‹ La NormandieChapitre 20 sur 118 · I. A NOHM \M)li · texte numérisé non relu

I. A NOHM \M)li

sauMil, sous sa prt'sidoiu'r, la plus haute cour du royauuie ; ils s'app»^laieiil barons (lu roi, elleunvuniouavail iioui : le buronnuifc d' Aiujleterre. Le lie!' rapporlail au seiiiucur de a;rauds avantages : un dioil de uiulalion quand la terre passait du père au (ils, un autre droit ((uand le seigneur mariait sa lille aînée, un droit (|uand son lils aîné recevait l'ordre de chevalerie. Le liel" entrait dans la maison par l'héritage , et le seigneur ne pouvait disposer que des hiens qu'il avait acquis par Ininu'ine; le lils aîné était l'héritier légitime : mais, celui-là mort, à qui passera l'hérilage? à son Irère, à son fils? Le lils était le plus proche parent du mort ; le frère était le pins proche héritier. De cette incertitude vous verrez surgir plus d'une lois de vérilaldes guerres de succession au trône d'Angleterre; et ceci vous explique pourquoi le suffrage des harons est si souvent imploré par l'héritier de la couronne. Si, à défaut d'héritier mâle, le lief passait à une fille, cette héritière ne pouvait se marier sans le consentement du seigneur; car enfin, le fief était tenu à des prestations militaires qu'il fallait remplir. Le seigneur était donc le tuteur légal de l'orpheline, et celle-ci épousait le mari que lui présentait sou seigneur. Le mari exerçait tous les droits de sa femme, il faisait hommage à sa place, il accomplissait tous les services accoutumés.

De progrès en progrès, l'envahissement s'étendit à toutes choses. La justice fut rendue par des juges normands, eu langue normande; les amendes furent jkayées à la normande, le condamné se mettant à la merci du seigneur. Poussés à hout par la violation de tontes les lois que leur avait données le bon roi Edouard, les Saxons égorgent quelques Normands sans méfiance, r.uillaumc alors remet en vigueur une loi du roi Canule quicondanine à une amende de (juaranle-six marcs d'argent le seigneur de la terre sur laquelle le meurtre s'est accompli, à moins (ju'on ne livre le meurtrier. Cette amende s'appelait le menrire. (hiant à trouver, dans les seules violences, l'explication de la fusion qui va s'opérer entre les deux peuples, ce serait pousser un peu loin la complaisance hislorique. Après tout, l'Anglo-Saxon et le Normand imiI les mêmes origines; ils sont sortis de la même souche, cette fois rien ne ressemhiait plus aux lois et aux coutumes des vaincus que les lois et les coutumes des vainqueurs. — Désormais les Normands n'avaient plus rien à craindre en Angleterre que leurs propres dissensions. La dispute commença naturellement entre le roi Guillaume et son lils Uoherl. Uoherl, voyant son père devenu roi, voulut avoir le duché de Normandie (c'était une condition du roi de France, à la conquête de l'Angleterre !), mais le

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