‹ La NormandieChapitre 104 sur 118 · I.A NOini \M)IK · texte numérisé non relu

I.A NOini \M)IK

t'iiliii. ('.liiiiilitMi le pot'lc (ildiiil la jtcriiiissioii de (Icveiiii- raninurciix ni litre (le mailaiiie la diicliesse de Bouillon cUe-niènie ; ee fut loiil ce (juil en eut, mais il nen rêvait pas davaulaiie. J'iniai^iiie même ([ue s'il eùl élé pris au mot , raimaltle puëte, il se fùl trouvé très-emhanassé d'une intrigue réglée avec celte grande dame, « qui avait de l'esprit et de lin- « telligence connue (piatre démons, et de la méchanceté comme qua- ' torze diables, « au jugement du duc de Saint-Simon. — En même temps que s'en va la monarchie française, disparait dans le même nuage la maison de Bouillon. Le château de Navarre se devait souvenir des licences de la régence. Le luxe est au comlde, tout comme le vice. En 1749, il n'y a pas encore un siècle, dans ce château vendu à l'encan et dont pas une pierre n'est restée sur la pierre voisine, arrive le roi Louis XV, magnifique, charmant, heureux! Il conduisait à sa suite les lestes compagnes de sa chevauchée : madame de Pompadoui", madame de Brancas, la marquise d'Estrades, la marquise de Livry. Le jeune duc de Bouillon, quatrième comte d'Évreux (il avait vingt-quatre ans), compromit ce qui restait de cette grande fortune pour recevoir royalement le roi de France. En cinquante jours le duc fit construire ce qu'on appelait le petit château de Navarre, t(uit exprès pour que le roi y put passer une seule journée. Dans le salon étaient représentées les favorites des rois de toutes les époques; reine de toutes, madame de Pompadour éclipsait ses rivales. Hélas! c'était la fin de toutes ces grandeurs. C'est toujours au plus fort de l'orgie, la statue du Commandeur qui vient interrompre les amours, les folies et les crimes de Don Juan. La débauche, horrible fantôme, se promène en manteau de souveraine dans les ruines de cette maison royale, devenue un lieu d'horreur et de confusion : Ibi imllu.s ordo , sed sempkernus horror iuhabilat. Ecrasé par la première révolution, la vraie révolution, le château de Navarre se releva un instant sous la volonté de l'empereur Napoléon, impuissante à relever Versailles. Au château de Navarre, l'impératrice Joséphine, après son divorce, vint expier ses heures suprêmes de joies , d'orgueil , de triomphe ! Que de larmes elle a versées dans ces splendides murailles! Quelle solitude après tant de bruits immenses! A-t-elle appelé assez longtemps cet empereur qui ne devait pas venir!

Trop heureuse encore si elle eût pu l'eslei' cachée dans les ondtrages de Navarre, si la forêt d'Évreux eût pu calmer ce pauvre c<eur agité de tous les regrets! Et maintenant c'en est fait à tout jamais du château de Navarre; les ducs de Bouillon sont inorts, la maison a été démolie, les arbres ont été coupés, les jai'dins dcssiiH's par Lenôtre sf>nt \endus eu

,-,()(i - l-A NOIiMANDIK.

(Irlail aux fermiiM's normniuls ; allons, ccsl niaiiileiiaiil voliv Idiir, arcourcz, los Iravailleiirs; soyez les bienvenus, les laboureurs. Usines, moulins, enclumes, marteaux , emparez-vous de l'emplacement de ces magnificences royales. Plus de gazons, plus de palais, plus d'eaux vives cl munnuranles, plus de récils de gloire etdecombals, plus d'écussons, |»liis d'armoiries, plus rien, juste ciel! des élégances et de la poésie d'autrefois!

Dans l'arrondissement d'Évreux , vous aurez aussi nn regard pour ce joli petit village de Mesnil-sur-l'Eslrées; la vallée est fraîcbement arrosée par la rivière d'Avre. Neuve-Lyre, sur le bord de la Rielle; Pacy, ville forte autrefois, agricole aujourd'bui ; Rugles, qui forge le fer, qui travaille l'acier, qui fabrique les plus ricbes étoffes; Verneuil , qui na rien gardé. Dieu merci! de ses deux tours, de ses quarante-trois tourelles, de ses cinq portes principales. Dans la plaine d'Ivry, à buit lieues d'Évreux, Henri IV a battu les ligueurs du duc de Mayenne. — L'arrondissement des Andrlijs nous rappelle tout de suite la forteresse qui supporta les plus bardis exploits de Piicbard Cœur- de- Lion et de Pbilippe- Auiïuste. — A Bourg -Iicai(douiit, dans cette longue avenue de vieux ormes, le mari de madame Roland s'est tué de ses mains. Les vives et rourageuses clartés dont nuidame Roland s'est entourée dans sa vie et dans sa mort ont jeté dans l'ombre ce noble vaincu de la Gironde ; et l»ourtant, par la modération de son esprit et les bons sentiments de son cœur, Roland méritait de tenir sa place parmi les bonnêtes gens qui auraient pu sauver la révolution française de tant de crimes. Celte mort en jdein cliamp, loin de tout secours, est tout à fait un trait d'béroïsme. Dans ces temps afl'reux où c'était un crime d'ouvrir sa porte aux proscrits, ce proscrit eùt-il été votre père, Roland s'est tué, en plein air, pour ne compromettre personne. — A Chmieval , Cbarles IX, couvert du sang de ses sujets, espérait trouver le repos qui le fuyait toujours. — flcouk, dont Enguerrand de Marigny fut le bienfaiteur. — Fontenay. ("Jiaulieu a écrit de cbarmants vers sur les arbres de Fontenay : Beaux urines (jui m'avez vu niùire. bientôt vous me verrez mourir! Là était sa maison , là vivait son père; là il se reposait de cette vie dévorante : fêtes, luxe, festins, courtisans! — Entendez-vous ce grand lu-uit? voyez-vous celte immense fumée? Quaml il fait nuit, quelle est celte flamme qui brille ' — Ce sont les fourneaux, forges, martinets, laminoirs de Boniillij. — Gisors eutiu, la ville forte d'autrefois, ville poéticpie aujourd'bui. — Ricbe calbédrale sur laquelle le treizième siècle a répandu ses plus (îxjpiises élégances; (iisors, non moins (pie le Cbàleaii-riaillard , nous

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