‹ La normalienne en philosophie et aux sources de la pédagogie [microforme]Chapitre 7 sur 91 · A. — L'IDEE · texte numérisé non relu

A. — L'IDEE

14.—L'idée. L'idée, (d'après la racine grecque, idéia, vision), est la vision intérieure et intelligible de l’objet à connaître : intérieure, disons-nous, pour la distinguer de l'image de l'objet peinte dans les sens extérieurs, par exemple, celui de la vue ; intelligible, disons-nous, pour distinguer cette idée abstraite de l'esprit, de l’idée sensible ou image char. gée de couleurs locales, image concrète que l’imagination se forme de l'objet connu. — Notons cette vérité en passant : dans son actuelle condition d'existence qui est d’être uni à un corps, l'esprit humain appuie toujours sa pe. :ée su quelque élément concret fourni par l’imaginat‘on ; — et c'est, pour nombre de philosophes, l’occasion d'une erreur, celle de confondre l'idée sensible, ou image concrète et particulière de l’objet à connaître, propre à l'imaÿination, avec l'idée abstraite, générale, (celle de l'espèce, ou du genre auquel l’objet connaissable appartient), propre à l'esprit.

15.— N. B. Vision. En définissant l’idée, nous disons qu'elle est une vision. Ce mot ne se rencontre pas dans les définitions que la Philosophie scolastique donne de l’idée, mais il répond bien à l’enseignement qu’elle donne sur la nature de l’idée. — S'il s'agissait de l'ange, nous dirions intuition; car son intelligence au regard aigu et profond aperçoit d’un seul coup d'œil le mystère à connaître de l’objet, proposé à sa considération. — Mais l'esprit

PNEU à À ani 9 ue

LA LOGIQUE 15 humain au regard faible et court entre à pelits pas dans le mystérieux objet de son étude, et, par un progrès bien lent, il en saisit les éléments de vérité; il en prend possession intelligiblement. — L'apercevant sous cet aspect, le philosophe définit l'idée ‘Une appréhension intelligible de l'obiet ; et quand l'esprit humain ramasse de la sorte des idées, on dit qu'il apprend; et quand il peine beaucoup à la tâche, on dit qu'il est d’une appréhension lente.... Disons autrement la nature de l'idée: appliqué à cor-nrendre l'objet de son étude, l'esprit humain s’avançant du connu à l'inconnu, s’en va lentement à travers (per) les éléments de vérité que cet objet compte; et à mesure qu'il les saisit bien (capere) il va plus outre; et quand, enfin, il en a atteint tous les éléments, on dit qu'il comprend.— L'apercevant sous cet aspect, le philosophe définit l'idée ‘Une perception intelligible de l'objet.

Cependant, on le voit facilement, quand il achève son labeur d’sppréhension ou de perception, l'esprit humain vcit son objet; ou bien, s’il n’a pas réussi, il n'y voit goutte. On a donc bonne raison de définir l'idée: une vision intelligible de l'objet.

16.—Les entités. L'objet de l’idée n’est visible, connaissable qu’en autant qu’il possède l'existence ; ses participations à l'existence prennent le nom d’entités, ou d’attributs, ou de notes d'idées.

les individus. On appelle individus, les êtres réels en qui s'aperçoivent les entités, ou les notes de l'iaée.

Page 1