Les lois de l'appétit animal. TJ'’àme hu
maine, avons-nous dit au N° 132, fait sourdre dans le corps qu'elle anime, une vie animale, une vie de sensations. Il suit de là que, dans la partie inférieure de la vie humaine, s’éveille un appétit sensible, comme on le voit dans les animaux.
Et l’activité de cet appétit offre deux aspects, celui de l'irascible et celui du concupiscible. Te concupiscible s’éveille en face de l’objet des sens par une impression, ou de complaisance, ou d’aversion; l’irascible s’émeut cn présence de l'obstacle, ou de celui qui empêche la possession de l’objet convoité, ou de celui qui empêch: le recul à la rencontre de l’objet qui répugne.
Et l’irascible et le concupiscible possèdent leurs déterminations très-caractéristiques, connues sous le nom de passions; dans le concupiscible, on les nomme l'amour et la haine, le désir et l’aversion, la joie et la tristesse ; dans l’irascible, on les nomme l’espérance et le désespoir, la crainte, l’audace et la colère.
184.— Dans la pensée du Créateur du composé humain, il doit y avoir sujétion de l'animal à l'égard de l'esprit; ainsi la faculté affective de l'appétit sensible, chez l’homme, naît en fonction de faculté aurilinire, à l'égard de la faculté affective supérieure, l'appétit raisonnable; et même, cette sujétion est si nécessaire que, sans elle, les passions animalesques gardent chez l’homme, leur caractère bestial, et par elle, au contraire, elles prennent un éclat humain, en luisant d’une splendeur rationnelle. Quand l'appétit sensible accorde à la volonté raisonnable, son concours harmonieux, alors, la volonté humaine étendant son empire de l'appétit raisonnable jusque sur l'appétit sensible, double le champ de ses déterminations ; et même, la puissance de ses déterminations s’exalte : elle se fait intense, ardente, courageuse.
En vérité, il y a chez l'homme, un surcroît de perfection quand il est müû à bien faire non seulement par la volonté raisonnable, mais encore par le tressaillement de l’appétit sensible, assoupli aux disciplines de la raison.
185.—Le péril des concupiscences. Te bonheur de l'épanouissement royal de l'appétit raisonnable sur l'appétit sensible rencontre un grand péril, celui des concupiscences: ces dispositions désordonnées de l'appétit animal donnent aux objets des sens une fascination, très-périlleuse pour la bonne volonté; et quand il leur est donné de prévaloir, elles font de l’homme ce qu’elles font de la brute, un être passionnel.
Les maïtrises de la volonté sur l’irascible et le coneupiscible par la force et la tempérance. Heureusement que la volonté raisonnable n’est pas sans ressource quand le vertige moral des concupiscences menace de la ruiner. — L'irascible ei le concupiscible, il est vrai, nous sont communs avec les
animaux, mais ils sont nés pour porter le joug ct la discipline de la raison et quand la volonté raisonnable, en les rangeunt sous son empire, les fait participants de la raison par leur obéissance aux dictées de la conscience, alors, l’appétit sensible devient un sujet d'habitudes vertueuses ; et les vertus cardinales de la force dans l'irascible et de la tempcérance dans le corcu’iscible répandent sur la chair même, une inén rrable beauté, celle d'une splendeur de vie rais anable.
186.—La volonté-dite volonté d'élection. Ses raisons d’être: une première raison: celle de la détermination à prendre. L'appétit raisonnable est la faculté d'aimer le bien universel et de goûter dans. sa possession une jouissance qui le repose. Le bien universel, lui seul, peut nécessiter les déterminations de cette faculté, puisque, lui seul, lui offre un contentement qui la remplit. Mais dans la vie présente, sous les yeux de l’homme et à sa main, ne se présentent que des biens particuliers et, par conséquent, d’un charme insuffisant pour entraîner cette faculté ouverte à l’universel. — Donc, pour amener les déterminat:ons de l’appétit raisonnable, il faut mettre dans l’homme la volonté d'élection. — L'autre raison: celle des périls à éviter. TL’appétit raisonnabie rencontre sur sa voie, des biens particuliers qui pourraient être des moyens d'entrer dans la possession du souverain bonheur. Mais, nous l’avons observé aux N° 178, 181, sur la voie, il y a, parallèlement aux biens, un nombre égal de périls. Donc, il importe qu'il y ait, chez l’homme, cette volonté d’élection qui gardera l’appétit raisonnable contre ces occasions d’égarement et de ruine.
187.—Le domaine de la volonté, Tes raisons d’être de la volonté, données tout à l'heure, nous marquent son domame. L’appétit raisonnable est, chez l’homme, comme la volonté de la fin, sa poussée
Dent sites conénnn camemabmntemspens cine sean mont neue crues nes nan à nb et Hubs GA a anbees SF he 328 bacon 4 mm da rs bei à
spontanée et nécessaire vers le bien universel, vers le souverain bien; — la volonté d'élection, chez l'homme, s'exerce en daça de la fin qu'appelle l’appétit raisonnable, parmi les biens particuliers; et elle les envisage comme des moyens pour conduire l'appétit raisonnable à sa fin, c’est-à-dire à la possession du souverain bien, Dieu lui-même, comme nous verrons plus loin.
188.—La tâche de la volonté. Ses raisons d'être données plus haut, nous marquent cette tâche. Cette tâche est de mettre une droiture, glorieuse à l’homme, dans les tendances de l'appétit raisonnable, dans ses aspirations, dans 84 maîtrise des énergies
d'ordre animal; c'est de créer, dans la plénitude de
l’homme, un :t de bonne volonté, stable et triomphant contre : 4b assaut.
189.—Le moyen de la volonté. Ie moyen que la volonté prendra pour remplir sa tâche glorieuse, c'est la formation des habitudes vertueuses, notamment — de la »-udence et de la justice dans les tendances et ler spirations de l'appétit raisonnable, — de la force auns l’irascible, et de la tempérance dans le concupiscible. Ces habitudes qu'on appelle les vertus cardinales, constituent dans l’homme, à cause de leur caractère de stabilité, comme une possession sereine de son activité, comme une perfection automatique de ses énergies spirituelles et sensibles, bref, comme une seconde nature. Et c’est ainsi que la volonté arrive à modeler la personne morale.
190.—La culture de la volonté virile chez :’enfant de l’école.—‘‘Celui qui veut une chose, écrit Joseph de Maistre, celui-là en vient à bout, mais la chose la plus difficile du monde, c'est de vouloir.” — Cette volonté qui vient à bout de la chose, cette volonté, créatrice des œuvres de la vie, est la grande
richesse aussi bien que le grar4 honneur de l'homme. La place de cette volonté droite et virile, dans la vie humaine, est donc grande et d'importance souveraine; c'est pourquoi il importe que, dès l'école, l'enfant soit exercé à vouloir de cette volonté qui ne lâche pas son objet. Une belle occasion d’exercer le vouloir viril, pour l'élève, c’est de le faire entrer dans le travail de son éducation comme collaborateur volontaire. L'élève n’est pas un marbre à sculpter; que la maîtresse y songe ; il est un esprit vivant à rendre capable de gouverner sa vie; que la maitresse en fasse done un coopérateur actif, en le faisant vouloir virilement et ces règlements et ces devoirs dont l’observance et l’accomplissement, de la part de l’élève, opéreront son éducation.
191.—Les appuis de la volonté virile. Pour aider l'enfant à vouloir comme il convient à un homme, la maitresse donnera à son élève de bons principes et de bonnes habitudes. Dans la clarté des bons principes, l’enfant apercevra la voie où sa conscience lui fera un devoir d’entrer, même loin du regard de sa maîtresse ; et, grâce aux bonnes habitudes, l’enfant possédera la force victorieuse qui le retiendra sur la voie du devoir d’où tenteraient de l’arracher la fascination des mauvaises joies et l’effroi des. âpres sacrifices. — Et pour soutenir la bonne volonté chez l’élève qui perd trop facilement sa bonne idée et sa bonne accoutumance, la maîtresse usera, comme il convient, des récompenses et des punitions. Enfin, puisque ni le bon sens ni la verge ne suffisent pour créer les volontés hautes et fermes, la maîtresse et son élève s’uniront dans la prière pour
obtenir du Ciel la grâce, cette artisane des grandes âmes.
Ps
Quatrième question.
L'origine de l'âme s'explique non par l'évolution ni par l'émanation, mais par la création.
No 192.—ZL'évolution.
No 193.—Ce qui abuse les évolutionnistes.
No 194.—ZL'émemation.
No 195.—Za création.
Cinquième question.
La destinée de l'âme: l'âme est créée pour être une gloire de Dieu, et une béatitude.
No 196-—Za nature de cette destinée.
No 197.—Une gloire de Dieu, une béatitude.
No 198.—N. B. une admirable sagesse.
No 199.—L'élan requis par cette destinée.
Sixième question.
La voie à sa destinée: L'âme parvient à sa destinée par le respect de ses droits et l’accomplissement de ses devoirs. No 200.—Za voie, (lois, droits, et devoirs).
Nos 201, 202, 203.—Les lois divines, l’éternelle, la naturelle, la positive.
No 204.—La loi positive humaine.
Nos 205, 206.—ZLes droits et les devoirs de l'homme, nature, corrélation, et espèces.
Quatrième question.