‹ La Normandie inconnueChapitre 42 sur 111 · CHAPITRE TÎT · texte numérisé non relu

CHAPITRE TÎT

mais formé directancnt des principaux de la commune. Cette assemblée manicipale dut décider sonrerainement de toutes les questions d'intérêt local ; elle forma le pouvoir législatif de la communo \ tandis que le connétable en fut le pouvoir exécutif.

Du reste, et ceci est encore un signe caractéristique, les municipalités, quoique émancipées civilement, conservèrent encore en apparence la tutelle du clergé. Ainsi leconseil municipal prit le nom d'assemblée de poro/wr f-es membres qui formèrent le conseil do la communo formèrent en même temps le conseil de la fabrique : de cette manière ceux qui veillaient à Tentretien de la ville, veillaient aussi à l'entretien du temple : seulement, dans le premier cas, rassemblée de paroisse dut être présidée, comme conseil laïque, par le connétable ; dans le second, comme conseil ecclésiastique, par le curé et plus tard par le ministre.

Dans les deux cas, le lieu des séances fut le même : l'église servit d'bôtel de ville. La commune à' Jersey n'a pos de résidence séculière : elle loge encore cliez le clergé. Dans les temps de violence et de terreur, le peuple s'est assis à l'ombre de la croix, et il y est resté.

L'émancipation civile des communes jersiaises coïncida avec leur organisation militaire. C'était répoqueoù éclatait entre la France et l'Angleterre la guerre de Cent ans :

^ Anjoard'iiui le conseil municipal de Saint-Hélier compte environ 300 membres. La commune est à Jersey beaucoup plus près du gouvernement direct que partout ailleurs.

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les lies de la Manche, si voisines de Tennemi, durent être mises en état de défense. Leur oi^anisation militaire fut toute féodale. C'était un principe universellement reconnu dans tous les pays où la féodalité était établie, que tous les tenanciers, roturiers ou nobles, gentilshommes ou paysans, devaient au seigneur suzerain l'impôt du sang, le service personnel et militaire. C'était le seul impôt devant lequel tous fussent égaux. En cas de guerre donc, le seigneur suzerain, roi ou duc, convoquait ses vassaux autour de sa bannière ; c'était ce qu'on appelait le ban; à leur tour, les vassaux du suzerain convoquaient leurs propres vassaux autour de leur bannière, c'était ce qu'on appelait \ arrière-ban. Le cheval ne pouvant être monté que par le noble, par un chevalier où par un écuyer au moins, la cavalerie fut originairement composée de noblesse ; par contre, l'infanterie fut exclusivement composée des vassaux de roture. Cavalier voulait dire chevalier; fantassin voulait dire manant. La guerre vraiment féodale fut la guerre faite à cheval ; la guerre faite à pied fut révolutionnaire. En Angleterre, lorsque la convocation avait lieu, un duc devait arriver avec cinquante chevaux, un comte avec vingt-cinq, un baron avec seize, un chevalier avec huit. Cette règle fut la même à Jersey. Lorsque le ban était convoqué, les chevaliers hauberts relevant directement du roi, c'est-à-dire les quatre seigneurs de Rosel, de Saint-Ouen, de la Trinité et de Samarez, devaient chacun un contingent de huit chevaux. Le roi d'Angleterre se chargeait de l'équipement. Lorsque

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