I. A NOliMAMHK I.V.i
liieltait, j)t)ur hi i^ràcc cl pour riulelliiiciicc, aux souvenirs laiiienlalilcs (le l'art byzantin. Tels sont les élémenls de l'art carlovinyien, leulonique. saxon, normand, moresque et sarrasin, car l'un s'explicjue par l'autre ; et, malgré toute noire attention pour nous retrouver dans celle élude infinie d'un art grand comme le monde, il nous serait impossilde d'indiquer exactement où commencent, où finissent ces anciens styles d'arcliiteclure. Tout ce que nous avons pu faire, c'a été de retrouver dans toute l'hurope chrétienne l'influence toute-puissante de l'art chrétien. En effel, par les Normands de la Ncuslrie, la France a exercé une grande autorité sur l'Angleterre et sur la Sicile ; par son empereur (^harlemagne, elle s'est l'ail sentir cà la moyenne et à la haute llalie; par les croisés, elle a dominé la Grèce et tout le royaume byzantin; après les soldais et les druides, sont venus les artistes, pour compléter l'influence française; !ios artistes sont maîtres partout : à Cantorbéry règne Guillaume de Sens, dans la Suède enseigne Etienne Bonneuil, à Prague nous rencontrons le fier architecte Matthieu d'Arras; à Milan, Nicolas Bonaventure et Jean Mignot. L'art français est partout, comme la langue française; il vit, il règne, il se manifeste, non-seulement entre le Rhin et les Pyrénées, entre les Alpes et l'Océan, mais encore en Espagne, et même au fond de la Russie. Les habiles signalent, à certaines traces délicates et plnsingénieuses que hardies, l'empreinte septentrionale quelesNormands ont laissée sur les monuments les plus italiens de la Sicile. A Naples môme, plus qu'en aucun autre lieu de l'Ilalie, l'influence de la maison d'Anjou et du style ogival français est évidente. Dans l'ile de Rhodes on retrouverait, au besoin, le passage des chevaliers normands. L'architeclure, c'est comme un poëme dont toutes les nations du monde se récitent les chants divers. Et en fin de compte, pounjuoi tant de recherches? Pour aboutir à des ruines! ruines celtiques, romaines, saxonnes, normandes... Des ruines partout où nous avons passé à la suite des Normands, l'épée ou l'équerre à la main ; ruines dans l'île de Malle, remplie des tombes de l'ordre de Sainl-Jean de Jérusalem; ruines à Conslanlinople, à Saloni(jue, dans la Morée, dans l'île d'Eubée, dans la Thessalie, sans compter les ruines dont plus rien ne reste ! — Etiam ])cv\ève raina' !
Depuis le ([ualrième siècle après Constantin, jusqu'au réveil turbulent et solennel des croisades, rarchitecture romane s'abandonne à tous ses caprices; du quatrième au cinquième siècle, les barbares renverseni plus qu'ils n'édifient; au onzième siècle, le roiiuia de tra)isitioii, dans quelques belles (euvres [Sdiiitc-l^ropliiinc d'Arles, par exemple 1 . fiil
IGO I^A NUUMANDIK.
iircssciilir lii révolulioii cxcelleiiU; qui vu s'accomplir. En eilel, vers le
Cloitre ii<- Saii
-Tr,.|il,{me n Aile
milieu (hi douziènie siècle, au moment où va commencer ce magnifiiiue treizième siècle, si rempli de grands événements et de grandes tentatives, éclate enfin le nouvel art qui devait produire tant de chefs-d'œuvre. Vogive paraît enfini L'ogive, c'est-à-dire l'arc brisé, remplace, non-seulement le cintre romain, mais encore tout ce qui fut jadis l'art des peuples antiques. Rappeler avec bonheur les œuvres de la nature qui dédaigne la ligne droite, copier (autant que la pierre peut copier) le feuillage mobile des forêts, la luxuriante et prodigue beauté des œuvres de Dieu, tel fut d'abord le rêve de l'art nouveau ; uovam opus, pour parler comme parlent les titres des fondations carlovingicnnes. Saluons avec admiration la naissance de l'architecture ogivale, ou, si vous aimez mieux, de Y architecture (jothique^ bien (|ue les Goths, non plus que les \ andales et tous les hommes du Nord, n'aient jamais fait qu'imiter l'architecture romaine. H nous semble d'ailleurs que c'est faire trop d'honneur à ces barbares, que de les désigner comme le commencement et la fin du génie chrétien par excellence. Vous verrez ((ue celte désignation , art gothique, sera venue des architectes et des historiens de la renaissance, quand, par mépris pour les gloires auxquelles ils échappaient et par respect pour l'antiquité (|u'ils venaient de retrouver ensevelie dans les ruines, ils auront voulu désigner l'art admirable et grand auipiel ils