‹ La NormandieChapitre 12 sur 118 · I.A N()1{M\M)IK · texte numérisé non relu

I.A N()1{M\M)IK

Normandie; le Imliii {|irils rnpporlaicnl, les riches étoffes, les parfums, mices odoralas, les maiileaux de p(»iir|tre , pallia impo-i'alia, sodlevèrenl loules les ardeurs de celle jeunesse inipalienle du repos. Mainlenanl l'Italie les appelle; l'Italie opulente et facile, terre à délivrer, royaume à conquérir! Ces nouveaux débarqués de Normandie arrivaient sur Païenne, conduits par trois cliefs normamls : Dreni^ol, Osmotul, I»ein(dfe, et tout d'abonl ils s'étaient emparés du château d Averse et de quelques terres environnantes, à huit milles de Naples, avec lesquelles Reinolfe se fut bientôt composé un petit duché à sa convenance. Rien de mieux ; la campaii^ne d'Averse étant fertile, elle noui-rissait les hommes, elle nourrissait ces grands chevaux normands dont Ir choc était si terrible dans la bataille. Une Ibis duc souverain, Reinolfe promit aide et protection à quiconque se voulait réfnijier à l'ombre de sa bannière : esclaves, serfs, exilés, bannis et même h^s meuririers, pourvu qu'ils fussent braves, les uns et les autres ils furent les bienvenus dans le camp fortifié de ce soldat de fortune ; en même temps Reinolfe faisait un nouvel appel à de nouveaux Normands, leur rappelant, par tant d'exemples déjà célèbres, comment un homme de cœur pouvait faire sa fortune à main armée: per diversaluca milifariter lucrnm quœrentcs. Il leur indiqua par quels sentiers frayés et non frayés il fallait passer pour se faire jour et place dans ce pêle-mêle de Lombards, de Grecs, de Sarrasins de Sicile et de Sarrasins d'Afrique; et le moyen que le Normand ne fût pas écouté de ces bons compagnons? Il leur promettait vie joyeuse, un beau ciel, beaucoup d'argent et des combats dignes d'eux !

Ce qui devait aider encore l'appel du comte d'Averse, c'est l'impatience avec laquelle les barons normands supportaient le joug de Guillaume h Bâtard. Ils le trouvaient, déjà, trop ambitieux pour lui-même, et trop rude à ses capitaines. Pendant que leur duc rêvait la conquête de l'Angleterre, ils ne songeaient qn'.à s'établir en Italie. — Dans celle nouvelle expédition qui ne se fil pas attendre, et parmi les trois cents chevaliers normands: Tristan Cisicl, Richard de Carel, Guillaume de Montreuil, Rohémond, Hardouin, Roger, Herman et tons les autres, on pouvait remarquer les trois fils de Tancrède de Hauteville. Ce Hauteville était un pauvre chevalier de Coulances : pauvre, mais hardi : rir pauper, miles (amen, qui avail douze enfants à ])Ourvoir (les sept premiers étaient enfants de la même mère). Le nom de ce petit gentilhonnne de Coulances va bientôt retentir aussi haut que pas un des grands noms (jui se soient faits à celle époque de grandeurs inespérées. Ces trois pi-e-

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miers Tniicrèdc s'yppelait'iil : Giiillaiiiiic, Droyon cl llonilVoi. Iliesi (\ui\ les voir [torlcr luiul la lèle cl le cœur, ou aurail pu leur prédire des desliuées royales, elcerles il fallait (pie les priuces d'Italie fusscul bieu las de relouer, pour appeler à leur aide de pareils serviteurs. Les trois nouveaux drltarqués de Coutances entrèrent d'abord au service de l'andolfe m, prince de Bénévent. Sept cents cbevalierset cinq cenls Jantnssins normands envabissent l'Apulie, ils font de Melfi une ciladelle imprenable; en vain les Sarrasins veulent s'opposer à rétablissement des bomuiesdu Nord, ils sont battus à deux reprises; à Bénévent (17 mars 1041), et les mois suivants à Monte-Maçgiore. En moins de buit ans l'Apulie entière est conquise. — Vainqueurs, les Normands ori^aniscnt leur con(iuéle. Douze comtes sont élus parmi les plus vaillants capi laines de la comté: Reinolfe comte d'Averse, Guillaume Bras-de-Fer comte d'Ascoli, Drogon, son frère, comle de Venouse, Arnold comte de Lavello, Hugues comte de Monopoli; Trani, Civita, Cannes, Montepoloso, Friginlo, Ascerenza, Minervino, écburent en partage à Pierre, à Gautier, à Rodulf, à Tristan, à Hervey, à Asclitin, à Raimfroy; cette république de comtes eut pour son cbef suprême Guillaume Bras-de-Fer. Ces douze capitaines font de Mellî même le siège de leur gouvernement. — Ainsi constitués, et quand leur forteresse est bàlie au sommet de la montagne, les Normands, comme c'est leur génie, se partagent l'Apulie. — Ils sont les maîtres souverains, absolus, dans celte partie opulente de l'Italie, et malbeur à qui leur voudrait disputer sa fille, sa feuune, sa maison, son cbeval ! A la fin, cependani, l'empereur d'Orient s'inquiète de savoir au cœur de l'Italie ces soldais que rien n'étonne ; et pour se délivrer de ces bôlesinconnuodes, la cour de Byzance

fait proposer aux Normands une guerre en Perse Les Normands

répondent à l'empereur qu'ils sont bien dans la Pouille el qu'ils y restent. — En désespoir de cau.se, on tenla d'accabler par la Irabison ces

soldats prévoyants autant qu'intrépides La Irabison put à peine

venir à bout d'une cenlaine de ces aventuriers peu faciles à surprendre ; mais parmi ces soldais indignement égorgés, se rencontra Drogon luimême; Drogon fut remplacé par Homfroi, son frère, qui fil payer cber aux Lombards leur indigne Irabison.

Il y avait déjà un demi-siècle que les comtes normands élaient les maîtres dans toute la belle Italie, quand une ligue formidable se forma, qui devait cbasser de leurs conquêtes ces usurpateurs de toute terre à leur convenance. Le cbef intrépide de celle ligue anti-normande, le vieux pape Léon IX, un Allemand de la vieille soucbeaux instinclsltclliqueux,

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