CHAPITRE XII
» gneuriales, ont établi des droits, créé des rentes qu'ils » ont exigées par la force et h l'aide de la justice royale » dont ils se fttisoient choisir les arbitres. Il n'y a d'élé- D ment dont ils n'aient voulu s'approprier. La terre est » à eux par les charoparts, par les successions, les aveux » qu'on est obligé de leur donner; les eaux leur appar- » tiennent par une taxe sur la pêche, par les ruisseaux » qui font tourner les moulins ; l'air est à eux, on ne r> peut le troubler par un coup de fusil ; on ne peut tuer » une perdrix sans être mis à l'amende ; le feu même » n'a pas échappé à leur domination,, car ils ont exigé des » redevances sur chaque habitation. Les droits féodaux » actuellement abolis partout où le peuple a recouvert sa » dignité, existent encore parmi nous dans toute leur » vigueur.
» Un homme étoit propriétaire d'une maison et de » quarante vergées de la meilleure terre du pays sur » lesquelles il devoit vingt quartiers de froment de rente. n Uavoit trois fils. A la mort du père, les deux plus D jeunes, qui étoient mariniers, consentirent à laisser » toute leur terre à Talné, moyennant une certaine » somme de rente qu'il devoit leur payer. L'aîné mou- » rut dans le mois d'août. Le seigneur s'empare de cette » maison et terre, recueille les grains, les foins, fait » émonder les arbres et emporte le tout chez lui. Le sew cond frère arrive, fait des frais pour déposséder le seir» gneur, trouve la terre nue, est obligé d'acheter du » grain pourensemencer les terres, de payer les vingt
» quartiers d*arrérages de rente avec celles de l'année 1» courante. Ce second frère vient à mourir dans le mois » de juin de Tannée suivante. Une autre succession. I» Le seigneur récolte pour une seconde fois tout le pro- » duit du ménage, et lorsque le puîné vient à jouir de » rbéritage de ses pères, il le trouve nud, chargé de qua- » rante quartiers d'arrérages, de vingt autres pour lan- D née qui suit, et obligé de s en faire tenant ou renoncer » à tous les biens qu'il avoit acquis. »
Voulez-vous savoir jusqu'où allait la liberté dans la critique politique ? Voyez comment, en Tan 1787, la Gazelle souhaitait la bonne année au grands corps de FEtat.
GAZETTE DE LILE DE JERSEY
€ BON JOUR ET BON AN, OU SOUHAITS DE NOUVELLE ANNÉE, » A DROITE, A GAUCHE. »
« i janvier 1787.
» Aux Etats du Pays. Vigueur et fermeté en toutes x> occasions; et surtout point de confusion des langues D ni de charivari biribi.
r> Ala Cour royale. Une bonne édition du Grand Cou- » tumicr en lettres romaines.
» A la Cour ecclésiastique. Un traité sur les foiblesses » de la nature humaine et une âme compatissante » pour les égarements des coeurs sensibles.
Ti> A la Chambre du Commerce. Beaucoup de succès