aux nasales an, en in (ouvrez largement la bouche
on, un Couvrez peu la bouche).
3. — à Ve muet final, quand il est précédé de deux consonnes; articulez-le, mais à demi-ton; ainsi, vous prononcez aimable, ai-ma-bl (bl à mi-voix).
N.B. — Notez aussi ce petit secret de prononciation : on fait vibrer avec la voyelle qui termine une syllabe d'un mot, la consonne qui commence la
syllabe voisine, ou son iMjuivalente ; par exemple, })()iiv le mot cupitoliii , vous ne prononcerez pas:
ca — pi to — lin, mais vous prononcez cap — it —
ol — in; ainsi nation (t — ici, se prononçant s,) vous ne ])r()nonc(n'ez ]:>as na — sion, mais nas — ion.
5. — L'expression. C'est l'art de parler de manière à touclier. C'est une diction mélodique et r3'tlimique en vue d'agréer et de toucher.
N. B. — L'institutrice fait observer les règles de l'expression par les élèves dans la lecture expressive.
JjCs règles de la bonne expression se réduisent aux trois suivantes: Les cadences, les accents, le rythme.
6. — Les cadences. Ce sont des appuis de voix, des sons plus sonores et comme des modulations (jue le goût musical et la passion réclament, afin que la parole humaine soit colorée et vivante. Notons ces c;ul(Mu,'es qui sont au nombre de quatre : la directe, l'ascendante, la descendante et l'ondulante.
Ces suitc^s bien liées des cadences ou des modulations font de la })arole comme une mélodie enchanteresse.
N. B. — La cadence initiale et la cadence finale doivent régulièrement être des cadences descendantes, si vous les faites généralement directes ou ascendantes, votre déclamation paraîtra ou chantante ou lai-movant{\
7. — Les accents. Sur les mots de valeur ce sont les tons d^une voir plus intense ou plus atténuée, inspirés pur l'objet: ce sont des inflexions dont la voix se modifie sur les mots de valeur selon les passions que ces mots expriment "car chaque passion parle un différent langage". Ces intonations vocales sont le fruit des émotions sincères: on n'y arrive guèi-t^ par calcul. îl faut voir la chose à dire: Que
208 LA NOIi MALIEN NE
vois-je? — Avec la vision naîtra l'émotion; avec l'émotion éclatera l'accent.
Que vois-je? - Que vois-je? - H faut toujours en venir là pour bien dire ainsi que pour bien écrire. Entendez-vous, Normaliennes?
8.— Le rythme. Il résulte des pauses et des mouvements introduits dans le débit.
Les pauses. Ce sont des silences, des suspensions de voix, entre les parties de la phrase, ou pour mettre en relief les éléments de la phrase (pauses grammaticales), ou pour mettre en relief les mots de valeur, les mots de passion (pauses oratoires).
Principales pauses gramamticales (pour être bien compris).
(a)Après le sujet, s'il n'est pas un monosyllabe ; (b)— Entre le substantif et l'adjectif, si l'adjectif est chargé d'un régime;
(c)— Entre le régime direct et le régime indirect et les indirects d'espèce différente de temps, de lieux, de manières;
(d)— Avant tout nom propre peu connu.
Pauses oratoires, (pour agréer, ou pour toucher.) On les fait avant et après un mot de passion important.
9 —Les mouvements. Ce sont des ralentissements ou 'des accélérations de débit dont l'on nuance le mouvement général du discours, ou de la lecture expressive .
Ces mouvements sont réclamés par les passions qu'on exprime, ou par la chose que l'on depem t: on récite autrement l'effort de la résistance et la fuite des eaux, un rocher qui écrase, un torrent^ qui se précipite. Il faut voir; il faut voir les choses dites pour attraper le charme du rythme.
Les gestes.
10. — Les gestes. La gesticulation, c'est V expression de la pensée par les attitudes du corps, les mouvements des bras et des mains et les jeux de la physionomie. Ce langage, qui se fait entendre aux yeux, doit se parler avec élégance : on doit supprimer les gestes risibles.
Faites-vous un vocabulaire mimique, c'est-à-dire l'usage facile et élégant d'un certain nombre de gestes expressifs.
N.B. — Pour réussir les gestes si variés que l'interprétation du morceau réclame, la Normalienne devra s'appliquer à voir la chose à dire. Il faut que l'imagination la lui représente vivement. — Que vois-je ? — Que vois-je? — se demande la Normalienne.
L'insuccès du geste est hors de doute, si la vision manque.
Ce langage des gestes réclame trois choses. — La sculpture du personnage, les jeux de la tête et de la physionomie, les mouvements expressifs des bras et des mains.
II. — (A) Sculpter son personnage. Donner à son corps qui interprète l'àme qui l'anime, une beauté sculpturale, qu'est-ce cela? C'est faire prendre au corps l'attitude que le sculpteur doniierait à la statue, faite pour interprêter le passage pathétique à dire. L'art raffiné des attitudes du corps pour produire un effet de sculpture, c'est après avoir pris cette attitude esthétique, demeurer un peu de temps silencieux, puis dire lentement la phrase passionnante. Ainsi les yeux de l'auditeur aurait le temps de saisir la forme marmoréenne, et d'en éprouver l'effet pathétique.
12. — (B) La tête et la physionomie. Pour les jeux de la tète et de la physionomie, dont les yeux et les
!210 LA nor:malienni:
lèvres constituent l'élément essentiel, disons que lu Normalienne ne les fera ])as bien par calcul. Si elle se donne la vision de la chose à dire, elle y réussira.
Cependant annotons quelques mouvements de la tête :
Pour exprimer négation et improbation, l'affirmation ou l'approbation, elle oscille de droite à gauche, ou de haut en bas.
Pour exprinaer empire, ou arrogance, elle se pose droite et ferme.
Pour exprimer admiration, elle se dresse avec un regard tendu vers l'objet.
Pour exprimer horreur, effroi, elle se détourne de
l'objet.