La nature de Dieu, on la peut connaître
Les agnostiques (au sens étymologique du mot : ceux qui ne savent pas). Le philosophe agnostique
soutient que nous pouvons savoir avec certitude que Dieu existe, mais qu’au-delà de cette notion: Dieu
LA THÉOLOGIE - 178 a est, l'esprit humain se perd dans l’inconnaissable : les attributs de Dieu lui échappent absolument; et, ajoutent-ils, dans cette sphère de l'inconnu divin, l’homme ne peut former que des imaginations sur la nature de Dieu. Et voici la conséquence de l’agnosticisme : La seule religion que l’on peut établir, est une pratique de religiosité vague, et non pas une religion à formes liturgiques, reposant sur des données dogmatiques vis-à-vis les attributs divins. — Le philosophe agnostique enseigne donc que toute religion positive, toute religion qui possède un credo dogmatique et une prière liturgique précise, est un ouvrage d'imagination et non pas un résultat de démonstration; mais, à son avis, toute religion est bonne dès lors qu’elle donne à l’âme et à sa vague religiosité un aliment pieux. Ainsi, l’agnostique confesse qu'il y a un Dieu, mais il est l’inconnaissable et que toute religion est bonne, fût-elle le grossier fétichisme d'Afrique.
La vérité, c’est que l'homme s'élève à la connaissance des divins attributs; c’est qu’il se forme de ces attributs de puissance, de sagesse, et de bonté, une conception non pas adéquate mais suffisamment précise: C’est une vérité incontestable, les effets manifestent leur cause et nous donnent quelque idée de scs attributs. — Ainsi, la vue du monde ouvre à notre esprit un large liorizon sur Dieu; et, dans la lumière causale, nous apercevons la nature de. Dicu. Ainsi, l’idée divine n’est pas une suite d’imaginations mais une donnée acquise par démonstrations certaines.
Done, Dieu n’est pas l’inconnaissable, dit avec raison la philosophie catholique.
102.—La nature de Dieu? L'attribut distinctif et constitutif de Dieu qui est l’aséité et les excellences qui découlent de l’aséité, sont les éléments
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de l’idée que le philosophe se forme de la nature divine.
L'aséité: A-sé-ité, ce mot se dit de l'existence de Dieu et vient de deux mots latins a—s8e : de par soiméme; ce mot signifie que Dieu existe de par soi, (a-s8e) et non de par un autre, (ab alio). L'aséité est donc, chez Dieu, la prérogative de posséder l’existence de par son essence et non pas de par la libéralité d’un autre. L'aséité est l'attribut particulièrement caractéristique de Dicu, celui qui le met à part de tout autre être: celui dont aucune créature ne présente l'image et quelque analogie de similitude.
L'aséité est l'attribut constitutif de Dieu, c’està-dire celui par lequel l'esprit humain, selon sa façon d’apercevoir fragmentaire, se forme, se construit une idée de Dieu, comme d’un être d’où sortent d'inénarrables excellences.
104.—Les excellences qui découlent de l’aséité de Dieu: La spiritualité de ga substance ; — l’infinie mesure de ses perfections : — la stabilité de sa nature parfaite.
La spiritualité de sa substance. A raison du principe que la perfection de l'effet préexiste dans sa cause, je conclus que la substance divine est la plus parfaite des substances.
Et comme je constate parmi les substances qui subsistent de par la libéralité de Dieu, des substances spirituelles, et comme je reconnais volontiers que la matière est manifestement inférieure à l’esprit, je conclus que Dieu, l'être qui subsiste de par son essence, de par soi-même, (a -se), est un esprit.
105.—L'infinie mesure des perfections de Dieu. Les êtres qui possèdent l'existence de par un autre, la possèdent avec limites, à savoir dans la mesure que l'auteur à fixée. Ainsi, & y dura dans tout
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être créé, du potentiel, nous voulons dire, des possibilités d’être davantage, des vides, des capacités de recevoir autre chose. — Mais dans l'être qui possède l'existence de par son essence, à l'être dont l'essence est d’être, quel être aurait posé des mesures d'existence? Un autre? il n’y en avait pas; lui-même ? il ne s’est pas fait lui-même. Son existence étant son essence, elle est nécessaire, illimitée. Elle s'offre à nous sans aucune lacune, dans une absolue plénitude. Dieu, en qui ne se rencontre aucune possiblité d’excellences autres, est donc un acte très-pur; il est infini, sans limites; — infini dans sa nature, c'est-à-dire possédant l'existence avec une plénitude telle qu'aucun être meilleur ne peut s’imaginer ; — infini dans sa durée : il est éternel; — infini dans l’espace : il est immense ; — infini dans son activité immanente, (dans l’activité de son intelligence : il sait tout; dans l’activité de sa volonté : il peut tout.).
N. B. — L'infinitude des attributs de Dieu nous amène à dire que la nature de Dieu est vis-à-vis de notre esprit un objet d'étude incompréhensible mais non pas inconnaissable ; -— notre imparfait savoir divin nous donne une idée de l’attribut divin qui est inadéquate, il est vrai, mais qui ne le dénature pas. L'attribut déborde mon idée; toutefois, ve que mon idée m'en représente, est vrai. (cette réflexion est contre les agnostiques).
106.-—L'immuabilité, la stabilité de la parfaite nature de Dieu. L'idée de changeant implique l’idée de limites; car on change — ou bien pour devenir pire; alors on laisse la limite de perfection qu’on possédait ; — ou bien l’on change pour devenir meilleur; alors on «épasse une limite de perfection pour en attemdre une autre. — Mais Dieu possède sa parfaite nature nécessairement et infiniment, puisqu'il la possède de par son essence. (aséité de Dieu)