DJ'RILE
1 on nomme lu Manche. Saint- Là, le chef-lieu du département , est une
(les idiis aiiciomios villes de la province. Co qno nous avons dit, do tontes les villes de la Normandie, Saxons, Anij;lais, ealvinisles, l'avaf^enrs , se |>enl fort bien aitjdi([ner à la ville de Saint-Lô. La ville est assez panvre en édifices renian[naldes ponr une ville normande , Tab- Itayc ayant ('■((• renversée dans les premières années du treizième siècle. Cependant lé^disc de Notre-Dame et l'éi^dise de Sainte-Croix sont dignes de raltenti(»n de l'antiquaire. — Carcntan, après avoir fait partie du domaine ducal, fut réunie par Pliilippe-Aui;ustc à la couronne de Krancc, et la France l'a possédée sans interruption, sinon durant l'invasion des Anglais appelés par Charles le Mauvain. — Le château {Y Avranchcs fut nos souvenirs. A plusieurs reprises la cathédrale a été brûlée et dévastée; aujourd'hui il ne reste plus qu'un seul pilier de ce grand édifu-e et la pierre sur la([uelle s'agenouilla Henri II quand il fit amende honorable en expiation du meurtre de Thomas Becket. Le château de Pontorson, élevé dans la partie méiidionale de l'Avranchin , n'a pas été oublié dans la tapisserie de la reine Mathilde; rien du donjon ne reste, situé à l'extrémité la plus basse de la rivière, à l'ancienne limite de la Normandie et de la Bretagne. — Craiwille, sur un roc altier que baigne l'O-
céan , Granvillc peut c(»ntenir soixante navires dans son p(U't. — De l'arrondissement (VAvranclies le voyageur passe dans V arrondissement de Moriaîn par le canton deBrécy. — Mortain florissait au milieu du onzième siècle. Le duc Cuillaume lui-même ne trouva pas de plus beau présent
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à l'aire ;i S(»ii IVnc Hnlicrt. A la i(''imi<iii de Lillelxmiir , IJciltcit cria îles premiers : L'Aïuj/ftcrrc! l'Anylelcrrc! el il entraîna à la suite du Coii- (jnénuit toute la vaillante jeunesse du C»»tentin. — Le château de Mortain n'est plus (piune ruine aujourd'hui , mais une ruine ([ui conserve le souvenir de sa ^candeur passée. Des quatre tours, nue seule est de- ])oul ; du d(uij(Mi, tout est détruit. — De cette place vous entendez un grand hruit , c'est la cascade de Mortain ipii se })réci}tite du haut de son rocher. — Nette, })arée, doucement posée dans le Vul de Lo(jne, telle est Valognes. Le château s'élevait, au temps des guerres, à cette même place où les enfants de la ville poussent tant de cris de joie. — Tiarjlcur est à six lieues de Yalognes ; c'est un hourg situé à l'extrémité nord-est de la presqu'île du Cotenlin. Barfleur, tout connue Valognes, a vu des temps meilleurs ; son port était un des ports les plus fréquentés de la Normandie au moyen âge. Là nous avons vu déharquer le roi Éthelred; de là est parti Edouard le Confesseur avec quarante vaisseaux pour l'aii'e valoir ses droits à la couronne d'A.ngleleri'e. — BrUiuebecl On raconte des fahles du château de Briipiehec. Tours, d(»nj(uis , murailles, fossés })leins d'eau. — Arroitdisseiueitt de Coutmices. L'empereur Constance Chlore avait fait élever l'aqueduc dont on voit encore les ruines; en 869, Charles-le-Chauve céda Coutances aux Normands. La cathédrale est un très-beau monument de l'architecture gothique.. L'ornement du portail , les deux clochers qui l'accompagnent et qui servent de phare aux marins, l'antiquité de cette vénérable basilique, en font une des plus belles œuvres de la Normandie. Au reste, les églises du département de la Mcuiche suflîraient à composer tout un chapitre ; elles sont nombreuses; chacune d'elles a sa légende et sa grâce séculaire. Nous les avions comptées; nous avions indiqué le chœur, la nef, les tombeaux, les sculptures; Saint-Pierre, Reville, Saint-Sauveur, Savigmj, Saint-Gilles; Lessay, l'une des plus belles églises du département de la Manche. Des églises nous avions été aux châteaux. Mais il faut s'arrêter enfin ; depuis bien des pages les bornes légitimes de ce livre sont dépassées , à peine avons-nous le temps de parler du château de Cherbourg. Le château de Cherbourg est situé à l'extrémité de la presqu'île; il s'élève seul entre les vieilles forets et ces terres incultes; on le croit hàti sur l'emplacement de quelque station romaine. Plus rien ne reste du château primitif. Quoi d'étoimant? Plus que tout autre lieu de la Normandie, ce coin de terre s'est vu exposé aux ravages. Par là mit passé les compagnons de Rollon , les aïeux de Robert Bruce , ancêtres des Stuarts ; les Magneville , les seigneurs de
(i/,() f, A NOK.MANDIi;.
Siiiiil-Sîiiivfiir, trilarcourl; de là soiil parlis les |iliis grands scii-iiciiis (k's conilt's de Siisscx, de Surrcy, d'Essex , de SnlVolk. — C'est la pairie (les seiiiiieiiis de la llaie-dii-Piiils. Dans celle lière conli'f'e c.sl ik- le inart'elial de Tonrville, les !\lalii;n(in, l(^s Draiion de Mentaiiin , d'où esl sorlie la dncliesse de Salisbnry; luen [tins les Uanleville, eclte l'annlle de grands eaidlaiiu's qni ont [u'is Najdes el la Sicile, (|iii ont ({(•nnc' an Tasse son Taïu-rèdc! — Mais c'esl assez décrire, c'est assez raconter; rhist(Hre enijxn'le dans son niantean de pourpre et d'or tontes ces ruines. Hélas! la monarchie elle-même, l'œuvre royale de tant de siècles et de grands lionunes , vonlez-vons savoir ce qui arrive'^ Venez avec nous dans cette ville de Cherbourg, venez, et ne craignez rien; nous laisserons en repos l'ancienne hisloii'e. Un spectacle plus solennel vous appelle. Dans ce même |tort dont s'inquiétaient Vauhan et le roi Louis XIV, auquel ont travaillé tous les rois de France, voici qu'on attend (août 1830) toute la lamille royale du successeur de saint Louis et de Henri IV, tout ce ([ui reste de cette illustre maison de Bourbon, (jui 11 a pas son égale sous le soleil.
0 ciel ! la mer est calme, la vague frai)pe doucement le rivage ; la rade, la plus sûre de la Manche , est remplie de vaisseaux dont les flammes flottent au vent; tout en face se dresse lile de VS'igbt l'audacieuse, comme disait Vauban ; le peuple est debout en silence ! — Un vaisseau au pavillon tricolore est à l'ancre. — Qu'arrive-t-il donc? quel changement s'est opéré dans la fortune de la France ? N'est-ce pas, dans le lointain, les cendres de l'empereur Napoléon que l'Angleterre nous envoie, l'enqiereur échappé à son tombeau au milieu de la mer, l'empereur (jue réclament les rives de la Seine , où il demandait à dormir? Non, ce n'est pas encore l'empereur Napoléon qui revient de son exil ; non , le dôme des Invalides* ne l'attend pas encore , cette royale dépouille! Ceux-là (piatlend le peuple de Cherbourg, ces exilés nouveaux du château des Tuileries, ils ne viennent pas, ils s'en vont du côté de l'exil! L'exil reprend les vieux Bourbons; ce même Océan , qui a transporté sur les côtes de France la famille des Stuarts et la famille des Bourbons , n'a jamais été plus étonné des nouveaux vaincus (jue la fortune lui coidie. D'un pas ferme, le roi de France, le [»etit-lils de ce Philip}»e-Auguste (jui a repris la Normandie, de ce Charles VU qui la sauvée, de ce roi Louis XH qui l'a tant aimée, monte sur le vaisseau, qui l'emporte lui et sa faïuille (dirétienne et résignée. Sur le rivage, les peuples se taisaient , les ( hrétiens priaient avec ferveur; les gardes-du-corps, derniers com|»agnons de cet exil d'un si