‹ La normalienne en philosophie et aux sources de la pédagogie [microforme]Chapitre 70 sur 91 · Les sanctions divines dans le temps · texte numérisé non relu

Les sanctions divines dans le temps

(a) La joie d’une bonne conscience et le remords. Toute action accomplie en conformité avec la loi morale, met au cœur de l’homme un suave sentiment. Et cette joie de la bonne conscience se fait sentir au cœur, plus ou moins vive, selon que la bonne volonté fut à l’œuvre plus diligente, ou plus molle. Aux âmes trop pressées d'en finir, la voie

du bien se fait insivide. — Le remords accompagne toute action accomplie en violation de la loi morale. Le remords est le rappel au devoir que Dieu fait entendre, avec un bruit de menace; il fait mal au cœur comme un ver qui y mordrait: de là son nom. ;

250.—(b) Les tribulations temporelles. Nous ne parlons pas, ici, des tribulations ménagées aux saints par l’économie de la Rédemption, comme participation à la passion du divin Sauveur. — Nous envisageons, ici, les tribulations philosophiquement, c’est-à-dire comme des châtiments de l’inconduite de l’homme. Elles sont des châtiments; mais, dirons-nous avec saint Augustin, il est facile d'y apercevoir le fouet de Celui qui veut corriger afin de prévenir les arrêts de Celui qui châtie. — Annotons ici, le beau mot de Lacordaire sur les tribulations temporelles : Chacune de nos passions a son châtiment terrestre révélateur, destiné à nous apprendre que leur route est fausse et que la félicité n'es’ pas à leur terme.

251.—Les divines sanctions d’outre-tombe. Les sanctions terrestres ne sont à l'égard des mérites où des démérites de l’homme, ni suffisantes, ni proportionnées. 11 faut donc que Dieu juste ait établi des sanctions au-delà du tombeau. — N. B. La santé et la résurrection.

252.— La santé. Pour la béatitude humaine d’endeça du tombeau, laquelle se rencontre dans la pratique des vertus, elle réclame deux éléments une âme honnête dans un corps bien portant: c'est le mot de l’ancienne sagesse que je traduis : mens sana ‘n corpore sano. Pour se l’assurer, il est donc nécessaire qu'il y ait santé et désincarnation. Donc, il faut spiritualiser le corps par la mortification et la patience. On le voit, grâce à une expérience

même peu longue: Dieu a ‘établi cette économie morale : L'âme répandra son incorruptibilité sur la chair, si elle est maitresse du corps qu'elle anime. Aussi, voit-on que les vertueux ont généralement un état de santé mieux conservé: l’âme étant esprit et vie, et la vertu lui donnant vigoureuse possession de sa chair. — Au contraire, la chair a-t-elle dompté l'âme qui l’anime, la chair de péché qui par sa nature est dissoluble, tombe dans sa misère de dissolution, avec une grande souffrance physique pour l’âme.

253.—La résurrection. Pour l1 béatitude d'outretombe, sans une grâce de résurrection que le Christ Rédempteur seul pouvait nous mériter, l'âme seule devait la goûter. Cependant la raison établit la haute convenance d'un corps ressuscité et spiritualisé.

1° RAISON. La nature humaine, c'est le composé; il y aurait donc au-delà du tombeau implénitude humaine, si le corps, restant dans sa poussière sépulcrale, n’était réuni à l'âme qui l’anima. —

2" RAISON. Le corps a eu sa part aux vertus et aux vices; il est convenable qu'il ait sa part aussi aux gloires de la récompense, ou aux souffrances du châtiment. — Ainsi, la résurrection de la chair est un postulat de la nature humaine. Et ce que cette nature ne pouvait se donner, Dieu va l’accorder en considération des mérites du divin Sauveur, selon l’enseignement de la foi.

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