I. A NOUM WDIK. C.il
(lo rOr(hm tiui i^roiulc ;m loin. Moi qui vous parlO; je les vois lous pèlcuièle ol dans une confusion cliarniaule; à l'heure que je dis, chacun d'eux a aceouiidi sa Uklie, chacun a n'îalisé sou rêve ; ce qu'ils avaient là dans la tète, là dans le cœur, ils l'ont dit aux autres hommes; et maintenant ils reulrent dans leur province hien-aimée, ces dignes frères d'Alain Charlier, de Marol, de Malherbe. Point de gêne, point de rang, sinon le rang que donne l'esprit ; et encore, (juand ils sont devenus vieux, lous les esprits ne sont-ils pas égaux devant Dieu et devant les hommes? Les uns et les autres, ils seront les hienvenus dans la cité savante. Pour avoir droit de cité, dans cette capitale du génie normand, il faut d'abord être né en Normandie; car dans tous les genres le plus opposés, la Normandie ne veut emprunter la gloire de personne. J'imagine d'ailleurs (|ue le cardinal Lemoine, protecteur des helles-lellres, ne sera |)as mécontent de se rencontrer avec l'abbé de Bois-Uobert, qui fut, avec M. le cardinal de Richelieu, le créateur de l'Académie française. Benserade et Saint-Amand, deux poêles normands, même dans celle retraite heureuse, se disputent encore sur la qualité d'un sonnet : M, des Yvetaux s'abandonne à sa verve railleuse; Brebeuf, poêle à la Corneille, récite les beaux vers «le sa Pliarsale, dignes de Lucain son modèle, pendant que l'abbé Desfonlaines, fidèle au grand art poéti(|ue, jelle à pleines mains le sel et l'esprit de la critique, tantôt sur les élégies de Chaulieu échappé aux enchanlemenls de Navarre, tantôt sur les chansons licencieuses de Sarrazin, encore mieux sur la Phèdre de Pradon. 0 Pradon ! dira-t-il, quel malheur pour vous que le parterre vous ait trouvé, ne fut-ce qu'une heure, plus de génie qu'à Racine! 0 Pradon, qui avez Iriomphé de la Phèdre d'Euripide et de la Phèdre de Racine, que je vous plains; il y a des bonheurs bien malheureux! — Silence! quel est ce révérend père jésuite à la face rondelette et vermeille, à l'œil bien ouvert, rebondi, mais raisonnablement, qui, d'un geste élégant et d'une voix sonore, explique à qui veut les entendre tous les mystères des odes el des épitres d'Horace? Quoi ! un jésuite dans les épitres? Un jésuite dans les Of/c.s, l'empereur Auguste et les Pisaiis, Glycère et Nééra ! Mêlas ! oui, un jésuite, el qui sait à merveille toute la société du siècle d'Auguste. A peine le père Sanadon a-t-il expliqué Horace à ses disciples, en voici un de la même robe, d'un esprit plus grave, d'un geste plus solennel, (jui va vous traduire, avec la sagacité d'un grammairien (}iii serai! un poêle, les maîtres du théâtre grec : Eschyle le barbare ; So[)hocle, le Corneille athénien; Euripide, le Racine de la Grèce; Arislophane aussi, dont le père Brunoy traduit même les licences el les cruautés, «euvre iiumense
(;.-,2 i. A NOM MA NDIK.
ce Ihi'àtir (l('s (irccs, (iMivre Mon diijfiic du pays, ([ui a prodnil Icsd'uvros (le.TacqucsLair. Tanneguy-Lefèvrc, le père de madame Dacicr, el Dacicr lui-même, le die:ne mari de sa femme, ils onl enseigné Homère et Démoslliène à riieure où le père Sanadon enseii^nail Horace, à Tlieure on le père Porée, ce Normand d'une austère science, avait autour de sa chaire un enfanlau sourire railleur, à l'ccilde feu, nommé Arouel. Ah ! si le père Porée eût pu prévoir quels grands coups devait porter cet enfant! Puer imjeniosus. sed bishju'is nebnlo : Enfant plein d'esprit, mais un franc jiolisson, disait le hon père. Un traducteur de YlUade cl de la Jérusalem délivrée, le duc de Plaisance, devait prouver, plus lard encore, qu'il était le digne compatriote desDacier et des Brunoy. Voulez-vous encore un homme qui sut imposer le manteau gaulois aux génies étrangers? La Normandie vous fournira Letourneur, dont le travail, plein de feu et d'énergie, n'a fait que j:randir sous la main de M. Guizot, aidé de cette femme d'un si rare génie qu'il pleure encore. Certes, le jour où pour la première fois, sur le (jrand cours ou sur le petit cours, il a été question dans notre ville deCaen d'un poëte anglais nommé Shakspeare, j'iniagine que dans la ville tout entière le scandale aura été grand, Shakspeare? Quel est celui-là? Kt quand ces prudents héritiers de Malherhe et de M. de Segrais auront su quel était ce Shakspeare, ce harhare, qui ne reconnaissait pas les règles d'Arislote, qui violait l'unité à chaiiiie scène, quand on aura dit que ce Shakspeare croyait aux spectres, aux apparitions, qu'il promenait sa tragédie sanglante dans les vieux châteaux el dans les cimetières ; oh! alors, l'église et le couvent de Saint- £'/?<'??/<t^ auront tremhlé jusqu'en leurs fondements. Jacques Lair le savant, et Turnèbe l'entêté, l'ahbé Pluquel le rêveur, el l'ahhé Lemonnier qui court après la Fontaine sans l'atteindre, auront élé bien consternés de celte nouveauté hardie. Mais vraiment, ne serait-il pas bien temps que la Sorbonne mît à l'index ce huguenot, ce repris de justice, ce poëte favori d'Elisabeth, la meurtrière de Marie Stuart? Ainsi l'on parle, ainsi l'on s'agite, tout le long de l'Orne au rivage indigné; si tant seulement M. Letellier vivait encore, s'il n'avait pas suivi dans la loiube son royal pénitent, Louis XIV, on pourrait lui en écrire deux mots, et lui, homme de fer, et lui Normand, il ne permettrait j)as à M. Letourneur de comp;irer Shakspeare à Corneille! Pendant qu'ils disputent ainsi en amoureux de la forme poétique, l'ahhé de Choisy reçoit des lettres de Versailles; ces lettres sont signées des plus grands noms, et des meilleurs, qui se plaisent à celle causerie animée, pi- •luante, railleuse, qu'llamilton le Normand a mise à la mode. Nous par-
LA NOIIMANDIK. (iS.'î
lidiis loiil à riicme de Saiiil-KvrciiKMil , de KoiiltMicllc , les licaiix ('s|»iils (le la liaiilc cl de la liasse N(»rmaiidie ; mais |»our(|ii(»i doue , je vous pi'ie, eomplez-vuiis le père l(''t;itiiiie du Chevalier de Cnwnnintt? {)\\ doue, sinon dans les eouiédies de Molière, avez-vous rencoiilré plus de grâce et de plus vives saillies, plus d'ironie et de bonne humeur? Ce Normandlà est le modèle des eourlisaiis el l'ami des jemu's seiyiuMiis ; il leur apprend le i^i'and art de i;atiner el surloul d(^ se débarrasser d'une maîtresse, el eonmieni un homme de bomie maison i»eul tenir loul à la l'ois l'épée et les caries, la plume et l'évenlail. — Dans noire bonne ville de Caen , soyez-en sur, les belles personnes de la Normandie ne manqueront pas. Celle belle et brillante personne, d'une beauté nu [leu i»r(d'ane, qui s'est laissé aimer un peu trop , mais pas long-tenqts, par le jeune marquis de Sévigné et par Jean Racine, mademoiselle de Chanqnneslé, la première Iphigénie et la première Hei'inione, celle dont la voix était si touchante, dont le visage était ingénu, et qui portait tant d'irrésistibles séductions dans son sourire , il tuius semble que nous l'avons rencontrée, à la tombée de la nuit, qui rêvait au bruit de la cascade Montaigu ; elle rèvail peut-être <à cette antre Normande dont un coup d'œil faisait battre le cœur du Béarnais, G'abrielle d'Entrées, la charmante Gabrielle de la chanson nationale. — Deux femmes reines, celle-ci reine d'un poëte , celle-là reine d'un roi. — Dans notre ville poéti(pie, Gabrielle d'Estrées et la Cliampmeslé passent à peine un jour ou deux, et encore à qui parler':' la ville est grave, l'écho est sérieux, la promenade même a quelque chose de solennel. 0 Gabrielle, o Champmeslé , les deux Cauchoises , vous êtes venues ou trop tôt ou Irop tard. Que n'étiez-vous là du temps des trouvères de Normandie! ils vous auraient comparées, vous, Gabrielle, à l'ange déchu; vous, Champmeslé, à Madeleine; ou bien Marot, Alain Chartier, Gervais Chrétien, les Normands , ne vous auraient jamais trcq» répété (juc vous étiez Junon, que vous étiez Vénus. Au moins, vous, les jeunes et les belles, si vous vous contentez, vous Champmeslé, de Racine, votre amant et votre poëte; vous Gabrielle, de votre compatriote Jean Bertaud, ne dédaignez pas Jean Bigaud, le Niu-mand et le peintre illustre. Devant Jean Bigaud tout le grand siècle a posé, à commencer par Bossuet et par Louis XIV. 0 Champmeslé! n'allez pas si vite, Bigaud fera votre portrait, en cachette, conmie une belle étude de l'antiquilé habillée à la moderne. — Mais pendant qu'elles s'enfuient l'une el l'autre et ((u'elles se pei'dent dans un nuage rose daboid el bientôt noir connue l'Erèbe , quels peuvent être ces promeneurs du faubourg Saint-Gilles, marchant d'un
i)-6U LA NOIUIANDIK.
pas grave et composé!' Je vais vous le dire : ee sont, à diverses époques, les historiens (jue la Normandie a produits, non-seulement pour écrire sa propre histoire, mais pour écrire l'histoire de tous les lieux, de tous les temps, de tous les honnnes. C'est un des privilèges de ce pays des esprits sagaces d'avoir produit les plus grands historiens dont la France s'honore à toutes les époques. Orderic Vital, notre conducteur et celui de hicn d'autres ; le père Daniel , d'une solennité sentencieuse , d'une austérité patiente et à toute épreuve ; Mézeray l'éloquent , Vertot le scepti(iue , Berruyer le poëte , qui a voulu emhellir même la Bihle , et leurs maitres à tous, ces Normands qui parlaient la langue redevenue sauvage des Commentaires de César; le vénérable Guillaume de Jumiéges, Jean de Bayeux , Guillaume de Poitiers, qui ont dégagé de l'histoire des épines et des ronces. — Mais devant qui s'incline tout ce peuple qui passe ":' Quelle admiration profonde ! quels respects! Les vieillards courbent la tête, les jeunes gens tombent à genoux , les mères portent leur enfant dans leurs bras trendîlants, disant à l'enfant : Regarde! et l'enfant, par l'instinct de l'âme, regarde de tous ses yeux et de tout son cœur. Certes, les hommes que l'on regarde ainsi sont rares , et cependant la Normandie en a produit plusieurs. Voilà connnent était salué de son vivant Jacques de Molay, le grand-maître de l'ordre du Temple; comment fut salué, même par les catholiques, le Normand Duplessis-Mornay ; et cet autre Normand, l'avocat-général Omer Talon ; et plus qu'eux tous, ce Normand, l'amiral de Coligny ; et cet homme qu'il eût fallu saluer plus encore que l'amiral de Coligny, Alain Blanchard! Saluez aussi, prosternez-vous devant la mère du Conquérant , devant la mère de Dunois et devant vous ! ô l'héroïne vengeresse, la Normande digne de Jeanne d'Arc, Charlotte Corday, pour tout dire ! — Que si nous voulions nonmier ici tous les grands hommes de la Normandie chrétieitne , ce serait à recommencer toute cette histoire. Dignes enfants de cette illustre patrie, les uns l'ont sauvée par la prière, les autres l'ont défendue par les armes; celui-ci lui a donné la gloire impérissable de la poésie et des beaux-arts; celui-là, dans les pays lointains , dans les terres inconnues , a porté le nom et le Dieu de la patrie française, — Laplace, qui fut, après Cuvier, le maître de la science, et dans la guerre (quelques-uns seulement) Duquesne, Tourville ; et dans les chercheurs de nouveaux mondes, Duplessis le navigateur et Jean de Béthencourt , le capitaine de Bonneville et le capitaine Auber, le fondateur de Québec , Paul Lucas, Jaccpu^s Cartier et les frères Parmentier, autant de c(»nquérants armés ou paciliques nés sur ces rivages dont ils ont fait la renommée et la fortune; ceux-là,
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je !U' les anuMic pas sur los bords de rOrnc en pleine philosophie, en plein arl poé(i(pie-. je les laisse sur le rivage de leur ami TOccan , tout (•(•( iipés à regarder la (enipèle ipii ne peut plus les atteindre : notre ville de ("aen n'est pas laite pour ces intrépides s(ddats de la mer: elle est trop calme el trop paisible: elle est restée runiversitê , llorissante déjà quand les universités de Bordeaux, de Reims, de Bourges, de Nantes, étaient encore à créer: la ville dans laquelle Marie de Clcves, mère de Louis XII , avait institué les (irandes écoles, la ville des assemblées, des arts, des lectures publiques, la ville de Lanfranc, le premier abbé de labbaye de Saint-Étiennel Paix à tous et à chacun: je fais mieux que eonvixpier les vivants , je rappelle au savant bercail ceux qui sont morts dune façon lamentable: je veux que Jacques Cœur, je veux quAngo le capitaine nous disent leur histoire avant de mourir : lui-même, Nicolas Flamel , échai^pé à l'émeute , revient sur les bords de l'Orne , et là, cet homme, qui, dit-on , faisait de l'or, nous raconte les vanités de la richesse. Quel tapage heureux sur ces bords ! (luel tumulte! quelle verve abondante, intarissable! C'est notre gentilhomme M. Georges de Scudéry et sa sœur qui se disputent \nmY savoir si, après dix longs tomes de constance, il n'est pas bien temps de marier les deux amants? — Ah! dit mademoiselle de Scudéry, que de temps perdu! Ah ! monsieur de Pellisson , si vous l'aviez voulu , notre roman eut fini mieux que cela. Plus loin, cet honorable vieillard à la tête blanchie, c'est le bon abbé de Saint-Pierre! Assis au s(deil et les mains jointes , il regarde là-bas du côté de l'Angleterre. Il se rappelle toutes ces guerres, tous ces tumultes: les villes brûlées, les hommes égorgés , les citadelles renversées sur les églises, le labourenr tué sur la charrue, le grain étouffé dans le sillon , les trônes ensanglantés du sang des rois, l'autel du sang des prêtres, le sol du sang des peuples. Alors il se dit, mais tout bas, avec un profond soupir, que si on voulait l'écouter !...— ' Oui, mon Dieu , si les hommes .. voulaient m'entendre , si les grands pour rester grands, les villes pour « être heureuses, voulaient se laisser convaincre! 0 joie du ciel! car « Dieu lui-même n'a pas fait aux hommes, ces créatures malheureuses, .' le beau présent que je veux et que je puis leur faire. La paix! la « paix perpétuelle! la paix aujourd'hui, el demain et toujours! La « paix , mère des arts , dès poêles , des architectes , des laboureurs, des « jeunes gens amoureux, des vieillards fatigués, des enfants qui vien- « nent au monde et des honmies qui s'en vont! La paix en haut et en « bas de la lerie! » Digne homme! il a fait là le plus beau rêve qui jamais ail bercé une imaginalion honnête, agih'- un co>nr loyal. — Encore
(VM) ï. \ NOUMANDIE.
ime lois, 1,'iissez-les venir; laissez rAlliènes iKiniiaiide s(; remjdir de ces illiislies génies, de ces rares courages; après les historiens elles poêles, les lliéologiens normands Irouveront à qui parler, le cardinal de la Luzerne, par exemple, el le savant évèque d'Avranches, ce bel esprit (pii n"a pas laissé passer un jour de sa vie sans travailler tpialre heures chaque jour aux saintes Eci'itures : le moyen de l'oublier dans cette ('bxpiente cité dont il a été l'historien ? Feu-Ardent lui-même, le Normand calholicpie sera le bienvenu (pumd il s'abaiulonnera à toutes ses colères ; seulement, pour tempérer cette fougue violente, nous lui opposerons Samuel Basnage, le Normand protestant. Yous aurez des peintres : Houël et Jean Jouvenet: vous aurez cet admirable poëme de Paul et Virginie, écrit par Bernardin de Saint-Pierre en souvenir de la mer du Havre. Encore une fois, venez tous dans notre ville de Caen , vous les grands hommes de la Normandie littéraire : vous foulerez votre domaine natal , vous entendrez parler de votre histoire nationale , vous pourrez lire dans les plus vieux livres, sortis des presses de Rouen peu d'instants après que Guttend)erg eut révélé au monde étonné cette multiplication infinie de la parole et de la pensée humaines. Martin Maurin , Pierre Maufer, Jaccpies Leforestier, Jean de Lorraine , Guillaume Goulomier, maitres illustres dans ce grand art, venus des bords du Rhin. De ces dignes rivaux des Visard , des Michel Lenoir, des Simon Vostre , rivaux des Aide et des Estienne, la province reconnaissante a conservé les rares chefs-d'œuvre ; elle se rappelle avec reconnaissance , avec respect, tous ces doctes marchands des plus savants livres, les mêmes ([ui ont élevé la tour des Libraires '. 0 misère! 93 arrive! tout . s'arrête, tout tremble, tout se tait! Les poètes n'ont plus de voix , les soldats n'ont plus dépée , les jeunes femmes plus de larmes dans leurs yeux. Ce monde de Louis XIV, il tremble, il meurt , à la voix de cet affreux bandit de la Normandie, te père Ducliéne, ce misérable qui vient à lui seul <l(Muier ce sanglant démenti à tant de probité, à tant de courage, aux services illustres de tant d'illustres magistrats, de tant de grands capitaines, tous Normands conuue lui! Mais, Dieu soit loué! quand l'orage est passé, la Normandie est toujours la province lièreà Iton droit de ses enfanis ; comptez seulement les célèlu-es d'hier. Le plus grand peintre des lemits modernes, l'auteur de la Méduse, Géricault, est un N(U-maud. — Mallilàtre, l'élégie touchante, Boïeldieu, Catlel, Cbénedollé, qui llorissaicnl s»»us l'empire; Casimir Delavigiu', l'eufanl pidilique de la reslau-
' De l'imprimerie el de la librairie de lloucn , un savant livre de >l. Ed. Frère, a Rouen, (|iiai de Paris, 2)rh le pont suspendu.
priii.ir l'Vi; i'.p.nkst iiniir,i)i> . i;iiiTEin
T\(i. LiiT.iiiii t Cuiiip
ii:r\i:s fili.ks dk (iUANvii,i,h;
l'i in.ii; i>\ii r.iiM-.si liomiDiN , r:iin'i;rK
LA NOii M \ N 1)1 i;.
ralioii. et ce liraiid |iratici(Mi , riiomiciir <le sim ail. ct'llc iirdvidciict' visiltlc t|iii Ncillail la iiiiil cl (|iii liavaillail le jour, l)ii|iiiylr<'ii ; cl Vdiis aussi, (I une |iliil(is(t|iliic si Iciulrc, dHii (lévouciiicnl sans Iionies, diaiilalilc cl passiiuMK' (h'-fcnscnr de la vie liuniaiiic, cher docicur Viiiiic, cl Dcsiieiielles de l'arnu'c d"()i'ieid. Noruiauds cl lils de Noi'iMaiids. — Pirlcz l'oreille 1 c'est l(i Ihniic bhntchc, c'est la .W»c//c d'Aulicr, c'csl la messe dé (lallcl! El ce rSonuaiid d'mi si i;rand cdMir, rare cspril, ferme style, proronde raison, Armand (larrel! Quand liudes les passions \n\\lanlcs se seront calmées, celui-là ne si-ra pas le moins c(''lèl)re des cnl'anls de la Normandie. Al(U's seuleuuMii on dira, comme il faut le dire, les belles et nobles (pialilés dAiinaiul (lari'el, son talent d'écrivain, cl celle éloquence nalm-elle (pii n'altemiait plus (pie la triluine poui- se molli rer dans tout smi jiuir. — (lyni/itus aurem... vrllit, et (t(li)io)iuit! ïcu étais là de mon histoire littéraire , lorsipie soudain je vis devant moi la d(Uice et bienveillante fiiïure du savant altlié Delarue, le diiïne héritier, le digne successeur de révè([ue d'Avranches. Il me l'egardait avec compassion, mais sans colère. ■ — 0 le t(''m('Mairel disait-il, ([ui veul en savoir aillant t(ne nous, les antitpiaires et les lnst(jriens, (pii avons étudié notre |uovince depuis tantôt cinquante ans! Ainsi il parla ; puis, voyant à la lois mon trouble et mon gros livre : « Mon fils, me dit-il, consolez-vous, ceux-là encore en savent bien iieii qui en savent beauconp. »>
Le département de la Manche est formé de rAvranchin et du Cotentin ; il tire son nom de sa position avancée dans celte partie de l'Océan que