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st»n iittiii . tai' un jmii' (|iu' le roi (loiiiaiidait an cardinal iln IV'iion |)oni'nn(»i il ne faisait |»lns di; vci's : « Je n'en lais pins, ii'inil le cai-tiinal, dcjuiis ([u'iin fcrlain gcnlilhoinnie normand, n(nnni('' Malhcrlic, s'est mis à éerire. » Tout ce que (il le roi pour ee i;rand poeli; (|ui allait donner à la Uuiiiue franenisc un éclat inaltendn, ce l'ut de le recommandeià 31. de Bellegai'de, cpii, plus tard, le lit écuyer du roi et ijcnlilliommc de la cliamlire. A peine entré dans l'arène poétitpu", Mallierlx; fut tout de suite un tyran; il se posa comme le su|U'ème censeur de ((uit ce qui était la prose ou le vers. Tout de suite il eut de lui-même une grande opinion que le temps a confirmée :
Los oiivi'ii^cs coiiimuns vivciil i|Urli[in s amii'cs, <'i' i|llo Mnllifilic relit vil ('liTiicllriuriil .
Il était plein d'un noble orgueil, sur de lui-uième, maître de tout, même de sa vanité; fort contre l'envie, d'un mépris magnilique [tour toutes les lâchetés, qui entouraient sa gloire. Il a fait, pour la langue, ce que Louis XIV fit plus lard pour la monarchie. Il l'agrandit, il l'éclaira, il lui donna l'ampleur, la majesté, le nombre ; d'italienne ou de latine (ju'elle était, il la créa française. Il a ap^tris à Racan comment on écrit en vers : à Balzac, il a enseigné la prose; en écoutant des vers de Malherbe, la Fontaine s'est écrié : « Et moi aussi je suis nn |)oëte! » Il a eu toute la verve, mais aussi toute la cruauté des réformateurs. Inflexible ironie ! Même à la table de son ami Desporles, il trouve le moyen de couvrir de mépris les vers de Desportes, l'oncle de Régnier; Uégniei-, le seul poëte qui eût trouvé grâce devant Malherbe! Poëte ami de la solitude, laborieux, ne donnant rien au hasard et croyant peu à l'inspiration, chacun de ses vers est un événement dans les [tremières années de ce dix-septième siècle qui s'avance à grands pas. Il a forcé la rime à obéir; il a forcé le vers à ne pas enjamber sur le vers; il a détruit l'hiatus; il a tourné, il a poli, il a tenaillé la langue rebelle; il a trouvé dans le vers, même des repos inconnus avant lui : à dater du vers de Malherbe et seulement de Malherbe on peut dire : i.irt d'ccnrc: il se vantait, et à bon droit, d'être ini (tfraïujeKr de sjilldhes. L'éccde fondée par lui s'est maintenue par ses disciples : Hacan, Maynard, Segrais, jusfpi'à Boileau, qui s'est porté l'héritier et le défenseur de toute cette école. Ainsi, par Despréaux, son illustre disciple, Malherbe appartient au grand siècle de Louis XIV, qui le reconnaît comme le maître de la langue. Avant Malherbe, un autre Normand, Alain Charlier (ils étaient trois frères nés à Bayeux, Alexis le porte, Jean l'historien, (luillanme, <'vê({ne
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de Paris), avait été baisé par une bouclio royale. — Segiais, «laiis relie même ville de Ciien, dont il a été riionneur, a servi par son exemple, plus encore (pie par ses vers, la cause de la poésie. Amené à la cour de MademoiseUc, lille aînée du duc d'Orléans, par le comte de Fiescjuc, M. de Segrais s'y montra plein de réserve, d'attention sur lui-même, de bienveillance surtout, et de celle bienveillance on lui sut gré doublement, pour avoir été l'ami, le disciple, le compalriotc de Malberbe. il a écrit en prose, il a écrit en vers, il a fait une tragédie, un opéra, «les cbansons galantes, des idylles sans loup, avec des moutons et des bergers (|u'on dirait empruntés à M. de Fontenelle; mèmeun jour M. de Segrais a entrepris de traduire les églogues de Virgile; qu'eût dit 31alberbe s'il eût vécu. M. de Segrais eut l'bonncur de mettre son nom aux romans de madame de la Fayette (un autre génie normand !), le véritable auteur de Zr/if/f et de la Princesse (Je Clèves. La Normandie place avec honneur madame de la Fayette sur celte lisle imporlaiite de ses grands prosateurs et de ses grands poètes. Cette noble dame, d'une élégance si grande, (pi'elle nous rappelle madame de 3Iaintenon elle-même, naquit au Havie-de- Grûce, en 1635. Elle était la fille d'Aymar de la Vergue, maréchal de camp et gouverneur du Havre. Sa mère était une Provençale toute remplie des poétiques souvenirs du Midi. Jeune enfant, mademoiselle de la Vergne eut pour maîtres les plus rares esprits de ce siècle, le savant Ménage, le père Rapin, un poêle en latin, un des plus beaux esprits de la France. L'hôtel de Rambouillet à son aurore, et avant que Molière songeât à écrire les Précieuses ridicules, accueillit avec une joie empressée celle noble jeune fille d'un goût si vrai, d'un tact si fin, d'un sourire sérieux. Elle savait si bien le latin, qu'un jour elle mit le liolà entre le père Rapin et Ménage qui se disputaient sur un vers de Virgile, en leur prouvant qu'ils avaient tort tous les deux. Elle aimait l'antiquité d'une honnête et modeste passioii. Ménage, un peu pédant, un peu lourd, un peu vantard, ne voulut-il pas un beau jour en conter à mademoiselle de la Vergne? Elle écoula Ménage tant qu'il parla en vers latins à la pulchra Laverna, elle lui rit au nez quand il voulut parler en français; elle fit mieux, un beau matin elle épousa le comte delà Fayette. Il avait vingt ans; il était un peu le cousin de mademoiselle de la Fayette, cette sainte maîtresse du roi Louis XIII. A peine mariée, madame de la Fayette n'entendit jdus guère parler de son mari, et elle en parla encore moins. Si elle eut k peine un mari, en revanche elle eut poui- ami un homme cpii est inséparable des souvenirs de l'auteur de Zaide. M. de la Rochefoucauld, cet illustre genlilbomme