‹ La NormandieChapitre 37 sur 118 · I. A NOii.M ANDIK. i(;i · texte numérisé non relu

I. A NOii.M ANDIK. i(;i

iciiouaiioiil polir l'evoiiir à l'art grec, à l'arl romain, à Tari |»ai('ii |iar cxccllLMice, à l(Uis les clicrs-d'oMivre I)rùlés, pilli's, iiisullés, ensani^lanlés par les fils d'Ail ila.

Disons mieux, et si vous n'accrplez pas les Normands, comme les seuls invenleurs de l'oyive, donnons à roi;ive une origne qui soit dii;ue d'elle. Kilo nous vient de l'Oiienl, le pays des cnclianteurs ! Elle est partie toute lleurie de lîai^dad, la ville des poêles et des jardins. Omar, le successeur de i\Iahomet (654), construit sa mosquée dans le slyle ogival. Tous les édilices des Arabes, après le septième siècle, eu Egypte, en Syrie, en Sicile, en Espagne, appartiennent au slyle ogival. Les pèlerins de l'Orient avaient rapporté cet art nouveau en Europe, au huitième siècle, dans le siècle qui vit s'élever la niosiiuée d'Abdérame dont les vieux chrétiens d'Espagne eurent hientôt fait la cathédrale de Cordoue.

A ce propos, rendons à nos maîtres notre part de reconnaissance et d'hommages; ne nions pas plus longtemps la gracieuse et charmante iniluence du génie arabe. Les houuues les plus intelligents de rEuroj)e au onzième et au douzième siècle, et entre autres le pape Silveslre il, ont été élevés dans les universités arabes. Avicennes et Averroës ont élé, pendant six cents ans, les oracles de l'école. Les Arabes de l'Espagne, de l'Afrique, de la Syrie, fabriquaient seuls les bijoux et les riches étoffes dont se paraient les plus nobles dames ; ils fabriquaieni, tout à la fois, les arnnireselles écharpes des chevaliers. Deux seuls venaient l'art et le goût, tout ce qui était la parure, tout ce qui était l'élégance et l'ornement. Us décidaient des modes du moyen âge; ils inspiraient les poètes; les premiers ils ont éveillé le génie des architectes. Bien plus, celle héroïque chronique du Cul, la gloire de l'Espagne, cette histoire merveilleuse de lîaij Diiis de liiviir, elle a été écrile, en arabe, par deux serviteurs de la maison du Cid, deux jeunes enfants de Mahomet ; beaux poêles bien inspirés par la gloire du héros, ils ont donné l'éveil au génie [)oélique de l'Espagne chrélienne ! Que disons-nous? Voilà des Arabes qui donnent l'éveil au génie de Corneille; à son tour le grand Corneille réveille la France avec le Cid et la Chimène! iMarseille, Arles, Avignon, 3Iontpellier, Toulouse, tout le lilloral de la Médilerranée, la mer [loéli(|ue, étincelanle sous les feux du inidi, étaient comme aulanl de cités ouvertes à l'esprit, à la b(mne grâce, à l'élégance de ces heureux ])oëtes de la patrie orientale! Ils amenaient, avec eux, toutes sortes de poésies : la musique d'abord, les chansons d'amour, les sérénades sous le balcon des dames, et avec la musiiiue, la courtoisie, et avec la couitoisie l'amour.

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un amour plein d'ardeur, de passion, de désir, l'amour du midi, el enfin la poésie jjroventalc : chansons, tcnsons, dialogues, idylles aux fraîches senteurs. Les voyages en terre sainte, (jui le croirait? et la fureur des croisades, ne firent qu'augmenter l'influence du génie arabe sur les peuples de l'Europe. Honneur à ces beaux esprits, à ces hardis courages, à ces grands poètes 1 Ils ont été les maîtres de Grenade, ils ont été les rois de l'Espagne; ils ont été les plus ingénieux architectes du monde; leur architecture était à la fois un livre et un symbole ; sur ces murailles féeriques, l'Arabe gravait les emblèmes de sa croyance, les souvenirs de son histoire, de ses passions, de ses amours. Tout comme l'architecture égyptienne, l'architecture moresque est une suite d'images ; les Arabes se sont placés, avec tant de génie, entre l'art grec et l'art chrétien! Au nom seul de l'Alhambra, ce palais des mille et une nuits arabes, le palais dont on parle depuis dix siècles, soudain votre esprit réveillé se met à construire foules sortes de décorations idéales. A vos yeux éblouis apparaissent les ruines de cette Damas de l'Andalousie : tours, galeries, fontaines, mosquées, murs en stuc, plafonds de cèdre, arcades en ogive évasée, toutes sortes de ruines charmantes, débris d'un art merveilleux; salles, cloîtres, tours intactes, enceintes de nuirailles, des milliers de petites niches superposées en encorbellement, de petites coupoles ornées d'or et d'azur, sur lesquelles l'éclat des couleurs égale l'éclat de l'émail ! Une longue dentelle, pierre brodée, ciselée, tournée, élégances infinies; mais, juste ciel! en dépit de tant d'ingénieuses magnificences, ce n'est pas l'art moderne tant attendu, cette œuvre immense de l'architecture gothique, quand les chrétiens auront élevé ces voûtes imposantes, qui forcent l'àme à prier, les genoux à fléchir. L'art arabe est -l'ein de grâce et de caprices, il est fin, il est exact, il est ingénieux, l'art chrétien est vaste, sublime, fécond ; dans l'Alhambra je retrouve la fantaisie d'un homme, dans la cathédrale chrétienne, à Saint-Ouen, à la cathédrale de Rouen, à Notre-Dame-de-Paris, je devine l'inspiration de Dieu !

De même que nous avons divisé le style roman en trois époques, de même le style gothique aura ses diverses épo(pies : architecture primitive, secondaire ; style (juthique jleurï. Nous disons : le sUjle gothique pour employer un mot qui ne fait ombrage à personne. En elîet, chaque nation revendique, pour elle-même, ce rare honneur de l'ogive inventée. Les historiens de la Neustrie appellent le gothique -.style normand; l'Angleterre dit : style saxon: le style teutonique,en Allemagne, devient le : style lomtmrd dans l'Italie méridionale ; en France cela s'appelle le : style rarlovinqien. (Jueh|ues-uns, s'en rapportant à l'origine de l'ogive,

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