D'’ LA PAROLE
171.—La parole est le don d'expression, nécessaire à l'esprit humain pour transmettre ses pensées
aux autres, et à son tour, pour pénétrer dans leurs pensées. Même à l'écart de la société ce don serait nécessaire à l’homme : car celui qui parle sa pensée, la conçoit avec plus de précision. La parole humaine est donc le signe oral ou écrit de Ja pensée.
172.—Les différences avec le cri de la bête. La parole humaine offre deux différences essentielles avec le cri de la bête.
(a) La parole humaine est une voix articulée. — (N. B. Ta consonne est l'élément humain de la parole et la voyelle en est l'élément animal). L’articulation des voix est due à l'aptitude que possède l'organe vocal, de former des consonnes pour modifier les voyelles dans leur émission. La bête n’articule pas; sa voix est un cri, et elle ne peut rendre encore que le cri très-spécial dont la nature l’a dotée. — Avertissons donc l'enfant que sa coupable négligence à articuler rapproche sa voix du langage des bêtes. Et, dans la causerie, dans la récitation,
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rendons-le attentif à une diction, chaque jour mieux marquée de netteté et d’aisance harmonieuse.
(b) La parole humaire est d'ordre intelligible, car elle est, de par sa nature, un signe, le signe d'une idée générale. En effet, une langue se compose surtout de termes abstraits, signes ou de natures universelles (les noms communs), ou de qualités universelles (les adjectifs), ou d'actions communes à beaucoup d'êtres (les verbes), etc. — Le langage de la bête, au contraire, n’est qu'émotionnel, cela veut dire que son cri ne peut manifester qu’une sensation, particulière, actuelle, de l’appétit animal. Son cri n'est donc pus plus une parole qu'une sensation n'est une idée abstraite: il ÿ a entre le cri de la bête et la parole humaine l’abîme qui sépare la matière de l'esprit. Bref, la bête est absolument incapable de parler, parce qu'elle est absolument incapable d'avoir des idées générales, abstraites. — Pour contredire ici, en appellerait-on au perroquet. — Nous répondrions : Il n’y a pas plus d'esprit dans ce Jaco qui parle, que dans le phonographe qui redit un chant de notre grande canadienne, Albany; l'esprit n'est pas dans ces machines mais dans l'artiste, l'homme. Donc, encore un coup, le cri de la bête trahit sa sensation animale, tandis que la parole humaine traduit une pensée, une vision spirituelle. Dans les lecons de choses, dans les lectures expliquées, ete... rendons l'élève soucieux de posséder un vocabulaire plus étendu.
173.— Culture de la parole humaine. Un grand bonheur de l'homme, qui le met encore par cet endroit au-dessus de la. bête, c’est qu'il parle sa pen- -ge. Dès la petite école, l’homme sera averti de ne pas déshonorer 84 parole, en tenant un discours
menteur qui ne rend pas sa pensée, il sera aussi averti de ne pas déshonorer 84 pensée, en tenant le
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discours impropre, inecrrect et mess ant, qui trahit ou souille sa pensée.
L'enfant se fera donc un &tvoir de parler toujours avec franchise et d’embellir son parler des corrections et même des élégances que lui apprendront la grammaire et l’art littéraire.
1/4.—Le témoignage de l’homme. («) Le témoin oral est digne de foi s’il réunit les qualités de compétence et de probité. — Le témoin compétent? Celui qui à les sens bons et le bon sens, de sorte
qu'il puisse apprécier judicieusement la vérité des”
faits qu'il voit, et des paroles qu’il entend. — Le témoin probe? Celui qui n’a aucune raison de tromper, ni d'argent, ni d’honneurs, ni de passions, ni de préjugés.
(b) Le témoin historique, pour mériter la confiance du lecteur, doit avoir les mèmes qualités de compétence et de probité. Mais, au préalable, il faut établir que le témoignage qu’on nous présente, est bien celui de cet historien, de cet écrivain; c’està-dire, il faut, au préalable, établir l'authenticité de l'écrit, et quant à l’auteur, (Est-ce bien lui, l’auteur?), et quant à l'intégrité de l’écrit, (est-ce bien son texte), sans mutilation, sans ‘nterpolation.
175.—Le témoignage de Dieu, — la foi et la rai- Son.. — Première vérité, sur les deux ordres de vérités. Il y a deux ordres de connaissances chez l’homme et ces deux ordres sont distincts par leur principe et par leur objet: — distincts par leur principe, puisque nous arrivons à ces connaissances, dans l’un de ces oïdres, par les lumières et les démonstrations de la raison, et, dans l’autre de ces ordres, par les lumières et les révélations de la foi; — distincts par leur objet, puisque dans l’un de ces ordres, des objets à connaître sont accessibles à notre raison, opérant avec ses seules naturelles énergies,
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tandis que pour les mystères cachés du domaine de la foi, ceux, par exemple, de la Trinité, de l’Incarnation et de la Rédemption, le témoignage seul de Dieu nous les peut faire conn itre; ces vérités de la foi sont absolument au-dessus des investigations de la raison humaine.
Deuxième vérité, sur l'accord de lu raison et de la foi. Il ne peut jamais y avoir entre la foi et la raison, une opposition véritable : car c’est le même Dieu qui, dans notre esprit, d'une part, met la lumière de la raison et, d'autre part, infuse la lumière de la foi. De là il suit que toute assertion contraire à la vérité connue par la foi, est absolument fausse et ne peut être soutenue comme une conclusion légitime de la science. ‘Tous ces arguments opposés à la foi ne sont donc pas de solides démonstrations mais des objections solubles.
Troisième vérité, sur la nécessité du témoignage de Dieu, c’est-à-dire des révélations de la foi. Absolument parlant, nous dirons que la raison humaine peut arriver à une connaissance des choses même divines, dans la mesure de ses forces naturelles ; ainsi, elle pourra apercevoir dans les magnificences de la création, leur divin auteur et ses excellents attributs de puissance, de sagesse, de bonté. Mais, vu l’état déchu de notre humanité, les hommes n'ont généralement pas la vigueur d'esprit, les loisirs d'étude, et l'autorité des écoles, au degré requis pour arriver à une connaissance, certaine et pure de toute erreur, sur Dieu, sur l’âme, sur le devoir moral, sur la destinée d’outre-tombe.
Pour faire de ces vérités nécessaires à l’homme pour son bonheur dans cette vie et dans l’autre, pour faire d'elles l'apanage non seulement de la multitude illettrée mais même des gens d'étude, il a fallu que Dieu vint les enseigner à l'humanité, et aussi, voit-on que les humanités qui n'ont pas
accepté, ou qui ont rejeté la foi, la parole révélatrice de Dieu, vivent misérablement, victimes de leurs grossières ignorances morales et religieuses, victimes encore des notions creuses et sonores de leurs philosophes et de leurs rhéteurs.
$ 2. — LA FACULTE AFFECTIVE DE LA VOLONTE La volonté de raison et son épanouissement dans l'appétit animal.
No 176.—L'’appétit raisonnable.
N° 177.—Ses aspects, (tendances, aspirations, maîtrises).
Nos 178, 179, 180.—7'endances naturelles :
humaines, sociales, religieuses.
N° 181.—Aspirations (imita .un, émulation).
N° 182.—LZes maîtrises sur l'appétit animal.