‹ La NormandieChapitre 15 sur 118 · I. \ NOUM \M»IK · texte numérisé non relu

I. \ NOUM \M»IK

les soldais iioriiiaïuls d'Ilalii". [xtilaienl la tlrvaslalioii cl lo ravage dans les plus belles parties de la Grèee jK)éli<|iie, ils dévastaienl à l'envi les villes épariiiiées inèiiie par Sylla, ('.oriiilhe, Thèbes, Alhènes, les trois villes capitales de rinlelligeiiee aux temps antiques, — et pourtant l'Italie n'était pas si peu obéissante aux Normands, que le duc Roger ne soit forcé de venir assiéger AmaKi, la ville aux quatre cbâleaux, qui avait été le point de départ des exploits et des con(|uêtes de son frère, Robert (îuiscard, et dont les Noi'uiands avaient été eliasséspar ti'abison. Le nouveau duc de la Pouille apportait à ce siège une ardeur toute normande. Les suzerains du prince, à savoir les douze comtes de la Pouille, et son frère Boliémond comme prince de Tarente, et le comte de Sicile à la tète de vingt mille Sari'asins, car il s'était établi une longue amitié entre les Sarrasins et les Normands, s'étaient rendus obéissants à l'appel du fils de Sicbegaïlte. Boliémond cependant, Irès-malbeureux d'obéirà son frère et de se battre pour le compte d'un sjizerain, cbercliait déjà, en luimême, le motif de quelque défection liabile, lorsque soudain la nouvelle arrive au camp du duc de la Rouille (alors commençait la croisade prècbée, fervente, par le pape Urbain H) qu'une armée de croisés venus de France est campée sous les murs de Rome. La nouvelle était grave et digne qu'on y fit attention : en bomme babile, Robénmnd la mita profil; peu lui importe que son frère Roger reprenne Amalfi! mais avant tout, il faut que Boliémond se donne à lui-même l'armée qui lui manque pouraller conquérircetempiredOrienltiuelui indiquaitson père Robert Guiscard. Alors voilà Boliémond qui prend en main la cause deJérusalem et du tombeau de Jésus-Cbrisl; lui-même de cette voix bien connue de l'armée, Bobémond prêcbe la croisade, il raconte les merveilles des pays lointains qu'il a parcourus le premier, il nomme avec orgueil les grands princes qui ont pris la croix, il prédit les victoires, il promet les récompenses ici-bas et là-baul; Pierre l'Ermite n'eut pas mieux fait, saint Bernard n'eût pas été mieux écouté; sous les murs d'Ainalfi, les soldats du duc Roger font retentir le cri vainqueur : Dieu, le veut! Pas un soldai, pas un capitaine, qui ne prennent à l'instant même les insignes du CbrisJ. Boliémond met à profit cette belle ardeur, il décbire sa tunique et deux manteaux de pourpre qui avaient appartenu à son père ; celte pourpre, placée en croix sur la poitrine de cinq cents cbevaliers normands, a bientôl désigné les élus de la croisade; puis, comme à celle armée il fallait un cbef, Bobémond est nommé d'une voix unanime cbef des Normands de la Palestine. Il accepte, il pari, beureux et lier d'être enfin le maître il'une armée, et celle armée, il la conduil au beau milieu de cet empire

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d'Oriciil (|ii'il a dc'-jà loiiclié de sis mains; l'esU; seul sons les niiirs d'Anialli, le dnc l*ioi;er esl obligé de lever le siéi^e; celhï ardenr pour la ci'oisade enlève an lils de Sicliegaïlle les chevaliers (jui Taisaient sa force; désormais le ducd'Apnlie n'csl pins (jue l'ombre d'un prince, il est écrasé par la grande figure du prince de Tareute, son oncle et son vassal.

Ainsi les Normands ont conservé le génie aventurier d<! leurs pères : vous les voyez partir soudain, poui' peu (ju'on leur proiuetteun empire. De ceux qui suivent Boliémond, |)as un, à cette heure, ne se rappelle (ju'il a juré d'obéir à Roger, — ils vont où les pousse le caprice et la volonté du chef; ils vont où les conduit le génie d'un homme; ils se disaient que Bohémond ne les aurait pas ramenés d'Amalll, uniquement poTU' délivrer les saints lieux du contact des infidèles, — et le raisonnement était juste. Bohémond en voulait à la Grèce, à Byzauce, à l'Orient. — 11 rêvait, rêve illustre ! que les Normands seraient au grand complet si l'Angleterre appartenait à Guillaume, l'Italie à Boger, l'empire grec à Bohémond, et qu'à eux trois ils finiraient bien pardonner un empereur à l'Allemagne, un roi à la France ! Mais le chef illustre de l'armée chrétienne, Godefroy de Bouillon, avait résisté aux tentations du Normand, et l'armée, en traversant Byzance, avait repris sa course au cri vainqueur: Dieu le veut ! Force donc fut au prince de Tareute d'en- Irer dans Byzance, non pas comme un empereur, mais comme un allii'. Alexis Comnène reçut en tremblant cet hôte formidable qu'il avait vu à l'œuvre sous les murs du Durazzo, trop heureux fut-il d'en être quitte pour la bonne moitié de l'or et de l'argent qui était dans ses trésors ; Bohémond emporta sa pi'oie sans renoncer à l'empire. Bohémond est un des héros des croisades, il a gagné la bataille de Dorilée, il a pris la ville d'Antioche, et même vous avez lu à ce sujet une terrible histoire dans les Chroniques de Matthieu Paris. Les espions rôdaient autour de son canq> ; pour se délivrer de l'espionnage parla peur, Bohémond fait égorger par ses cuisiniers (pielques prisonniers turcs ; on met à la broche, on fait rôtir devant un grand feu ces membres encore palpitants, et disait Bohémond à ses gens : Si l'on vous denuuule ce que vous faites là, vous direz que vous préparez mon repas du soir, et qu'ainsi seront mangés à ma table tous les espions qui nous tomberont sous la main. La peur fut si grande en effet parmi ces gens, bons espions, mauvais soldats, que pas un n'osa plus rôder autour du camp. On sait aussi comment Antioche fut prise, Bohémond avait acheté la ville à un capilainequi connuandait une des tours. Get lionnue poussa si loin la Iraliison, (pTil ('gorga son |M"opr<' frère; pour n'élre |»as d<''rang('' dans son in-

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