‹ La Normandie inconnueChapitre 79 sur 111 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

concitoyens. Et pourtant ce magistrat intègre, qui a osé se jeter entre sa pairie et le despotisme, n*est-il pas aussi digne de souvenir que le chancelier Lhospital se jetant entre les catholiques et les protestants, que le président Mole intervenant entre la cour et la Fronde, que Tavocat Malesherbes se mettant debout entre la monarchie et la révolution? La France a dressé des statues à Lhospital, h Mathieu MoIé, h Malesherbes. Et Jersey, oublieuse, n*a élevé de monument au bailli Hérault que par la main du fossoyeur.

LiBBETt m P1NSBE.-*LB PROTISTAirriSMB A JBRSBT.--6NE SftANCB DE LA CODE BCCLIeSI ASTIQUE. — LIBBETÉ DE LA PEESSE. — LA GAZETTE DE L'ILE DE JEESET.

On a vu quel était Tétat de la société féodale, à Jersey comme en France et en Angleterre. Cette société était divisée en trois castes : le clei^é, la noblesse, le peuple. Le clergé et la nobtesw, castes supérieures, étaient nourris par le peuple, caste inférieure toujours soumise aux deux autres. Le clergé, ministre de la religion, dominait le peuple par la foi : la noblesse, héritière delà conquête, et dont l'expression suprême était la royauté, le dominait par la force. Le clergé tenait-l'âmedu peuple, la noblesse lui tenait le corps.

Dans son aspiration vers la liberté, le premier mouvement du peuple fut de reprendre possession de son âme ; et en effet, l'émancipation religieuse a précédé historiquement raffranehissement politique. Avoir le droit de

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