‹ La NormandieChapitre 3 sur 118 · I. A NOUMAMMi;. I I · texte numérisé non relu

I. A NOUMAMMi;. I I

|n)liUi|iU', apros uti tUi de co liislc maiiagc , s'en alla racoiilcr a s(»ii aiciil Cliark'iiiaiiiiL' le iléslioiineur de sa ('(Uiroiiiic, le diic Kolloii ie|»ril Poppée , sa preinière reinine , la mère de (iiilllaiiiiie Loiiiiue-Epée. Celle adopliuii du peuple iN(»riiiaiid, le seriiieiil que lui pi'èleiil les eapilaiiies, l'e.\eui[)le de l'ubeissaiice (pie duuue \c prince Rou lui-nièuie, lui ce I\ollon qui n'a pas voulu s'agenouiller devaul le roi de France el cpii courbe la lèle devanl. son lils couronné de sa niain, c'élail là de (pioi l'aire, du deu\ièuu; duc de Moiuiandie, un priin-e loul-puissanl. I*ar son ainlicalion, son père lui laissail, avec la JNorniandie, de i^randes pi'élenlions sur le duché de lirelagne donl les principaux seigneurs lui avaienl l'ail honunage. Au reste, la Brelagne n'élail pas le seul rêve de ce llollon (|ui avail rêvé el accompli lanl de choses possibles el impossibles : môuM.' au [)lus lorl de sa gloire el dans les visions de sa vieillesse, l'ile de la (îrande-Brelagne lui apparaissait souvent connue le seul but digne de rambition humaine. 11 menaçait, par intervalle, d'aller chanter aux Bretons la messe des lances. L'Océan ne lui faisait pas peur; au contraire, en véiitable enl'anl de la Norvvége, il prétendait (jue la tempête aidait le bras des rameurs, (jue l'ouragan lui servait de pilote, et que le vent le poussait toujours où il voulait aller : ainsi la poésie se montrait, à son insu, dans celte àme de Ter. Toute la vie de Uollon avait été un conibal. Le repos était pour lui une chose inconnue. Il aimait le bruit des armes, il aimait les agitations de la guerre, et les joies bruyantes du pillage. Son lils Longue-Epée eut les passions moins vives que son père. (Juoi d'étonnant? celui-là n'avait pas été obligé de trouver à tout prix un duché et une couronne. Il était né chrétien el duc de Normandie; il avail eu tout de suite, de son côlé, le droit et la justice. (>e prince, mort trop tôt, a laissé de bons el utiles souvenirs. Il s'est battu contre les Bretons avec un courage digne de Bollon. Quand le comte du Colentin, Riouf, s'en vint avec une armée de quatre nulle hommes pour demander en partage toute la basse Normandie, depuis la ville jus{|u'à la mer, Guillaume Longue-Epée, poussé par le connétable Bollion el le comte d'Harcourl , poussé surtout par le souvenir toujours vivant du grand prince (jui avait été son père, s'en vint avec trois cents soldats pour tenir tête à celte armée, et soudain cette armée prit la fuite et se perdit on ne sait où. Ces bords de la Seine s'appellent encore aujourd'hu (es prés de la bataille. Ainsi le duché grandissait à mesui'e que tombait le royaume. Pendant que (niillaume succédait à Rollon, Charles le Simple, dans les prisons du comte de Vermandois, rendait au ciel celle àme eandide (jui n'était pas faite pour être l'àmc d'un r(ji de ces temps bar-

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IiMics, cl K;mmiI, (lue de Hoiii'i^oi^iic, s"fiii|»;ir;iil ilii Irùiic de Fruiici; t|ii'il occupa peiKlaiil tloiizc aiinccs. v\ la iiiuil de lUiuiil riisiiipahMir, les yciililslioiiimes français (|iii coiiscrvaicnUnielque lespecl pour la monarchie deCliarleiiiagne siipplièrcMil (Inillaiimc Longue-Epée de prêler son appui à Louis iV()ufre-M('i,\)^^\\v(\\\c cclri-ci pûl rcnionler sui' l(; Irônc de ses ancèlrcs. (luillaunic replaça en elVel Louis d'Oulre-Mcr sur son Irône. <Ies sorics d'appels îles rois de France à la jiislice el aux li(»nnnes de la Normandie se relrouveronl bien souvenl dans celte histoire, llien ne ressemble plus au génie romain que celle façon de se mêler, coniuK; ai'hilre, à tous les événements des puissances voisines. Il arrive toujours (|ue la puissance intermédiaire gagne i|uelque chose à son arhilrage. C'est ainsi que le Normand, qui voulait !oujours(/a/^/«er quelque chose, «levait (jaigncr l'Angleterre, les Deux-Siciles, la lilierté, les heauxarts, l'induslrie, la liberté religieuse. Arbitre du roi de France, le duc de Normandie laissait la guerre l'aire ses ravages partout, excepté dans sa province. Dans son duché régnaient la justice, l'abondance, la paix, la lorce, l'inlelligence. Le prince avait rebâti l'abbaye de Jumiéges, l'honneur de la Normandie; même quand il vit sou œuvre terminée, il eut envie de devenir un des moines de son abbaye. En vain ses plus valeureux capilaines et ses plus savants évèques le prièrent et le supplièrent de ne pas quitter si tôt ce sceptre qui donnait la paix et l'abondance, (luillaumeLongue-Epée répondait qu'il avait besoin de se reposer el de prier Dieu, qu'il voulait abdiquer comme avait abdiqué son père, et qu'enhn il avait un bis digne de le remplacer. Sur l'entrefaite Arnould, comte de Flandre, un des plus mauvais bandits de ce temps-là, aussi mauvais que (Charles le Mauvais lésera plus lard, s'empara, par trahison, du château de Monlreuil qui appartenait au comte de Ponthieu. Le prince dépossédé appelle le duc Guillaume à son aide, et celui-ci, comme c'était son habitude, fait rentrer chacun dans le devoir. Nulle terre sans seigneur, rien n'est plus vrai; mais aussi nul seigneur sans lerre, rien n'est plus juste, (îuillaume Longue-Epée fait justice à chacun : au duc de Ponthieu il rend sa citadelle, il chasse avec honte le comte de Flandre, et alors ce dernier implore le duc Guillaume pour (|u'il ail à lui accorder une entrevue. Il prenait, disail-il, Longue-Epée pour sou arbitre entre lui et le comte «le Ponthieu : ce que notre duc seigneiu" de Normandie aura dit sera bien dit, ce (ju'il fera sera bien fait! Le duc Guillaume, qui était sans peur, accepta le rendez-vous du traître Arnould :

« Le Flamand el trois de ses conlidens esloient desja dansl'isle; " Guillaume Lon<;ue-Epéo y passe dans deux nacelles avec trois de ses

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