LES LECTURES DE L'INSTITUTRICE ET LA CRITIQUE LITTERAIRE
N° 162. — La nécessité de lire pour la maîtresse d'école et de faire des lectures qui soient comme des causeries avec les bons livres, grâce à l'art de la critique littéraire.
N<* 163. — L'art de la critique littéraire : La compétence du critique littéraire, de celui qui cause avec les livres et les façons de critiquer littérairement.
1 — La compétence du critique littéraire.
No 164. — Cette compétence, c'est le goût cultivé.
N» 165. — Les qualités de ce bon goût :
(a), la pureté du goût: la connaissance des théories du beau : pourquoi tint de formules.
No 166. — (b). La délicatesse du goût: la connaissance des œuvres littéraires pour faire les utiles comparaisons.
No 167. — (c). La sympathie du goût.
No 168. — A''. B. La raison, le bon sens, sa place souveraine dans la littérature.
§ 2 — Les écoles de critiques.
ou les façons de causer avec les auteurs.
No 169. — La critique esthétique. (La loi littéraire et la citation).
No 170. — La critique pittoresque. (Le symbole, la cause, le cadre).
No 171. — La critique psychologique. (D'après les écrits, quelle est l'âme de l'auteur : quelle est l'âme de ses héros).
No 172. — La critique bavarde.
LA critiqua: 109
CHAriTKE VI.
LES LKd IRES DE T/IXSTITLTRICE ET J.A (RITIQUK LITTERAIRE
162. — La nécessité de lire. T/institutrice est un être isolé de sa société : généralement, elle n'a pas autour d'elle des personnes d'égale culture, avec qui elle puisse causer à son propre avantage. C'est dommage ; car sans la conversation où il se fait un (•change d'idées, l'esprit s'étiole comme s'éteint la lampe dont la réserve d'huile se tarit. — L'institutrice corrigera ce malheur de son sort en causant avec nos amis, toujours vieux et toujours jeunes, les bons livres. — "C'est surtout par les livres, écrit Chateaubriand, que nous jouissons du commerce des esprits supérieurs. . . . Dans leurs plus beaux livres, les grands hommes nous parlent et nous donnent leurs plus })récieuses pensées.... Qu'importe que les heureux du siècle dédaignent d'entrer dans mon obscure demeure ! Si la Sainte Ecriture séjourne sous mon toit ; si ]\Iilton passe mon seuil pour me chanter le Paradis; si Shakespeare m'arrive et m'ouvre les secrets du cœur humain, je puis devenir un homme bien élevé." Ti 'institutrice qui, pendant ses loisirs, s'absorbe dans les bons livres, en sortira plus élevée; la causerie silencieuse a fait pénétrer davantage ses facultés supérieures dans le vrai, le bien, le beau.