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r;i|)|)olle les coiiilials , les assiiiils, les vcii^caiHcs. Kolicrl de lîclcsiue , 1(^ Vaiiltan du iiioycii àiic, avail l»àli le cliàlcaii de (iisors, parles ordres
Mième de (iuillaimic le Houx, et loiil exprès pour iiicltre à l'uln'i du roi de France la provinee de Normandie. Maître du cours de la Seine, niailre de Manies, de la Roche-Guyon, de Vernon , (juillaume le Roux, par le cluUeau de Gisors, couvrail la roule hanle (pii conduisail de Pontoise à Rouen. Le cliàleau de Gisors inquiéla longlernps les rois de F'rance; il lui un i^rainl sujel de convoilise pour Philippe-Angusle justpi'en 1193. — Dans l'arrondissenienl de Jkmctij vous avez Bcanmont-le-Roger, un cliàleau iorl posé sur un rocher inaccessible ; le rocher esl dehonl, le chàleau est tombé tout comme est Uunbée l'abbaye fondée par le comte de Meulan. — Sur la Gliarenfonne la l'emme de Richard 11, Judith de Rretagne , avail fondé une abbaye de Rénédiclins ; là elle fut enterrée, là elle repose encore, plus heureuse que la reine Malhilde elle-même. — Biionne, guerrière et pédante: Guillaume le Coiuiuémnt y tint une espèce de concile. — \.'abbaije du Dec; à ce nom seul les amis de l'ancienne histoire sentent retentir un regret dans leur cœm'; autant el plus peut-être rpie Jumiéges el Saint-Wandrille, labbavc du Rec fut une réunion savante des intelligences les plus
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avîiiicées du oiizièmt;, du doiizièmo el du li'eiziôiiie siècle. \/,\ première, ('cole (lui ait remis en honneur les langues de l'aulifpiitë , (ï'est l'école de l'abbaye du Bec. Nobles murailles! F.oiu du bniil désarmes, loin des passions sanglantes, on y cultivait en jtaix les arls, les sciences, la poésie, la théologie enfin, celte science mère des sciences, la science des nobles esprits, des plus grands politiques! Dans ce coin de terre que la guerre respectait souvent, les plus nobles familles de la France et de l'Angleterre envoyaient les enfants destinés au gouvei'neinent des deux pays , avant de devenir ennemis, ils étaient condisciples; ils se réunissaient dans la même école avant les luttes terribles du champ de bataille ou du conseil des princes. — De l'abbaye du Bec les plus vieilles parties sont détruites; l'église, qui était un chef-d'œuvre, a été renversée , les murailles restées debout attestent encore les magnilicences d'autrefois. La campagne du Neubourg est célèbre entre ces riches domaines; campagne fertile, mais fertile comme un immense champ de blé. Dans le château du Neubourg (nous laissons là l'histoire féodale) a été trouvée celte grande fête de tous les jours et de tous les ai'ts , l'opéra ! Ce même Pierre Corneille , à qui la France agrandie devait déjà sa première comédie et sa première tragédie, le Menteur et le Cid, il eut encore l'honneur d'écrire le premier opéra : la Toison fl''or. M. le marquis Sourdiac de Rieux , seigneur de Neubourg, était un de ces hommes ingénieux qui font tourner, même leurs plaisirs, au profit des beaux arls. Esprit distingué, homme d'un goût inventeur, il fut le premier à se demander si, en elTet, la pompe du spectacle, la magnificence et la variété de la décoration, un peu de chant et quelques belles personnes qui dansent, ne pourraient pas ajouter encore à l'intérêt, à la grâce, à l'illusion dramatique? Ainsi fit-il. Il trouva, en se jouant, cette grande fête des oreilles et des yeux , cet art magnifique auquel la France a dû tant de chefs-d'œuvre, rendus populaii'es par la réunion irrésistible de tous les arts. Etait-il possible, je vous prie, de mieux payer sa dette aux arts, au génie, aux joies honnêtes d'une nation ? Vous avez vu la comédie, la tragédie, l'opéra glorifier la Normandie; vous verrez tout à l'heure que la Normandie a trouvé le vaudeville: — -Le Cid et le jloujlonl
Pas un lieu de cette admirable province qui n'ait été illustré par quelque savant travail; à chaque pas on rencontre une ruine ou un livre. Un seul arrondissement du département de l'Eure, Pont-Audemer, est le sujet de deux gros tomes '. A chaque cité de son adoption .
' Essai sur l'arrondissonoif de Pcml-.Uidenier, par ,M.j,('aiifl.
l liisloiien loiiimeiifc pai" se perilic dans la miil des Iciiips. La iiiiil (les leiiips pour nous, c'est la priiuiière invasion des Danois: loujonis esl-il que déjà, en l'an ]OÎ)i, les eoniles de Meulan s'appelaient, loul, eonune les rois, sei;j,iieui"s de Ponl-Audeinei' /'^//- la (jnicc de Dieu! \\s tHaienl l'orls vi puissants, lenr ville était lieiireiise et lielie : ils ont été les hienraileurs de l'éiilise Saiiiie-Marie du liée. Iltdtert de Meulan, sire de INinl-Andenier, lut le eonseiller et l'ami du roi Henri l'^ « Dans les « plaids il était le défensenr de la jnstiee, sur le «lianip de bataille il « donnait la victoire... A son gré les l'ois de France et d'Angleterre se « juraient amitié ou se déclaraient la guerre. » Le lils de celui-là, Wallace, est appelé dans les histoires « le plus grand des seigneurs « normands, tant en naissance et dignité (pien revenus et alliances. » Dans les croisades, le comte de Meulan cédait le pas au roi de France Louis le Jeune, à l'empereur Conrad, à Frédéric son neveu, à Robert de France, duc de Bouigogne, et à pas un autre ; où notre Wallace portait sa noble bannière, il marchait, comme c'était son droit, même avant le comte de Flandre. — INous passons bien des guerres; mais cependant il faut dire que la ville de Pont-Audemer eut l'honneur d'être assiégée par le connétable Duguesclin et par l'amiral de Vienne. Pour comble d'honneur, ces deux capitaines tirent à la ville de Pont-Audemer les honneurs du canon. Plus d'un roi de France a passé dans ces murailles; Louis XII y lit son entrée en 1492; en 1531, la reine, le dauphin, le duc d'Angoulême; dix ans plus tard, François I" lui-même entrait dans la ville, au bruit réjouissant des soixante-six pièces d'artillerie placées sur les remparts. — Charles IX y passa en 1563, et la ville appauvrie eut grand'peine à trouver trente-six moutons, six veaux et quatre bœufs pour fêter la bienvenue du roi! — Pont-Audemer se rappelle encore la peste de 1668; c'était la cinquième fois que le fléau visitait ces tristes contrées. — La ville des vieux temps était une ville importante par sa situation sur la Reille et sa communication avec la Seine. La ville est bien située, elle est entourée de larges fossés remplis d'une eau vive; — la plus vieille église de Meulan, c'est V église de Saint- Germain; on la croit chargée de treize cents ans, dans le pays. — Les cuirs de Pont-Audemer sont des plus recherchés, la campagne est fertile, les antiquités romaines n'y manquent pas. L'amiral Annebaut, qui avait son château à deux lieues de Pont-Audemer, avait tenté de rendre la Reille navigable jusqu'à sa maison ; mais la maison n'a pas été achevée, le canal est resté à demi construit. — lienillc-sur-Mer se sert, pour engrais, de toutes sortes de petits poissons bons tout au plus
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à ruiner les leiTos. — Ihirgeuille esl ce yrus buiirg qui luiiniil uiix yomiiiaiids de France el dAnj^lelerre les moulons de pré-salé lanl recommandés par Brillai-Savarin, (liimod de la Reinière el l'illnslre Carême : en fail de moulons, Carême n'eslimail (jue le pré-salé. — Une jolie |)arlie de ce canton, c'esl Bourij-Achard; la plaine esl riche, les |)rairies se niêlenl aux champs de hlé, les fruits sonl heaux , un Ix-aii cheval des prairies de Hourg-Ach.ard lappelle les formes, la vigueur et la force d'un cheval anglais ; on eslime les pierres de taille de Caumont , les mégisseries de Cormeille, les coulils de Lieuruy, jadis le chef-lieu du pays du Lieuvain. Le Marais- Vcrnier esl dune fei'lilité fabuleuse, même en Normandie ; figurez-vous un immense jardin potager de sept mille deux cents arpents, tout y pousse, tout y vient à merveille, la grande mare esl remplie de poissons; on voudrait peindre l'abondance , on n'irait pas plus loin que le Marais-Vernier. A Faiouv'Ule, sur la côte, deux arbres jumeaux , deux sapins géants, servent de guides aux navigateurs le long des côtes ; on les appelle les Bons hommes. Non loin de Fatouville , la fontaine de Jobles sort de terre, déjà violente, el à peine sortie, elle fail tourner le moulin à blé, elle donne le mouvement à la papeterie; bientôt la fontaine devient un ruisseau, mais ce ruisseau n'est pas au bout de ses peines; à cent pas de là, il tranche en cinquante parties les blocs de marbres les plus durs. — Enfin , après quelques tours dans la prairie , cet infatigable filet d'eau retombe en cascade dans la Seine, qui l'entraîne avec elle à l'Océan. Du véritable labeur normand celle fontaine de Jobles est l'image.
Ceci dit, rappelez-vous que nous avons longé Quillebeuf quand nous étions montés sur le bateau à vapeur, el vous aurez vu au grand coiuplet l'arrondissement de Pont-Audemer. — Les ruines du département de l'Eure sont nombreuses et d'un intérêt puissant. A côté de l'abbaye du Bec, vous rencontrez les ruines de l'abbaye de Bernay, rien que des ruines; et encore on se consolerait , si les chartes de ces abbayes avaient été sauvées ! C'était là un des plus grands rêves de Colbert, de faire transcrire dans un immense cartulaire les chartes épàrses du royaume de France ; noble projet! et peut-être que, les trouvant réunies, la révolution française les eût respectées. Que les Romains, ces maîtres-géants, aient traversé ce territoire, tout l'allesle, surtout les deux voies antiques, l'une qui conduisait de Lillebonne à Évreux, et qui va s'iticlinanl vers le nord dans la plaine du Roumois; l'autre qui, partant du vieil Évreux, traverse la grande roule et se rend à la station (h; poste nommée le Marché-
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Vieux '. Lahliaye do. licrnay, à laiiucllc celle voie romaine nous ron- (luit (le nouveau, est, avec la partie de Tt^j^lise de Fëcamp, (jui date du règne de Richard I", le plus vieil ('dilic(! de l'époque romane (|ue possède la Niuniaudie; laldtaye de iJernay esl la digne conlem[»oraine de .lumi(''ges. — La net" de léglise de Foiiiaiiic-la-Sorei esl darchitecture romane; la l'eiuHre du clueur est ornée d'un grand vitrail représentant saini ,lean-l>a|»liste , le clocher est carré et pur roman. A Cerquif/mj, les villageois prient encore pour la duchesse Judith, qui leur a laissé ces heaux pâturages. La porte de l'église est un monument remarquahle du onzième siècle; nuiis de l'église c'est tout ce qui reste. — Brioune , d'(U'igine celtitpie aussi hien que Bernay, servait de passage entre les plaines du Roumois et celles du Vexin ; Brionnc appartenait aux premiers ducs normands. — L'église de Chambrois est dédiée à saint Martin, un des premiers saints des Gaules nouvellement chrétiennes; le portail rusli([ue ollVe cependant un joli groupe de six colonnes et arcades romanes. — De l'ahbaye jn'imitive du Bec, il ne reste plus qu'une tour carrée. La sainte abbaye reconnaissait pour son fondateur Ilellouin, vassal du comte de Brioune. Quand nous parlions plus haut de l'abbaye du Bec, nous aurions dû raconter qu'un jour saint Anselme se présentant devant le pape Alexandre II , le pontife se leva : « Ce n'est « pas, dit Alexandre, à l'archevêque de Canlorbéry, ce n'est pas au « primat de l'Angleterre que je rends cet honneur, c'est à mon ancien « maître de l'abbaye du Bec. » Hospitalière maison ; elle s'ouvrait à qui demandait du pain, à qui demandait la science. Plusieurs fois bâtie, renversée, relevée, elle eut pour ses consécrateurs rarchevèque Len- IVanc (1077), Rotrou, archevêque de Rouen (M78) : cette fois Henri H assistait à cette pieuse cérémonie avec son fils Henri au Court-Mante! . — En 1273, la tour tomba sur l'église :
De la nef une jurande partie Cassa la tour de l'abbaye.
Et sous ces ruines fut retrouvé le corjts de l'impératrice Malbilde, renfermé dans une peau de bœuf, selon l'usage des sépultures royales. — Durant les guerres de 1356, l'église fut démolie, pour qu'elle ne servît pas de retranchement aux Anglais; les soldats du duc de Clarence mirent toute l'abbaye au pillage , et môme ils emportèrent les plaques d'argent du tombeau de Malbilde. Sous le roi Louis XH, les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur arrangèrent l'église à leur usage. François P' déjeuna dans l'abbaye au mois de juillet 1532, et il parut charmé
' Antiquités de la Aonittindic, tome IV, \m<^t' ,'ir.7.