‹ La Normandie inconnueChapitre 92 sur 111 · CHAPITRE XllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XllI

10 SOUS en 1545» 21 sous en 1625, 24 sous en 1660. En 1548, les meilleurs vins de La Rochelle et de Rhé se vendaient 2 sous le pot; en 1603, le meilleur vin de Gascogne était à 4 sous le pot, en 1652 à 6 sous. En 1548, le cidre valait 7 deniers le pot (12 deniers faisant 1 sou', 7 deniers alors faisaient un peu plus de 2 liards); en 1652, il valait 1 sou 4 deniers le pot. Dans la seconde moitié du xvi* siècle, les œufs se vendaient 6 deniers la douzaine (2 liards); une poule 15 deniers (un peu plus d'un souj; une oie 30 deniers (2 sous et 2 liards). En 1593, le bœuf se vendait 5 liards et le mouton 6 liards la livre. A la même époque, une vache se vendait 8 écus \ Tous ces prix n'étaient pas, comme de nos jours, fixés par le rapport entre l'offre et la demande; ils étaient établis par ordonnances. La fatalité de la logique forçait les législateurs du passé à réglementer la consommation après avoir réglementé la production. C'était un cercle vicieux où l'autorité s'enfermait elle-même. Ce système de réglementation n'était pas particulier à Jersey, il était général dans toute l'Europe du moyen âge. Dès l'origine de la féodalitç, tous les seigneurs, subalternes ou suzerains, avaient eu la police des foires et des marchés dans leurs ressorts et exercé le droit de mettre le prix qui leur convenait aux objets de consommation. Les tribunaux royaux, bailliages et parlements, s'attribuèrent le même

ï L'écu de ce temps-ià, appelé écu-monnaie, valait 28 sous 7 deniers ; il Aillait SI sous monnaie pour faire 20 sous tournois. Il y avait trois espèces (le livres : la livre monnaie de 20 sous ; la livre tournois de 21 sous ; la livre d'ordre, livre judiciaire établie pour les amendes, de 30 sous.

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droit que les tribunaux seigneuriaux. La lot do maatimum, à laquelle on a tant reproché à la Résolution d'avoir eu recours, a été pendant des siècles Tunique système économique. Elle est aussi ancienne que la monarchie. Rendons k César ce qui est k César, et la loi du maximum au passé.

On ne saura jamais tontes les entraves qui étaient ap* portées par la législation du moyen ège k la production, k la circulation, k la consommation. Que de disettes ont été ainsi artificiellement produites I Pour ne citer qu'un fait entre mille, on n'a qu'à réfléchir sur la manière dont se fabriquait la farine, cette première ressource de rhomme. Autrefois, tout le monde avait le droit d'avoir une cabane ou une maison; mais l^s seigneurs seuls avaient le droit de bâtir un moulin. Telle était la coutume générale parmi les peuples où la propriété avait pris la forme du fief* A Jersey, cette coutume s'était modifiée en ce sens que les rois d'Angleterre s'étaient attribué, comme une prérogative de la couronne, la concession des moulins. Sous Edouard Ili, en 1331 . le seigneur Drouet de Saint-Martin s'étant cru autorisé par la coutume de Normandie à bâtir un moulin sur ses terres sans avoir la licence du roi, fut pour cela dondamnéà payer 60 sous d'amende à la Saint-Michel. Dans l'île, tes rois d'Angleterre autorisèrent seulement la construction de ^3 moulins. Parmi ces moulins, les uns étaient destinés à accroître les revenus royaux, c'étaient les moulins du roi ; les autres contribuaient aux revenus de la no-

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