COMMENT GESAREA DEVINT JEISET. — ORIGINE DE LA PROPRIÉTÉ
Un jour, dans la Marbonnaise, Temperear Chartemagne étant à la fenêtre d'un château dont la yue s'étendait au loin, vit la mer se oouvrirde barques. Ces barques s'arrêtèrent sur la côte, et des hommes k flgures étranges et à costumes inconnus en descendirent. Tj'empereur donna l'ordre qu'on donnât la chasse à ces hommes. L'ordre fut exécuté et les hommes se rembarquèrent.
Cependant Charlemagne resta quelque temps pensif. Puis rhomme qui avait soumis TAquitaine, envahi l'Espagne, pris l'Italie, conquis la Germanie; l'homme qui avait vaincu les Saxons et fait peur aux Avares ; l'homme qui était maître du monde se mit à pleurer comme un enfant.
Alors Charlemagne se tourna vers ceux qui l'entou-
26 LA NORMANDIE INCONTÏDE.
raient, et leur dit ces paroles mémorables que nous traduisons de la Chronique du Moine de Saint-Gall :
« — Savez-vous, ô mes fidèles, pourquoi je pleure tant? Ce n* est pas que je craigne que ces hommes me nuisent par leurs misérables pirateries; mais je m'afflige de ce que, moi vivant, ils aient osé toucher ce rivage, et je suis tourmenté d'une violente douleur quand je prévois tous les maux qu'ils feront à mes descendants et à leurs sujets. »
L'avenir expliqua la douleur étrange du César franc. Ces barbares qu'il venait d'apercevoir étaient F avantgarde d'un peuple. Ce peuple s' appelait les hommes du Nord.
Charlemagne mort, la barbarie qui grelottait près des glaces polaires voulut se réchaujfTer au soleil du midi. Les Normands partirent alors de leur hiver, descendirent le long des côtes de TEmpire et ne s arr^ront que quand ils trouvèrent le printemps.
Le printemps leur apparut au delà d'un détroit qui séparait la Grande-Bretagne, pays des Saxons, de la Neustrie, pays des Francs. Leur dieu, Odin, leur avait promis un paradis où les pi us braves boiraient sans cesse une coupe toujours pleine de vin, et où les moins vaillants pourraient toujours boire de la bière. Cet heureux pays qu'on leur promettait au ciel, ils crurent Tavoir trouvé sur la terre, en Neustrie. Il y avait là en eflet des campagnes si belles, des fleuves si profonds, des baies et des havres si sûrs, qu'ils en eurent envie. Ils attaquèrent la