‹ La Normandie inconnueChapitre 63 sur 111 · CHAPITRE tX · texte numérisé non relu

CHAPITRE tX

miser par lé desastre de Pavie et la captivité de François P'. De grandes fêtes avaient été préparées ponr recevoir rhôte impérial. On annonçait des joutes, des toomois, des oarroosels, des assauts, des luttes à toutes sortes d'exercices. Quelle plus magniGque occasion ponr Hélier et pour ses frères de déployer leurs talents? Ce fut, en effet, ce qui arriva. A une de ces joutes, joute mémorable h jamais dans les fastes jersiais, il s'agissait de savoir qui sauterait le plus loin 'à pieds joints, des Espagnols ou des Anglais. D'un côté étaient rangés les Espagnols ayant à leur tète l'empereur Gbarles-Quint ; de l'autre, les Anglais ayant à leur tête le roi Henri VIII. Tous avaient sauté les uns après les autres, et celui qui était arrivé le plus loin, avait franchi une étendue de vingt-quatre pieds. C'était un Espagnol. 11 ne restait plus qu'un seul jouteur du côté des Anglais. On croyait donc la bataille perdue pour l'Angleterre, et l'empereur d'Allemagne prenait déjà l'air victorieux, quand ce dernier joôteur s'élança, et d'un bond laissa de deui pieds derrière lui la trace de l'Espagnol.

Celui qui venait de sauter était Jean de Carteret, propre frère du bailli.

L'honneur de l'Angleterre était sauf, et c'était un de tes fils, ô Jersey, qui l'avait sauvé I

I^ roi félicita Jean devant toute la cour ; et, pour que les talents du jeune homme d'État ne fussent pas perdus pour le bien public, le ministre Compton lui donna un poste important dans son ministère. Ainsi commença la

aoe LA NORMANDIE INCONNUE.

fortane desCarteret. Ce fut à qui, parmi les puissants de la cour, attacherait à son service les membres de cette remarquable famille. Desdeux autres frères, Tun, Pierre, .entra. p]us tard dans la maison du cardinal Wolsey; Tautre, Guillaume, dans celle de la princesse de Galles, qui régna dans la suite sous le nom de Mary Tudor.

Mais n'anticipons pas et reprenons le récit de ces graves événements au moment où Hélier sortait triomphant du parc de Greenwich.

Ce ne fut pas Hélier qui fut le plus étonné de ce triomphe, ce fut son adversaire, sir Hugh Vaughan. Sir Hugh comprit tout le danger de sa situation quand il vit entrer au château de Montorgueil le héraut d'armes, venu au nom du roi, pour le citer à comparaître devant le conseil privé. D'accusateur, sir Hugh devenait accusé. Et nul doute qu'ainsi accusé, sir Hugh serait condamné. Tous les membres assesseurs du conseil étaient gagnés à son adversaire, grâce au duc de Norfolk. Sir Hugh réfléchit. Il eutMn instant l'idée de refuser de comparaître, de faire emprisonner le héraut du roi et de livrer le château aux Français. Mais ce parti lui parut avoir trop de périls. Sif Hugh se dit qu'après tout s'il avait contre lui le roi et toute la cour, il avait pour lui le cardinal Wolsey. En sa qualité de chancelier, le cardinal présidait le conseil. Et qu'importait que les assesseurs fussent contre lui, si le président était pour lui? Vaughan se décida donc à partir pour l'Angleterre. Mais le navire sur lequel il partit n'était pas, comme presque tous les navires qui

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