I. A \()i{.M\M>ll
Oiidi (in'il ni soil. si le iiuiii de Jtolwrl le O'uihlc (;sl pailcml en NoiiiiaiMlic, vous Irdiivcicz les l'iiiiies do son cliâleati sur les liaulpui's du village: (le Mouliuciiux. udu loiu delà lorèl do Houi'iitlioroudo. C'est uu des plus vaslos paysai^cs do la pi-ovinoo. En ce lieu solcnuci, la Soiuc uiènic osl vasie cl, hruyaulc couiuic FOcéan, cl comme l'Océan elle est cliari^éc do voiles. Avoire droite, la vieille cité normande cache ses tours suporhos ilausloscioux; à votre ijaiu'l'.es'olovo, toute chargée de coudriers, de vieux iiorros etdo petites fleurs des champs, la montagne do Robert le Diable. Prenez garde de l'oulor d'un pied imprmlont cette heilie rare et desséchée, car c'est l'iierbe qui éijitre: et le voyagenr qui l'a touchée ne retrouvera pas son chemin, dùt-il marcher toute la nuit jusqu'au point du jour. Du vieux château plus l'ion ne reste, sinon quelques pierres et d informes souvenirs. Dans ces ruines où se lamente le vent du soir, le Diable l'ovienl à riieuro do minuit : — vous pouvez entendre ses cris plaiiilifs.
C II A n THF. III.
Les Norm;inds en lialie.- Diogoii ei le duc (leSiileriic. — Le clinlcaiurAvcrse.— Les Tancredi' de Hauievil
— Guillaiiiiie, Diogon, Ildiiilnn. —Ils délivrent l'Ilalie des Aialies et des Ciees du nas-Kiiipiie. —
MailresdelaPûiiille. — Le pape Lemi I\ donne à Uobert (luiscanl l'investiture de la Cnlalne el de
la Sicile. — Le f ointe lUiger à Messine.— l'aleniie. — .\llianre dn souverain poutife C.iegoireVIl
et de Rolierl r.niscanl, prince di' Sicile.— Déliais de Crégoire Ml el de Henri IV, empereur
d'Allemagne. — Itolierl (niiscanl au siège de Durazzo. — Il arrive au secours de
Grégoire VU.— Siège de lîome— Mort de Grégoire Vil.— Mort de n(diert Gui.scaid.
— Holiéniond, pi'ince de Tareule. — Sa \ii' el sa mon.
Dks s()niinelspo(''li(iii('s <|i' rApciiiiiii, si voli'c rci^ai'd ciiafini'' |tan'onrl les caiii- [la^iies (Ida Ponillc, cliaiitées par Viriiile, soudain \olre souvenir se reporte aux vieux Nonnanils «l'Ilalie, et aux contpièles de la rainille de Tancrède, à riieure lÏM-onde oi'i déjà le
onzième siècle couunençail. Celle vasle rontive apparlenail en ce leiiips-
\1 I. A NOKMANDIK.
l;i ail iiiailrc du Has-Einpire, qui tHail représenl»', à Malli inênie, par un liciilciianlà SL's ordres, chargé de gouverner laLombardie. Royauté disputée par l'empereur d'Allemagne, disputée par les réj)ul)liqiies naissantes : Naples, (Jaëte, Amalli, Sorrcnte, pendant (pu; dans le royaume de Sicile, à Malte, à Palerme, les Sarrasins étaient les maîtres; ils lenaieul les deux mers qui baignent l'Italie; ils uienaçaient Pise, ils menaçaient Salerne. — Ainsi était morcelée l'Italie méridionale, proie facile à qui la voulait prendre, lorsqu'un jour de l'an lOOG, des galères d'Amalfi ramenèrent à Salerne quarante chevaliers normands qui revenaient de Palestine, sous la conduite d'un chevalier nommé Drogon.
Le due de Salerne, à qui ces aventuriers ne déplaisaient pas, les lit inviter à venir se reposer chez lui quelques jours. La proposition fut acceptée; on se réunit, on se met à hoire, à raconter des histoires incroyahles, des actions fabuleuses et quelques-uns de ces formidables coups d'épée qui n'étonnaient personne, lorsqu'au milieu du festin, Drogon crut entendre, dans la pièce voisine, le bruit de l'or et de l'argent. C'était en effet le tribut que la Sicile payait, chaque année, aux Sarrasins; on comptait l'argent et on le pesait dans la salle voisine. « Mon hôte, s'écria Drogon, que fait-on là, et qu'est-ce donc, cette musique que j'entends? — C'est une musique d'argent et d'or, lui dit le duc de Salerne, une musitpie qui nous coûte cher et dont nous n'aurons que le son, car déjà vingt vaisseaux arrivent sur nos côtes, pour emporter cet argent et cet or. — Pardieu ! dit le Normand, voilà une trop belle harmonie pour de pareils mécréants, il ne sera pas dit qu'ils en auront toute la joie; achevons cependant notre fête, et demain, mes compagnons et moi, nous irons recevoir ces leveurs d'impôts. » En effet, les Sarrasins accouraient au nombre de vingt mille, ils arrivaient sans défiance, comme des gens qui n'ont qu'à peser de l'or et à l'emporter dans leurs vaisseaux... ils furent reçus à coups d'épée, à coups de lance, et pendant qu'ils se demandent : Quels sont donc ces ennemis inattendus, vomis de l'enfer? le Normand en lit une horrible boucherie. En même temps la ville de Palerme, délivrée et vengée, battait des mains au courage de ces étrangers. Elle s'écriait qu'ils étaient dignes d'être les maîtres, puisqu'ils savaient si bien protéger et défendre, renverser et détruire. — En témoignage de leur vaillance, il n'eût dépendu que des Normands de rester les maîtres dans Palerme; les Normands promettent de revenir plus lard, et cependant ils partent, emportant l'or et l'argent destiné aux Sarrasins.
Le retour de ces hardis aventuriers fut un triomphe véritable pour la