise — et palit le teint rose : Mais mes veux en perdant leur rayon ingénu De leurs premiers regards n’ont-ils rien retenu ? cherchez — Retrouvez-vous ia petite compagne A qui vous apportiez les fruits de la montagne. Iumbert. — (se levant) C'était vous?

La Marquise. — C'était moi. Déjà robuste et grand vous m'aidiez d'un bras ferme à passer le torrent. Humbert. — Fier de mon doux fardeau sur les pierre: [humides De crainte de glisser marchant à pas timides, Je ne respirais pas qu'il ne fut déposé Sans que l’eau l’effleurât, sur le bord opposé. La Marquise. — Et vous rappelez-vous nos chasses à l'in- [secte.

Humbert, — Et nos moulins tournants dont j'étais l'ar- [chitecte.

La Marquise. -— Et les feux de broussailles Humbert. — Et vos livres si beaux que vous me faisiez lire à l’ombre des ormeaux.

La Marquise. — Que de choses depuis?

.Humbert, — Et pourtant je croirais Ces souvenirs d'hier (tant ils sont vifs et frais!) Jeunes émotions, à travers les années, Corime vous remuez l'âme où vous êtes nées.

231.—Les couplets oratoires: Ce sont de brefs discours, des tirades. Dans ces passages vibrants, le personnage ne se contente pas de faire connaitre sa pensée comme il suffirait de le faire pour les exigences de l'élément dramatique ; le personnage insiste sur rs raisons capables de convaincre son interlocuteur et de l'amencr à sa façon de vouloir ct de comprendre.

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Les tiradef abondent dans Racine et Corneille. Le discours d'Tphigénie à son père Agamemnon. (RACINE.)

Iphigénie,

Mon père :

Cessez de vous troubler, vous n'êtes point trahi: Quand vous commanderez, vous serez obéi.

Ma vie est votre bien; vous voulez le reprendre: Vos ordres sans détour pouvaient se faire entendre. D'un œil aussi content, d'un cœur aussi soumis Que j'acceptais l'époux que vous m'avez promis, Je saurai, s’il le faut, victime obéissante, Tendre au fer de Calchas une tête innocente : Et. respectant le coup par vous-mêmes ordonné, Vous rendre tout le sang que vous m'avez donné, Si pourtant ce respect, si cette obéissance Parait digne à vos yeux d'une autre récompense ; Ni d'une mère en pleurs vous plaignez les ennuis, J'ose vous dire ici qu’en l'état où je suis Peut-être assez d'honneurs environnaient ma vie Pour ne pas souhaiter qu’elle me fût ravie, Ni qu'en me l’arrachant un sévère destin Si près de ma naissance en eût marqué la fin. Fille d'Agamemnon, c'est moi qui la première, Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père ; C'est moi qui, si longtemps le plaisir de ves yeux, Vous ai fait de ce nom remercier les dieux, Et pour qui, tant de fois prodiguant vos caresses, Vous n'avez point du sing dédaigné les faiblesses. Hélas! avec plaisir je me faisais conter Tous les noms des pays que vous alliez dompter : Et déjà, d'Ilion présigeant la conquête, D'un triomphe si beau je préparais la fête.

Je ne m'attendais pas que, pour le commencer. Mon sang fût le prémier que vous dussiez verser. Non que la peur du coup dont je suis menacé:

Me fasse rappeler votre bonté passée :

Ne craignez rien, mon cœur, de votre honneur jaloux Ne fera point rougir un père tel que vous:

Et. si je n'avais eu ave ma vie à défendre J'aurais su renfermer un souvenir si tendre, Mais à mon triste sort, vous le savez, s’igncur.

VEN EDRES A

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