‹ La NormandieChapitre 10 sur 118 · I. A N OH M A MU K · texte numérisé non relu

I. A N OH M A MU K

\a' S()!(mI ;iji|)oll(' Ions les lioiiiiiics tlii iNdid, cl ils olit-issciil ("ii luiilc liiUo; aiijoiiid'liiii les iKiiiois soiil en iNormaiidii', le iciidcmaiii ils sont en Sicile, lies IJanlois n'onl-ils pas envahi rilali(;? Li-s Français ne sunl-ils pas enirés dans Milan ? Anlanl de pèlerins armés (|tni rincunnii allire cl ponsse. (](\ monde du moyen âge, lonrnnMiléde ces malaises inclïaMes, de CCS espérances sansbiil, deccs désirs incxpliqncs, ne ponvailpas restera la même place; il fallait qn'il obéit à ses imiuiélndes, (|iril marcliàten avant: (ion donc ponvait-il mieux diriger ses jias, (pie vers le berceau de l'idée cluétienne? Plus la route ('lait longue, {dus elle calmait celte brûlante lièvre de l'inconnu ; plus le pèlerinage était entouré d'humiliations et de périls, \A[\s le fier Siciintbir courbait la tète avec orgueil et pliait les genoux. Non seulement le duc de Normandie, mais encore les coujles de Flandre , de Barcelone, de Verdun, donnèrent l'exemple de ces pieuses entreprises. Treize ans après, d'autres chevaliers normands conduisaient aux lieux saints l'évèque de Mayence, l'évèque de Halisbonne, l'évèque d'Utrecbt. Ajoutez à ces incitations de la croyance, les l'êtes, l'enivrement, les délires de l'empire grec, cet empire qui se mourait, l'aute d'un peu de courage et de vertu, ("était le commencement des croisades, cl déjà la croisade était partout. Les Espagnols se ballaient contre les Arabes de Valence, les Pisans contre les Mores de l'AlViiiue; à l'intérêt des peuples se joignaient le dégoût et la l'aligne qui s'étaient emparés de tontes les âmes. L'inlini, l'idéal, le rêve, obsédaient à leur insu les puissants et les forts du moyen âge. Us quittaient non-seulement sans regiel, mais avec joie, leurs femmes, leurs châteaux, leurs enfants. Les ciifanls eux-mêmes et les vieillards voulaient partir. Ainsi commença la lièvre des croisades.

Son entreprise accomplie et ses aumônes çà et là répandues sur tons les pauvres du chemin, qu'ils fussent chrétiens, juifs, enfants de Mabomel, ce fut à peine si le duc Hobert eut la force d'arriver jusqu'à Nice. La, sous ce beau ciel, sur les bords harmonieux de cette mer brillante, le duc de Normamlie rendit son àme à Dieu, lui seul restant calme et souriant au milieu de ses compagnons désolés. Tel est. le prince dont la vie agitée a foniiii tant de fables. Le roman, le poëme, le drame enlin, et dernièrement ein:ore, un musicien de génie, Meyerbeei", se sont emparés de ce célèbre llobei't, à (|iii le peuple a donné un surnom teri'ible ; mais ce surnom même témoigne du respect et de l'admiration (jue nul ne refusa au père (b; Guillaume le Conqueraiil. Un mystère du quatorzième siècle, li.s /idiufins (le liobcrt le D'uible . vous mettra au coui'ant des étranges avcninrcs de notre héi'os. Sa nn-rc, (pii ne pouvait j»as avoir d'cufanls,

I, A NoirM \M)ii;. .T.)

liiiil |i;ir ii|i|)('lt'i' If dialilc à son ;ii(l('; le dialilt» acroini. cl m'iil mois après vient an uiondc le pelil Holteil, (IncdosNorniands. Le jcniio i,Mrs t'Iail hoan et lori, mais nuTliaiil dcjà ((numc un drnion ; il liallail même sa nouiTice. Devenu grand, il se va eaclier <lans la l'orèl de l«onen, et, de là, il détrousse les voyageurs. 11 l'orée les ermitages, il met le feu au couvent, il viole les femmes et les llUes: (-'est le diaMe ! Qui l'attaque est tué, qui lui résiste est perdu. Enlin, un jour, ('pouvante lui-même de sa uiéclianeeté, il s'en va au eliàteau d'Aripies, qu'lial)ile la duchesse sa mère, et, l'épée à la main, il veut savoir pourquoi donc elle l'a l'ail si

médian I.

• ritMis, f;iit-elk', qiK' v(Mi\-Iii l'iiire? < I*(ir (|iiel mest'ail, por (lucl af;iire, "Me v.Ts-lii livroi' ii marlyro? >

Lui, alors, plus méchant (|ue jamais, il répond à sa mère que si elle ne lui dit pas la vérité, elle est morte :

» Cesle «'pco, liancliaiilo et \w\h\ l'croic l)()i(ir<' on vo corvcilc.

Poussée à houl, la dame dit son secret a son lils. Aussitôt Roherl le Diable s'en va à Rome, il se jette aux pieds du pape, imploianl une pénitence! Le pontife ordonne à Robert de faire le fou, d'être muet, de manger avec les chiens. Robert obéit. Fou, il est la risée de tous; muet, il supporte sans se plaindre les plus vils outrages; chien, il dispute sa pâture aux autres chiens. La paille du chenil suffit au l'on. Le chenil était situfsous les fenêtres de la lille de l'empereur; lille muette, mais pas aveugle. Elle vit le fou sur sa paille, et elle le trouva beau. Cepeiulanl le hruil court que les Sarrasins sont en Italie, il faut sauver lîoine et l'Evangile ! Un ange, vêtu de blanc, apporte à Robert une armure céleste; et Robert, la visière baissée, sauve le pape et l'Italie. Ceci fait, Robert revient à son chenil. Personne n'a vu sa gloire, excepté Dieu et la princesse impériale. Elle aime Ro!iert;et, dans un beau transport, elle s'écrie : Voilà notre sauveur! Qui est bien étonné? c'est l'empeieur. Il offre sa lille à Robert :

' Moull bon père vous serai, ( .Ma lille espouser vous ferai , " Et vous (lonrai tout mon empire.»

Mais Robert n'accepte ni l'empire ni la princesse; il veut accomjdir jusqu'à la lin sa pénitence. <> Il alla en Jherusalem où il fut hermile <i toute sa vie, et là UKUirut saintement; el la Mile fui mariée à (îansou, « duc (l'Orléans! ' i

' IHuloirc fie .\nnii(i)idii\ ITiSS.

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