‹ La NormandieChapitre 102 sur 118 · I.A NOil M A \ 1)1 K · texte numérisé non relu

I.A NOil M A \ 1)1 K

(|ii(' 1 riilisc iiKMMc (le Dieu nV'liiil pas rospecléo, il avait (Mii[Mtilt'' dans sKii niaiilcau la saiiile Vierge el sa chapelle. La chapelle a gardé la slaliie (le la Vierge. Ce vieillard es! un conlempoi-ain de (jiiillanine , — c'est le vieux Chêne d'Aliouville .

Dans ce nièiiie royaiiiiie (rVvel(>t,N«///rKf//(T// était le poit du royaume, Mil p(»rl digne de cette heureuse et calme reyaiil»'.

Dans V arrondissement de Neufchàtel, on vous montrera la forteresse i|ui a donné son nom à tout le cauton. Dieu merci! ces monstrueuses masses de pierres ont servi à construire des fermes, des hameaux , des chapelles, des maisons de campagne, et nul ne se douterait, à retrouver ces déhris épars dans ces plaines verdoyantes, que le roi d'Angleterre, Henri I", a taillé ces pierres , et que tour à tour elles ont été prises et perdues, reprises encore par le comte de Flandre, par Jean sans Terre, par le duc de Bourgogne, par ces ravageurs de provinces dont les noms sont en tous lieux. — Neufchâtel, autrefois le pays de la guerre, aujourd'hui le pays de l'ahondaïice , canton fertile qui renferme dans son enceinte de verdure, Blangy, Craucoiirt, Saint-Saens ; Saint-Saeus la normande et la belle: Gournay la fertile, et tant de ruisseaux au doux murmure, tant de fontaines salutaires : la Béthune, la Bresle, l'Epte, les eaux de Forges; vallée sanitaire qui se rappelle le roi Fouis Xlll ,

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I;i n'inc Aiint' d Aiiliiclic, le ciinliiiiil de Iiicln'licii. A ces «muscs, rniic (les sources de Forges s'appelle la lUinciic, TaiiliM; la lloijalr, |;i troisième eiilin la Card'nialc. La vallée de Forges est un jardin pill(>rc,s(|uc , rien n'y manque : les (leurs d'hier cl les vieux arbres, l'ombre el le soleil, les Irais sentiers, le repos, l'oisiveté des campagnes; ou bien encore le malade et l'oisif, l'heureux malade! adopte de préférence les eaux d'Aumale; Aumale l'indiisliieuse , après avoir ('(é la guerrière. Nous avons vu le roi Guillaume s'emparer de son château torl, Philippe- Auguste la preiulre de vive force et la renverser de fond en i^omble. Aujourd'hui la ville se repose de sa gloire passée par un travail assidu : la première , elle a enseigiuî à la Normandie l'art de fabri<pier les étoffes (le laine; les serge's, les toiles, les blondes, les tilatures, les faïences ont remplacé les armures, les bruits de guerre, les soldats armés, les batailles; dans ces villages arrosés de tant de sang, le laboureur promène sa charrue sans se douter de la guerre qui a passé par là. Nous retrouverons l)ientôt, pou»' achever dignement le côté poéticpie de notre livre, Dieppe et le château d'Eu, et le Tréport, et cette royale histoire dont ces beaux lieux naguère ont été les témoins. Revenons, s'il vous plaît, quel- (jue peu sur nos pas. A peine avons-nous effleuré le déparlement de {'Eure, le chemin de fer nous emportait si vite! Ce département de l'Eure se compose d'une partie du pays de la campagne du Vexin normand, du Roumois, du pays d'Ouche et du Lieuvain, cpii faisait partie de la haute Normandie. Une vaste plaine, divisée en six plateaux, compose le département de l'Eure; l'Eure, l'Ron, la Seine, la Rille , la Charentonne, servent de limites à ces plateaux. Ce ne sont que vallées prcdondes, champs cultivés, riches enclos, forêts, plaines chargées de pommiers. Au printemps, savez-vous rien de plus joli (pie les ponnuiers en lleurs'f et pour couronner ces pittoresques collines, quehpies ruines histori(iues! — Laissez-nous cependant reproduire ce beau portrait de la Normandie comme l'a vue, il y a soixante ans, un savant écrivain de nos jours; c'est le sorcier de M. Alexis Monteil (pii parle ainsi :

" Entrons d'abord dans le pays, qui, suivant un célèbre Anglais, est « le plus riche du monde. Quel est ce pays? quel est cet Anglais? C'est « la Normandie, c'est Arthur Young. Apprenez de lui que le peuple qui « élève le plus de bestiaux est le mieux nourri, le mieux vêtu. Là sur- ' tout j'en ai vu la preuve. Lorsque, dans la Normandie, les bonnes '< gens me disaient aux longs jfuirs : Monsieur le sorcier ! monsieur le » sorcier! notre bonne, notre mauvaise foitune! je leur répondais: < QiKdle mauvaise aventure pouvez-vous donc avoir? vous ne risquez

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|i;is (le iiioiiiir de liiiiii , r;\v vous Ijiilcs jns([ii"à six l'Cjias, Irois à l:i viaiitlt'. Ici cl là, cl pailoiil, a coiiliiiiK' Tropliynic, vous verriez aussi (le i^raiids pois de graisse de roi;nou de Ixeul" salé, poivré, avec laquelle ou assaisonue l'autique soupe aux choux. Aux repas pris dans les chaïups , l'alinieiit le plus ordinaire est la bouillie de sarrazin: quchpicl'ois, dans ces immenses plaines de IVomcnl , dans ces mers ondoyanlcs d'épis dorés, la curiosité vous arrête devant une famille ou maisonnée de vingt, trente personiu^s, assises sur des escabeaux auloiir dim i^rand bassin plein de cette bouillie où chacun trempe la cuiller (piil a auparavant graissée légèrement dans le pot au beurre, plact' au milieu. Quel bon appétit! quelle bonne chère! ({uelle hilarilt' ! qiu'llc santé! Et, me direz-vous, le pain ! le pain! de quelle couleur est-il ''. Je vous assure cpie tous les jours il blanchit , et ([ue de pins en jdus il s'approche du pain chanoine : c'est ainsi qu'on y nomme le pain l)lanc. Quant à l'habillement, il est comme la nourriture, simple et sain. Les hommes sont velus d'excellent gros drap de laine à c(Mes de til; larges chausses de Louis XIL Les femmes portent le hennin de Jeanne d'Arc, ce haut clocher de toile et de dentelle; la capette, ou ancienne parure des [)rincesses capétieimes, serre leur laille et flotte au-dessus de leur large jupe écarlate... Venons aux meubles, continua notre géologue diseur de bonne aventure ; mais venons auparavant aux maisons. Elles sont en général aujourd'hui bien bâties, et, toujours de plus en plus grand nombre , sont couvertes de l»elles tuiles ; elles restent de plus en plus chaumières à mesure qu'elles s'approchent de la mer; près du littoral, elles ne consistent qu'en un rez-dechaussée dépavé, grenier au-dessus. —Dans ces pays, le mobilier ma semblé être à peu près celui des villageois des différents pays. Où ne Irouve-t-on pas le grand lit à ((uenouilles pour le père et pour la mère, la grande table, les deux grands l)ancs, les bancs-selles , les escabeaux, le dressoir, les ustensiles de cuivre ou d'étain , le grand pot à trois pieds, le grand plat, la grande gamelle des champs":' Vous vous doutez d'ailleurs, et avec raison, que là, comme ici, l'échelle des foi'tunes se montre surtout aux meubles. — Je veux maintenant, et tout de suite, crainte de l'oublier, vous prouver condjien ma profession de diseur de mauvaise et de bonne aventure me donnait accès dans les maisons. Je vais vous faire connaître la domesticité de ce pays en ce qu'elle a de particulier et d'exenq)laire. J'aime bien (pi'ici, outre le salaire, le maître donne à ses domesticpies des vêtements, des souliers, des gamaches ; j'aime surtout ([noi\ les intéresse aux

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« profils évciiliiels de la maison , en les gralilianl de vingt, trente sous « à la vente d'un cheval, dun Ijœuf, d'un tonneau de cidre. Les valets X et les gens de travail sont là d'ailleurs , comme dans tout le Nord , « couverts d'une blouse bleue; il y a de particulier (pie les bergers le " sont d'une blouse blanche. — Dans la l'iche et industrieuse Nornian- « die, la bêche ne se montre guère hors des jardins. — Les champs " sont labourés avec des chevaux, des bœufs. — Les bœufs, si je puis ' porter ici les termes du théâtre , sont les doubles des chevaux, c'est- « à-dire que, lorsque les chevaux sont fatigués, on laboure avec les '< bœufs : quelquefois on attèle ensemble les uns et les autres. — Je me « hâte d'ajouter ici ce qui me reste à dire de la Normandie, car, si je « passe dans sa belle vallée d'Auge , il me sera impossible de parler « d'autre chose que de cette belle vallée. — Les villages de la Nor- « mandie ont conservé l'ancien usage porté par leurs pères en Angle- « terre, celui du couvre-feu ' que la cloche de la paroisse sonne encore " à neuf heures du soir sous le nom de retraite. — On parle des fréries, « des nombreuses maisonnées de Limousins, tous fils, petits-fils ou « descendants du même père. Il y a mieux, dans cette province : il y a « des hameaux habités par d'antiques parentés dont toutes les familles « portent le même nom. Je citerai celui de la Gousserie, où tous les « habitants sont le Monnier; celui de la Hénardière, où tous les habi- « tants sont Hénards ; celui de la Gomondière, où tous les habitants >< sont Gomonds. Quand quelqu'un part, il entre, va prendre congé ■< dans toutes les maisons ; quand il arrive , il est embrassé à toutes les « portes. — Chez les bons villageois normands, vous passerez dans cer- " tains cantons où, comme chez les anciens, tous les états, tous les « âges, tous les sexes se tutoient. — Nous nous approchons enfin de " cette belle vallée d'Auge qui s'ouvre à nous. Ah! représentez-vous, « au milieu du cristal des rivières, un large tapis vert de trente ou qua-

' " Le dernier son de la journée s'appelle le son du couvre feu (ig)tifegiumj, qui se sonne le soir, entre six et huit heures, k une cloche seulement, s'il n'y a carillon, et doit avoir vingt-six traits. Le dernier son était pour la prière et pour la retraite, ou enfin le couvre-feu, pour aller coucher; de sorte qu'il n'était plus permis de sortir de la maison après que cette cloche était sonnée. » — Desmarettes, dans ses Voyages liturgiques , récite, même à ce propos, le texte d'un ancien concile de Normandie tenu àCaen l'an 1061 : '< Ut qtiotidie sera per signi pulsum ad preces Deofundendas quisque invitaretvr, nique occlusis foribus domorum ullra vagarl veiitum admonerelur. » — J'imagine aussi que M. Monteil eût été hien content s'il eût découvert l'ancienne pancarte, affichée imporlail des Libraires : « Déclaration de la sonnerie ordinaire de l'église de i\olre-Dame de Rouen, ordonnée en chapitre général.,— 1731. »

r.iiilt' liiMics canccs; i'('[»n''sciilez-voiis ce beau lapis divisé en vastes eomitailimeiils pai' des haies entremêlées de merisiers. Voyez-le, loul l»lanlé de iieiiimiers en Heurs; voyez ici des i>ron[»es de maisons conslruiles en blanc lorcbis, couvertes d'un chaume vermeil pr(>[»remenl taillé, olîranl toutes des portes et des fenêtres encadrées de briques routes. Voyez de nombreux troupeaux de vacbes qui portent tant de seaux de lait dans leurs mamelles. Ces fermes recouvrent des laiteries souterraines où se manipulent ces rouîmes fromages du Livarot, ces pains de trente, i[uaraute, cinciuante livres de ce délicieux beurre d'Ysigny, qui fond en a|)prochant de la bouche. Voyez plus loin, à l extrémité de ces grands herbages, de longs hangars où se retirent la nuit de nombreux troupeaux déjeunes chevaux, de jeunes bœufs, vivant dans la liberté, rabondance de la nature. Voyez-vous, en même temps, ces joyeux essaims de jeunes bergers, de jeunes nourrisseurs, de fraîches laitières, de fraîches fromagères , sous l'administration patriarcale de ces bons fermiers berbagers, qui donnent leurs ordres au milieu des chants de la joie, au milieu de la richesse générale; car là des ruisseaux de lait font couler des ruisseaux d'or, que viennent grossir la vente de forts chevaux, la vente des énormes b(eufs dont tel parc (je cite celui de Saint-Léonard) en renferme justpi'à tntis cents tètes, qu'on ne vous donnerait peut- être pas pour deux cent mille francs. Mais sans doute vous voulez savoir ce qui produit la maiïie de l'en^raissaiie de cette grande armée de bœufs gras, arrivés si maigres du Limousin ou du Poitou? Le voici. Au printemps, plantureux pâturages et forte ration de farine de grains mélangés ; en automne, plantureux pâturages de regains, même farine, même ration. Monsieur le sorcier ! monsieur le sorcier ! me criait-on , la bonne aventure! la bonne aventure! Oh! mes amis! la bonne aventure, c'est d'être venu dans votre beau et ricbe pays; la meilleure, c'est d'y rester. — Lorsque, d'autres fois, on me disait : Monsieur, mon bon monsieur, nous voulons savoir notre avenir! et que je répondais : Votre heureux avenir est dans votre lucrative navette, dans vos tissus de draps, de toiles, de coutils, de calicots, j'étais encore en Normandie ; mais lorsque ensuite je répondais : Votre heureux avenir est dans votre lucratif marteau, j'étais entré dans la Picardie, où surtout l'on travaille sur le fer. C'est une grande innovation, à peu près de notre siècle , que celle de presque tous les arts exercés sous les toits des villageois aux intervalles des travaux des terres. L'alfraucbissemenl, le déchaînement révolutionnaire de l'industrie ne lui a |tas nui. —

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" ViliiiiK'S, hideuses iiiiiisoiis diiiis pliisicuis villages de; l;i Ndiiiiiuidu! , « de la Picardie, de lAi'lois el de la Flandre. Là on ei'oil (|ii'il n'y (;ii a " |»as de piies, (|uand on a pas vn celles près de Paris, dans le Ihii'e- « i»oix; et là encore on croit qn'il n'y en a i)as de pires quand on n'a < pas vn celles du reste de la France. Toujours ces hideuses maisons « au milieu du village m'ont paru comme des niendianls <-ouverls de « haillons au milieu du peuple. Le comité de salut puhlic avail demandé " aux artistes le modèle dune chaumière la plus saine, la plus écono- « inique. Les arts n'ont pas répondu : ils auraient dvi et ils devraient '< répondre : (^es beaux-arts sont les plus beaux lorsqu'ils sont les plus ' uHles. »

Voilà ce (fui s'appelle raconter avec son cœur," décrire avec son cspi"it, savoir l'histoire, aimer le peuple. Que M. Monleil a bien fait de se délivrer de Vliistoire-bataille, comme il l'appelle ! A chaque instant celte histoire-bataille nous arrête , nous autres qui n'avons pas cette ferme volonté. En vain l'avons-nous reléguée dans les premiers chapitres de ce livre, elle reparaîl toujours. Le comté iiEureux à lui seul, si vous saviez combien de gros livres il peut remplir, rien qu'à remonter à IMiilippe-Auguste ! — La forêt d'Évreux , la forêt de Pacy, Dreux et le château d'Anet, et les l)ords de l'Ilon, ont vu passer victorieux et toutpuissants les comtes d'Evreux, les rois de Navarre; ces contrées heureuses bénissaient le roi Philippe le Bon et la reine Jeanne de Navarre. Leur lille , Blanche de Navarre, appelée dans le pays la belle sagesse, avait épousé le roi de France, Philippe de Valois. Blanche avait dixhuit ans, le roi en avait cinquante. — Son frère était ce même roi de Navarre , appelé le Mauvais par ces mêmes peuples qui avaient surnommé son père le bon roi. Méchant homme, en effel , d'une astuce im;royable, d'une aml)ition égale à sa perfidie, son premier exploit fut d'égorger le connétable de la Cerda; el comme un crime ne va pas seul, tout couvert du sang du connétable, le Navarrois appelait l'Anglais dans le royaume du roi son beau-père. De la trahison, cet homme d'un si b(m lignage passa à la débauche; épuisé, nn'né au dedans par la fièvre et [»ar le remords, il finit par s'affaisser sur lui-même, comme s'il eût été un de ces énervés dont nous vous avons dit l'histoire. Pour réparer les forces de ce misérable , les médecins l'enveloppèrent d'un drap imbibé dans l'esprit-de-vin; le drap prit feu })ar la maladresse providentielle d'un valet, et Charles le Maucais connut avant de mourir les tortures de l'enfer. — Du passage des Romains fils sont partout) le comté d'Evreux a conservé im a(pieduc, des bains, un théâtre, des mosaupies. Après Rouen

■Il : 1^ V.l

LA NOll.M A M)l i:.

cl runes, Aiimiicii iMiiicclliii cilr. pour son inipoi'liincr, l;i ville d F.vi'cnx : elle lut nue des dernières cilés ipie les Iloniiiins eédèienl à (>lovis. Une doidde colline enlonre l;i vill(> an noi'd et au midi; l'iton la baigne de ses ciuix xivcs el ii;nis|iai('nles. Ses vergers , ses jardins, ses prairies, send)lenl domines par la callK-drale d'Kvrenx , dareliiteelnre pri-

mitive. — Saint Taurin est le premier |nt'dieatein" de la foi chi'étienne el le premier ëvèque de ces contrées. Après sa mort il fut enterré loin de la ville d'Évreux, et dans l'emplacement même de l'église qui porte encoi'e anjourd'hni le nom de Saint-Taniin. Tout comme l'apotre de Pmuen, l'apôtre d'Evrenx a eu sa légende; avec ses liienlaits , le pen[ile reconnaissant raconte ses miracles. Il était nt' à Rome, sous Domilien, d'un père idolâtre et d'une mère chrétienne, Eutichie; mère de cet enfant, elle rêva qu'un ange portait aux lèvres de son fds le beau lis de la puret('' cbrélienne. L"(Mdant cul pour s(mi parrain le pape saint Clé-

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niciil , qui rciivoyji juvchci' l'Evani^ik' (l;ms «-clic |t;iili(' des (Iniilcs. OKuvre dillirile, pleine de liiUes et de périls. Au villaiïc de (lisîii, sur le cheniiii de Bercey à l'Ai^de , on vous iiionlre encore le (•«nidricr qui l'nui'nil des branches au prélel Licinius piun- fra|q»er de veri-es révèque d Evreux. De ce coudrier il est (|uesti(ui dans le iiréviaire d'Évreux : « ad hoc usque tenipus dnrnvit corylus. >> Avant de mourir, comblé d'ans et d'honneurs, le saint évèquc avait lui-même désigné le lieu de sa sépulture, et comme les fidèles portaient son cor|»s eu pleuraul, le saiul se leva de son cercueil : « Enfanis, leiii" dil-il, pouripioi pleurei' :* nous nous reverrons dans le ciel! » Ceci dil , il relondia dans son repos. Ce ne fut que vers l'an 600, et sur la tombe du prélat, (pie fut élevée cette église remarquable par les inci'ustations de forme carrée, rouges et noires delà façade; c'est la seule église nornuuide qui soit décorée ainsi. Le monastère de Saint-Taurin fut un des premiers que relevèrent les ducs de Normandie. Aujourd'hui encore, après huit siècles, la chasse de saint Taurin est une des leuvres les plus curieuses du moyen Age. Par un miracle qui n'est pas le moindre des miracles de saint Taurin , cette chasse échappa aux spoliations révolutionnaires du comité de saluI judilic. Retrouvé dans un grenier de l'Hôtel-de-ville, ce précieux monument de la piété de nos pères a été rendu à ces honneurs méi'ilés. La châsse de saint Taurin représente une chapelle gothique surmontée de son clocher. — Les bas-reliefs vous racontent les miracles de la vie de saint Taurin. Le mii'acle de l'ange et de la fleur de lis, l'enfant présenté à saint Clément par sa mère; le baptême de saint Taurin , sa vie. ses nKcurs, ses œuvres, sa mort, toute la légende : tels sont les sujels des autres bas-reliefs. Cette chasse d'Évreux est à coup sûr un des chefs (l'œuvre de cette brillante époque des arts au treizième siècle, quand les artistes de l'Orient eurent apporté quelques-uns de leurs secrets aux peuples du Nord. — Les ruines du couvent de Saint-Taurin portent les traces des différents âges de l'art chrétien : le génie romain, et le génie arabe , et le génie normand , se mêlent dans ces arcades élégantes. Dans le vit^il Êvreux , parmi les pierres de l'aqueduc, les antiquaires ont ramassé des fragments très-curieux dont l'histoire saura faire son profit.

Voulez-vous cependant (jue nous vous parlions d'une ruine d'hier, du plus célèbre et du plus moderne château de Normandie, dont plus rien ne reste que le souvenir? le château de Navarre! C'est une histoire pleine d'intériît. A la porte même d'Évreux s'élevait naguère, mais elle vient d'être vendue en détail et déchirée connue un vieux manteau , celle

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