La nécessité des développements littéraires
Il en est qui crient avec une moue désagréable : "C'est de la rhétorique", quand l'écrivain d'idées livre sa pensée à une imagination créatrice de visions colorées et ardentes. Vauvenargues a, pour ces critiques, une pensée bien juste : c'est la marque d'un esprit pesant que de ne pas goûter la belle page ou l'éloquence rend populaire la pensée philosophique, en la peignant avec des traits fiers et hardis, en l'enveloppant de la splendeur d'expression. Le discours, enseigne Cicéron, doit frapper les sens de l'homme comme son esprit. — Un autre disait : La vérité de raison deviendra vérité populaire si d'abord on la fait vérité d'imagination.
Docile à ces directions, la normalienne ne se contente pas de parler à l'esprit par des considérations claires et correctes; elle voudra encore agréer et toucher en intéressant l'imagination et la sensibilité; et pour cela, elle étalera ses idées en visions esthétiques.