I. A NOii >l ANDIK
iiiaisdii i"oy;ilt' , iiiu' des plus iii;iL;iiili(iiies (lt3 la N()niiaiiili(.' ! Il en l'aiil [larler loiil de suile, [)arce (uravanl {loii , iiièiiic lu soiivuiiii' de celU; (j'iiM'e JM'isi'e d(! Maiisard aura dispiirii (•oiiiiiie a disparu le preriiier rliàleau élevé à celle niéiiie place, par Jeanne d'I^vreiix. Le lils de Louis /(■ ///(//'// avait lail creuser ce canal, (pii le «Minduisail de sa maison de Navarre en son château d'Evreiix. iXavari'C dominait la vallée de l'ilon ; nne avenue de vieux ormes annonçait ces demeures royales. C"(!sl à la reiiu' Jeanne ([ue commence Navai're; la noble princesse avait en elh;mème le sentiment des grandes choses; elh; aimait ce beau lieu «(u'elb^ avait eudtelli de ses mains, elle y venait chaque année, les meilleurs gentilshiuiimes de la Normandie s'estimant heureux et fiers d'accompagner, dans cette l'ctraite, la reine de Navarre. Quand elle eut suivi dans sa tombe respectée son digne époux , Philippe le Bon et /c Smjc , la digne dame, le château bâti, par sa mère, fut négligé par (îharles le. Mauvais. — En 1 414), le roi Charles VII y vint avec Agnès et Dimois, et La Hire et Xaintrailles: c'était le chemin du roi pour aller à Louviers, « où se faisait la plus grande plante de dra|)erie. » Avant de s'occuper du château de Navarre, le roi Louis XI lit rebâtir le château d'Evreux. François I", quand il y passa à son tour, était monté sur sa blanche iiaquenée ; il [)ortait la leiue en croupe; du voyage était Marguerite de Valois, ducliesse d'Alençon, l'aïeule de Henri IV; ((iii encore':' h; grand connétable de Bourbon, le seigneur de Lautrec, l'amiral Bonnivet, chacun d'eux menant une dame et poi'tant ses couleurs ; le chevalier Bayard montait son cheval de bataille, et ne portait personne en croupe. Le roi coucha au château de Navarre, et vous pensez bien que, nonobstant la reine, la vérital)le reine du voyage, la comtesse de Chateauhriaut, Françoise de Foix n'était pas loin. On a parlé longtenqis, dans ces c(uilrées, des cbasses de la foret d'Évreux, — splendeurs d'un instant, les premières splendeurs de ce règne du courage, des folies et des amours. — Ceux-là passés, il faut attendre plus d'un siècle avant de revenir au château de Navarre. On dirait le palais de cette belle princesse tpii doit dormir plus d'un siècle avant l'heure du réveil. Dormez, jeune lille , dormez; laissez les soldats se battre, et les villes tomber, et les princes abandonner les rois, leurs maitres. Laissez la ronce et la ruine déleudre l'entrée de ce palais du repos et du sommeil, l'heure de vous réveiller ne viendra que trop vite. Le 23 se[»tembre l()0o, Henri IV vint à Nav.irre avec sa seconde femme, Marie de Médicis ; tout comme le l'oi François I", Henri IV portait la reine en crou[ie ; on m- dit pas (pielle était la dame suivante, mais soyez sur cpi'il y eu avait une; Henri IV trouva (pie Na-
varre éUiil une ruine; en eliel, au boni de cinquante ans, c est à peine si l'on leconnaissail la trace du château de Jeanne d'Evreux. — Plus lard encore arrive le tour des ducs de Bouillon, Henri de la Tour, comte de lîeaufort, lilleul de Henri H. — De celte source vive, bientôt tarie, devait sortir le grand Turenne. Le père de M. de Turenne, Maurice de la Tour, deuxième comte d'Evreux, avait fait l)àtir, en 1656, le dernier château de Navarre, que la spéculation vient de démolir. Mansard éleva les murailles, Lenôlre dessina les jardins. En tout ceci, Lenôtre se conduisit comme un grand artiste qu'il était ; il savait dompter la plus rebelle nature : les eaux étaient forcées de lui obéir, les arbres grandissaient à sa voix, les gazons s'étendaient au loin sur un signe de sa main ; les arbres des pays chauds accouraient autour des bassins qu'il avait creusés, les cygnes y venaient prendre leurs ébats; la maison s'élevait en même temps que s'étendaient les jardins; œuvre merveilleuse, œuvre complète à laquelle le peintre, le statuaire, tous les arts avaient travaillé à l'envi. Une fois disposées, ces nobles demeures se remplirent des plus grands noms de la monarchie française : le duc d'Orléans, le prince de Conli , le duc de Vendôme, le duc de la Rochefoucauld et ses frères, la duchesse du Maine, et celte belle duchesse de Mazarin , qui pensa être reine de France. Les poêles et les beaux esprits, dont les grands de ce monde ne peuvent se passer, se trouvèrent naturellement mêlés à cette belle compagnie, si grande, que jamais la Normandie n'en avait vu de pareille. — Lafare et Chaulieu faisaient les délices de Navarre; Chaulieu surtout, enfant de ces domaines, né à l'ombre de cette forêt, bercé au murmure de ces eaux limpides. 11 avait eu de son patrimoine un petit coin de terre qui convenait au duc de Bouillon : Lenôtre avait même déclaré qu'il ne pouvait pas se passer de cette prairie pour l'ordonnance de son parc. Le duc envoya chez le poëte son homme d'affaires, avec l'ordre d'acheter, à tout prix, le petit champ du poêle. Chaulieu laissa pi-endre, sans marchander, ce coin de terre dont tout autre propriétaire normand eût tiré un grand parti; le duc de Bouillon, trouvant que son voisin était un gentilhomme , le traita en gentilhomme ; l'esprit de Chaulieu lit le reste, et avec son esprit, son bon sens, son tact parfait, sa retenue un peu normande, ce grand art de plaire aux grands seigneurs que recommande le poëte Horace comme le plus diflicile de tous les arts :
l'rinciinbua pUuiiissc viris non iilliina hms es/ !
Bref, ce courtisan, homme aimable, homme habile, bel esprit ipii u(; parlait qu'à son tour, favori sans bassesse, tlatteur de bon goût, honnête honmie